Métropole de Lyon : une tour de 180 mètres à la Part-Dieu, le vrai du faux de la relance
Métropole de Lyon : une tour de 180 mètres à la Part-Dieu, le vrai du faux de la relance
Un gratte-ciel de 180 mètres à la Part-Dieu ? Un promoteur lyonnais le dessine déjà. Cinq ans après l'arrêt des hautes tours, la nouvelle majorité de la Métropole de Lyon rouvre le dossier. Reste à savoir s'il y a la place, les locataires et l'accord de la ville.

Le quartier d'affaires de la Part-Dieu n'a pas vu naître de gratte-ciel depuis la livraison de la tour To-Lyon, en 2023. Le projet urbain semblait figé. Il ne l'est plus : depuis mars 2026, l'exécutif de la Métropole a changé de camp, et l'idée d'une skyline lyonnaise revient sur la table.
Sommaire
Pourquoi la relance des gratte-ciels revient à la Part-Dieu
Tout part d'un basculement politique. Élue présidente de la Métropole de Lyon au printemps 2026, Véronique Sarselli (LR) a résumé sa ligne en quatre mots sur les immeubles de grande hauteur : « On ne s'interdit rien ». Une phrase courte. Elle suffit à rouvrir un chapitre que les écologistes avaient refermé.
Car la majorité écologiste élue en 2020 à la ville de Lyon et à la Métropole avait posé une règle simple : pas de construction neuve au-dessus de 50 mètres. En 2021, Bruno Bernard, alors président de la Métropole, avait acté la fin des IGH (immeubles de grande hauteur) dans le quartier de la Part-Dieu. Le message était clair : la transformation du quartier passerait par la rénovation, pas par la hauteur.
Ce qui change tout ? La nouvelle majorité cherche des grands projets pour son mandat. Et la tour, à Lyon, reste un symbole : celui de la deuxième ville de France qui veut compter face à Paris La Défense et aux capitales régionales européennes.

L'idée n'est pas neuve. Gérard Collomb, maire puis président du Grand Lyon, rêvait d'une skyline d'une dizaine de tours autour de la gare. Le futur quartier d'affaires devait devenir la vitrine de la région Auvergne-Rhône-Alpes, un espace moderne où l'on vient en TGV le matin et repart le soir. Les écologistes avaient mis cette idée en pause ; la voici qui revient.
M2, la tour de 180 mètres de DCB International
Le projet qui cristallise le débat s'appelle M2. Il est porté par DCB International, promoteur lyonnais déjà très présent dans le secteur. Hauteur annoncée : 180 mètres. De quoi en faire la deuxième plus haute tour de Lyon, derrière Incity et devant To-Lyon.
Le détail qui intrigue : le promoteur affirme avoir été proche d'un accord avec la majorité écologiste, pour une tour de 145 mètres. Autrement dit, même sous le plafond de 50 mètres, la porte n'était pas totalement fermée. Le changement d'exécutif ferait simplement monter la hauteur de 35 mètres.
À ce stade, aucun calendrier n'est public. Pas de permis de construire, pas de date de chantier, pas de liste d'occupants. Le projet reste une intention, et c'est l'un des points que cet article veut rappeler : entre une annonce et une tour livrée, il se passe souvent dix ans à Lyon.
Quels sont les gratte-ciels emblématiques de Lyon ?
La skyline lyonnaise tient en quelques silhouettes, presque toutes situées dans le 3e arrondissement, autour de la gare de la Part-Dieu. Voici les tours qui dessinent le ciel du quartier aujourd'hui.
| Tour | Hauteur | Livraison | Étages |
|---|---|---|---|
| Tour Incity | 200 mètres | 2015 | 36 |
| Tour To-Lyon | 171 mètres | 2023 | 43 |
| Tour Part-Dieu (le Crayon) | 165 mètres | 1977 | 42 |
| Tour Silex² | 129 mètres | 2021 | 23 |
| Tour Oxygène | 117 mètres | 2010 | 28 |
| Tour Swiss Life | 82 mètres | 1990 | 21 |
La tour Part-Dieu, le Crayon des Lyonnais
Située rue Servient, la tour Part-Dieu a longtemps été la seule haute tour de Lyon. Construite pour le Crédit Lyonnais, d'où son ancien surnom de « tour du Crédit Lyonnais », elle est surnommée le Crayon à cause de son sommet en pyramide, visible depuis la basilique de Fourvière. Inaugurée en 1977, elle reste le plus haut symbole de la France des années soixante-dix à Lyon. Ses derniers étages abritent un hôtel, le Radisson Blu, avec bar restaurant panoramique. Un client de l'hôtel profite ainsi d'une vue que les bureaux gardent pour eux.
Incity et To-Lyon, les deux tours du nouveau siècle
La tour Incity, livrée en 2015, a détrôné le Crayon avec ses 200 mètres. Elle abrite le siège de la Caisse d'Epargne Rhône Alpes. La tour To-Lyon, construite par une filiale de Vinci, a suivi en 2023 : elle devait à l'origine être double (le projet Two Lyon), avant une ambition revue à la baisse.
Le vrai du faux : y a-t-il la demande pour une nouvelle tour ?
C'est la question qui fâche. Une tour de 180 mètres, ce sont des dizaines de milliers de mètres carrés de bureaux à louer. Or le marché lyonnais des bureaux traverse une passe difficile.
- Une vague de livraisons : environ 80 000 m² de bureaux neufs sont annoncés à la Part-Dieu pour 2026, selon la presse économique lyonnaise.
- Des projets déjà lancés : M+ de DCB International près du siège de la Métropole, KI de Cogedim (21 000 m² de bureaux), Evasyon de Vinci Immobilier (12 500 m², dont 5 000 m² de bureaux).
- Une vacance en hausse : le nombre de bureaux vides augmente dans le quartier, avec le télétravail et la crise de l'immobilier de bureau.
En clair, le vrai : les entreprises cherchent des bureaux neufs, bien desservis, au pied d'une gare à grande vitesse. Le faux : la demande ne suffit pas, à elle seule, à remplir une tour de plus en quelques années. Une tour lancée aujourd'hui arriverait sur un marché déjà chargé.
Foncier disponible : où construire dans un quartier saturé ?
Deuxième point du débat : la place. Le quartier de la Part-Dieu est dense, coincé entre les voies ferrées, le centre commercial, les Halles Paul Bocuse et les grands axes. Situé au cœur du 3e arrondissement, c'est un centre urbain où chaque mètre carré est déjà occupé par un bureau, un local commercial ou un équipement public. Chaque haute tour réclame une emprise, des fondations lourdes et un accès pour le chantier.
Bientôt la construction d'une nouvelle tour à Lyon ?
— Alex Xplore (@AlexXplore) 27 septembre 2026
🏙️ À la Part-Dieu, Didier Caudard-Breille relance sa Tour des Lyonnais (ou M2), un projet mixte de bureaux, logements intermédiaires, hôtel et rooftop public qu’il porte depuis vingt ans.
🏗️ Située près de l’immeuble M+… pic.twitter.com/zV4uaJ2axs
Les parcelles libres se comptent sur les doigts d'une main, et beaucoup sont déjà engagées par les projets en cours. Résultat : une nouvelle tour passera probablement par la démolition ou la surélévation d'un bâtiment existant.
Autre contrainte, moins visible : la gare de Lyon Part-Dieu elle-même, en pleine transformation, dont les travaux conditionnent les flux de voyageurs et de voitures dans tout le secteur. Construire une tour à côté d'un chantier ferroviaire relève du casse-tête logistique.
Et l'écologie dans tout ça ?
Le plafond de 50 mètres n'était pas qu'un symbole. Les écologistes lui reprochaient le coût carbone d'une haute tour : béton, acier, ascenseurs, climatisation d'une façade vitrée. Construire en hauteur coûte plus cher en énergie, au mètre carré, que construire bas.
Les défenseurs de la hauteur répondent par la densité : une tour près d'une gare évite l'étalement urbain et limite l'usage de la voiture. Les deux arguments se tiennent. Ce qui tranchera, c'est la structure retenue (bois, béton bas carbone, réemploi) et la capacité du projet à prouver son développement durable, chiffres à l'appui.
Et les logements dans cette relance ?
À ce stade, aucun des projets annoncés ne met le logement au premier plan. Les tours de la Part-Dieu restent des tours de bureaux, parfois avec un hôtel. Pour les ménages qui cherchent à se loger à Lyon, l'effet direct sera donc limité.
L'effet indirect existe pourtant : plus d'emplois dans le quartier d'affaires, c'est plus de demande de logements autour, dans le 3e, le 6e ou à Villeurbanne. Pour suivre l'évolution des prix, notre point sur le cap franchi par les prix immobiliers à Lyon donne les derniers repères, et l'analyse de l'évolution des prix à Lyon depuis 2020 remet la tendance en perspective. Ceux qui visent le neuf trouveront des pistes dans notre guide sur l'achat d'un appartement neuf à Lyon.
Questions fréquentes sur les gratte-ciels de la Part-Dieu
Quels sont les projets de gratte-ciel à Lyon ?
Le principal est M2, une tour de 180 mètres portée par DCB International à la Part-Dieu. Aucun permis ni calendrier n'est public. D'autres immeubles de bureaux sont en chantier dans le quartier, mais sous la barre des immeubles de grande hauteur.
Comment visiter la tour Part-Dieu ?
La tour Part-Dieu se découvre par son hôtel, le Radisson Blu, installé dans les derniers étages. Son bar restaurant offre une vue sur tout Lyon, de Fourvière aux Alpes par temps clair. Les étages de bureaux, eux, ne se visitent pas.
Existe-t-il des tours hors de la Part-Dieu ?
Oui, quelques-unes. La tour panoramique de la Duchère, dans le 9e arrondissement, monte à 91 mètres depuis 1972 : c'est la plus haute tour de logements de la ville. À Villeurbanne, le quartier des Gratte-Ciel porte ce nom depuis les années trente, pour des immeubles bien moins hauts.
Quelle est la plus haute tour de Lyon ?
La tour Incity, avec 200 mètres depuis 2015. Elle devance To-Lyon (171 mètres) et la tour Part-Dieu (165 mètres). Si M2 voit le jour, elle prendrait la deuxième place du classement.












