Un logement classé A peut pourtant dépasser 32 °C en été. La faute à un DPE encore largement pensé pour l’hiver. La réforme annoncée en 2026 pourrait enfin rendre la surchauffe visible, mais cet été, votre étiquette ne vous protège toujours pas.
Pourquoi un logement classé A peut devenir invivable l’été
Ce que mesure réellement le DPE
La plupart des acheteurs regardent une seule chose : la lettre affichée sur le Diagnostic de performance énergétique. Pourtant, cette note A à G évalue avant tout les besoins de chauffage et les émissions de gaz à effet de serre. Résultat : un logement peut décrocher un DPE A tout en devenant difficile à vivre dès qu’une canicule s’installe.
Depuis 2021, le diagnostic comporte bien un indicateur de confort d’été. Mais il apparaît discrètement en deuxième page, avec seulement trois niveaux — insuffisant, moyen ou bon — sans modifier la note finale. Autrement dit, peu d’acquéreurs y prêtent attention.
Pourquoi la chaleur n’influence presque pas la note
Ce qui change tout ? Le confort estival repose sur des critères différents de ceux de l’hiver. Orientation, protections solaires, ventilation traversante ou inertie des matériaux jouent un rôle majeur lorsque le thermomètre dépasse 35 °C.
- Volets extérieurs : limitent fortement les apports solaires.
- Ventilation nocturne : évacue la chaleur accumulée.
- Isolation toiture : protège aussi pendant les canicules.
- Inertie : ralentit la montée des températures.
Résultat : un appartement parfaitement isolé pour l’hiver peut malgré tout atteindre 32 °C en plein été si ces paramètres ont été négligés. C’est précisément cette faiblesse que la réforme engagée en 2026 cherche désormais à corriger.
La réforme 2026 va-t-elle changer le DPE ?
Ce que prévoit la loi Relance du logement
Le 8 juillet 2026, le Sénat a adopté en première lecture un texte qui intègre le confort d’été à la définition d’une rénovation performante. En clair, une rénovation ne pourra plus être jugée réussie si elle réduit les besoins de chauffage tout en laissant le logement surchauffer en août.
Le texte doit encore poursuivre son parcours parlementaire. Rien n’est donc définitivement fixé, mais le signal envoyé aux propriétaires est net : la fraîcheur estivale devient un vrai critère de performance, et non plus un simple bonus.
Vers un véritable DPE confort d’été
Le projet le plus visible serait la création d’une étiquette dédiée, affichée à côté du DPE classique. Elle permettrait aux acheteurs et locataires d’identifier immédiatement les logements capables de rester supportables pendant une canicule.
L’enjeu est loin d’être marginal. Une étude portant sur 8,9 millions de DPE estime qu’environ un logement sur dix seulement affiche un bon confort d’été, tandis que près de la moitié reste insuffisante.
À retenir : au 30 juillet 2026, cette nouvelle étiquette n’a encore aucune valeur réglementaire. La réforme avance, mais aucun arrêté ne modifie pour l’instant les annonces immobilières ni la note A à G.
Comment améliorer le confort d’été sans tout miser sur la climatisation
Les travaux les plus efficaces
Avant d’installer une climatisation, mieux vaut bloquer la chaleur à la source. Les protections solaires extérieures peuvent faire gagner jusqu’à 5 °C, tandis que l’isolation de la toiture limite fortement la surchauffe des logements situés sous les combles.
| Solution | Bénéfice |
|---|---|
| Volets ou stores | Stoppent le soleil avant la vitre. |
| Isolation des combles | Ralentit les pics de chaleur. |
| Ventilation nocturne | Rafraîchit gratuitement le logement. |
| Ventilateur plafond | Améliore rapidement le ressenti. |
Autrement dit, une stratégie passive bien pensée réduit souvent le besoin de climatisation. Et lorsqu’un appareil reste nécessaire, il peut être plus petit, moins coûteux et moins énergivore.
Faut-il attendre la réforme ?
Non. La future évolution du DPE changera peut-être l’affichage, mais elle ne modifiera pas la température de votre logement cet été. Les travaux utiles aujourd’hui resteront pertinents demain, quelle que soit la date d’entrée en vigueur du nouveau dispositif.
La bonne question à vous poser est simple : votre logement bloque-t-il réellement la chaleur avant qu’elle n’entre ? Si la réponse est non, commencez par les vitrages, les volets et la toiture. C’est là que se joue l’essentiel.