Frais de notaire : la remise de 20 % au-delà de 100 000 euros que peu d'acheteurs demandent
Frais de notaire : la remise de 20 % au-delà de 100 000 euros que peu d'acheteurs demandent
Sur un achat immobilier de 300 000 euros dans l'ancien, près de 23 000 euros partent en frais de notaire. L'essentiel relève de l'impôt. Pourtant, quatre leviers légaux permettent de réduire ces frais d'acquisition, dont une remise sur les émoluments du notaire que peu d'acheteurs demandent.

Sommaire
Frais de notaire : ce que vous payez vraiment, et à qui
Le nom trompe tout le monde. Les « frais de notaire » ne sont pas la rémunération du notaire. Le Conseil supérieur du notariat le rappelle régulièrement : sur la somme réglée le jour de la signature de l'acte, environ 80 % reviennent à l'État et aux collectivités.

Le montant des frais se décompose en trois blocs :
- Les droits de mutation : les droits d'enregistrement perçus par le département et la commune, soit l'essentiel de la note dans l'ancien.
- Les émoluments : la rémunération du notaire, calculée selon un barème fixé par arrêté et identique dans toute la France.
- Les débours : les sommes que le notaire avance pour votre compte (cadastre, documents d'urbanisme, contribution de sécurité immobilière de 0,10 %).
En clair, sur un bien ancien, l'acheteur règle en frais d'acquisition 7 à 8 % du prix de vente. Dans le neuf, la note tombe à 2 ou 3 %. Toute stratégie pour baisser les frais part de là : on ne discute pas un impôt, on travaille sur la base de calcul et sur la seule part qui appartient à l'officier public. Pour le détail département par département, notre dossier sur les frais de notaire et les départements qui ont refusé la hausse fait le point.
Droits de mutation : la part qui ne bouge jamais
Les droits de mutation pèsent le plus lourd. Depuis la loi de finances pour 2025, les départements peuvent porter leur taux de 4,50 % à 5 % pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. La grande majorité l'a fait. S'y ajoute la taxe communale de 1,20 % et les frais d'assiette de l'État.

Résultat : environ 500 euros de plus par tranche de 100 000 euros de prix d'achat. Ni le notaire ni l'agent immobilier n'y peuvent quoi que ce soit. C'est une taxe, pas un tarif.
L'exception des primo-accédants
Une seule porte reste ouverte : l'acheteur qui n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédentes, et qui achète pour y habiter, conserve l'ancien taux de 4,50 %. Pour une première acquisition, l'achat d'un logement à 250 000 euros, l'économie approche 1 250 euros. Il faut le signaler au notaire dès l'avant-contrat : c'est une déclaration dans l'acte authentique, pas un remboursement après coup.
Peut-on négocier les frais de notaire ?
Oui, mais sur un périmètre étroit. La loi Macron de 2015, complétée par un décret de février 2020, autorise le notaire à accorder une remise sur ses émoluments proportionnels. Les articles du code de commerce consacrés au tarif des notaires encadrent ce mécanisme, et le cadre est strict.
- Le seuil : la ristourne ne porte que sur la fraction du prix qui dépasse 100 000 euros.
- Le plafond : 20 % au plus sur cette fraction, pas davantage.
- L'égalité : l'étude qui pratique ce rabais l'applique à tous ses clients dans la même situation, et doit l'afficher.
Concrètement, pour une vente à 300 000 euros, la rémunération proportionnelle du notaire tourne autour de 2 700 euros hors taxe. Ce qui est calculé au-delà de 100 000 euros en représente la majorité ; une remise de 20 % sur cette fraction fait gagner quelques centaines d'euros. Pas une fortune. Mais sur un achat immobilier de plus de 500 000 euros, la réduction dépasse souvent 500 euros.
Comment faire ? Demandez, tout simplement, avant la signature du compromis. Comparez deux ou trois études : rien ne vous oblige à passer par le notaire du vendeur. Chaque partie peut d'ailleurs choisir le sien sans surcoût, les deux se partagent alors les émoluments.
Déduire le mobilier du prix : le levier le plus rentable
C'est l'astuce la plus connue, et la plus efficace. Les droits de mutation ne s'appliquent qu'au bien immobilier. Les meubles vendus avec le logement ne supportent aucune taxe d'enregistrement. Isoler la valeur du mobilier dans l'acte de vente réduit donc la base taxable.
Un exemple : une maison vendue 320 000 euros, cuisine équipée et électroménager compris. Si 10 000 euros de meubles figurent à part dans le contrat, les droits portent sur 310 000 euros. Économie : environ 580 euros.
Ce que l'administration fiscale accepte
La règle tient en trois conditions :
- Un inventaire détaillé, pièce par pièce, joint au contrat de vente, avec une valeur pour chaque article.
- Une valeur réaliste : cote d'occasion, pas tarif du neuf. Au-delà de 5 % du prix total, attendez-vous à des questions.
- Des biens réellement mobiles : électroménager, meubles, luminaires non fixés, équipement de jardin, équipement de cuisine amovible.
Une cuisine intégrée ou une salle de bains posée fait partie de l'immeuble, et ne se déduit pas. Un équipement scellé non plus, ni un article intégré au bâti. En cas d'abus, l'administration fiscale peut redresser pendant trois ans, pénalités comprises. Autrement dit, gonfler l'inventaire coûte plus cher que de ne rien déclarer.
Frais d'agence : les sortir de la base de calcul
Deuxième levier, souvent oublié : la répartition des frais d'agence. Quand la commission de l'agent immobilier est à la charge de l'acquéreur et mentionnée comme telle dans l'annonce et dans l'acte, elle ne rentre pas dans la valeur sur laquelle se calculent les droits de mutation.
Frais de notaire : le neuf fait la différence pic.twitter.com/e3exIx70N6
— 2G Consulting - Immobilier Neuf (@2G_Consulting) 5 octobre 2026
Sur une commission de 15 000 euros, l'acheteur ne paie pas de taxe sur ces 15 000 euros : environ 870 euros de frais de notaire en moins. À l'inverse, si les honoraires sont intégrés au montant affiché, à la charge du vendeur, ils gonflent l'assiette. Ce point se règle à l'offre d'achat, pas chez le notaire. Vérifiez la mention dans l'annonce et dans l'avant-contrat, et faites-la corriger au besoin.
Acheter dans le neuf : des frais de notaire réduits
Dans un logement neuf, l'acheteur ne paie pas les droits de mutation de l'ancien. La facture du promoteur inclut déjà la TVA, et seule une taxe de publicité foncière de 0,715 % s'applique. Les frais de notaire réduits descendent alors à 2 ou 3 % du prix.
Sur 280 000 euros, l'écart avec l'ancien dépasse souvent 12 000 euros. Le calcul reste à nuancer : le coût au mètre carré du neuf est plus élevé, et le marché traverse une crise, comme le montre la chute de 23,6 % des ventes de logements neufs. Les promoteurs, qui peinent à écouler leurs stocks, proposent plus souvent des gestes commerciaux, dont la prise en charge des frais de notaire.
Le cas de l'achat de terrain
Pour un achat terrain en vue de faire construire, les frais d'acquisition ne portent que sur le prix du terrain. La construction, facturée par le constructeur, n'est soumise à aucun droit de mutation. C'est l'une des raisons pour lesquelles un projet immobilier en construction individuelle affiche des frais plus bas qu'un achat dans l'ancien.
Ce qui ne se négocie jamais
Quelques idées reçues circulent sur les forums et les blogs. Elles coûtent cher.
- Les émoluments fixes des formalités et la tranche sous 100 000 euros : aucun notaire ne peut les baisser.
- Les débours : ce sont des frais réels avancés, remboursés au centime près.
- Les droits de mutation : votés par l'assemblée départementale.
- Le prix sous-déclaré : minorer le prix pour payer moins de taxe est une fraude, sanctionnée par l'administration fiscale.
Autre piège : payer un morceau du prix « à côté » ou gonfler des travaux fictifs. Le notaire, officier public, refusera, et il a raison. Il est tenu de signaler ce type de montage.
Estimer vos frais avant de signer
Avant toute offre, la première étape consiste à faire une simulation. La fiche du service public consacrée aux frais d'achat immobilier détaille aussi chaque poste. Le calcul des frais de notaire se fait en quelques secondes avec notre simulateur de frais de notaire pour l'ancien et le neuf, qui intègre les taux départementaux en vigueur. Intégrez-y la valeur du mobilier et les frais d'agence pour voir l'effet sur le montant total.
Ce chiffre compte aussi pour votre prêt. Un courtier en crédit immobilier vous le confirmera, honoraires compris : chaque euro de frais économisé allège le coût global de la transaction. La banque demande en général que l'apport personnel couvre au moins les frais d'acquisition et de garantie. Plus ces frais baissent, plus votre capacité d'emprunt respire. Et si le financement tarde, sachez comment prolonger un compromis quand le délai de prêt expire sans perdre votre acompte.
À retenir : chaque levier pèse quelques centaines à quelques milliers d'euros. Cumulés sur une vente de 300 000 euros, mobilier, frais d'agence hors assiette et remise sur les émoluments peuvent réduire la note de 1 500 à 2 000 euros. Le tout, en toute légalité.
Vos questions sur la réduction des frais de notaire
Quel est le montant des frais de notaire en 2026 ?
Dans l'immobilier ancien, comptez 7 à 8 % du prix de vente, selon le taux local. Dans le neuf, 2 à 3 %. L'essentiel correspond aux droits de mutation reversés aux collectivités, pas à la rémunération du notaire.
Quelles sont les conditions pour bénéficier d'une remise ?
Le prix doit dépasser 100 000 euros. Elle ne porte que sur les émoluments calculés au-delà de ce seuil, dans la limite de 20 %. L'étude l'applique de façon égale à tous ses clients : il suffit de la demander avant de choisir votre notaire.
Comment déduire le mobilier des frais ?
Faites annexer au contrat une liste détaillée des meubles vendus avec leur valeur d'occasion. Restez raisonnable, autour de 5 % du prix au maximum. Les éléments fixés au bâti, comme une cuisine intégrée, restent immobiliers et ne se déduisent pas.












