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Pourquoi, quand et où les Français déménagent aujourd'hui
Déménagement : les préférences des Français en 2026 tiennent en trois mots, plus près, plus grand, plus vert. La France déménage pourtant moins : 8,8 % de la population a changé de logement en 2023 selon l'Insee, et la hausse des prix freine même les projets les plus mûrs.

Mis à jour en octobre 2026 : les chiffres de l'enquête de 2024 sont remplacés par l'étude Insee de septembre 2025 sur la mobilité résidentielle et par le baromètre Nextories 2026 (sondage Ipsos d'avril 2026) ; ajout des freins, des destinations et du calendrier.
- 5,9 millions de personnes ont changé de résidence principale en 2023 sur le territoire national hors Mayotte, contre 6,95 millions dix ans plus tôt (Insee).
- Un déménagement sur trois environ se fait à moins de 2 km, et la distance médiane reste de 18,8 km.
- Raisons personnelles, besoin d'espace et cadre de vie arrivent devant le travail dans le baromètre 2026.
- Coût de la vie et prix de l'immobilier font reporter ou renoncer 44 % des Français interrogés.
Sommaire
Les Français déménagent moins qu'il y a dix ans
La mobilité résidentielle recule nettement. D'après l'Insee (Insee Première n° 2073, septembre 2025), 8,8 % de la population de France hors Mayotte a changé de logement au cours de l'année 2023, contre 10,8 % en 2013. En volume, cela représente 5,9 millions de personnes, soit un million de moins qu'une décennie plus tôt, alors même que la population a augmenté. Le taux de mobilité résidentielle des Français est désormais au plus bas de la décennie, et cette baisse concerne l'ensemble du territoire national, des grandes villes aux communes rurales.
Source de ces chiffres, le recensement de la population interroge chaque année les habitants de France sur leur lieu de résidence un an plus tôt : c'est la mesure la plus complète des départs et des arrivées, commune par commune. Elle complète les études des déménageurs, qui ne voient que les clients ayant fait appel à eux.
Ce repli touche presque tous les âges. Le pic reste autour de 25 ans : à cet âge, 18,1 % des habitants changent de commune dans l'année, au moment des études, du premier emploi ou de la mise en couple. À 19 ans, la part atteint déjà 16,9 %, portée par l'entrée dans l'enseignement supérieur. Ensuite, la propension à déménager baisse avec l'âge, à mesure que les ménages deviennent propriétaires et s'installent dans leur lieu de vie.

Les explications avancées par les observateurs du marché convergent : taux de crédit remontés en 2022-2023, prix de l'immobilier encore hauts dans les grandes villes, loyers en hausse et offre locative tendue. Quand le coût d'un nouveau logement grimpe, une grande partie des ménages préfère rester, quitte à aménager l'existant.
Pourquoi les Français déménagent-ils ?
Les raisons personnelles arrivent en tête. Dans le sondage Ipsos.Digital réalisé du 3 au 7 avril 2026 auprès de 1 000 personnes de 18 à 75 ans pour le baromètre Nextories, 37 % des personnes qui envisagent de bouger citent un motif personnel (couple, séparation, naissance, retraite). Viennent ensuite :
- un logement plus grand ou mieux adapté, pour 34 % ;
- un environnement plus agréable, pour 30 % ;
- une raison professionnelle (mutation, nouveau poste, création d'entreprise), pour 24 % ;
- un coût de la vie plus abordable, pour 22 %.
Le travail pèse donc moins que la vie de famille et le besoin d'espace. Ces choix des Français traduisent également une intention économique : un logement plus grand pour le même budget se trouve plus souvent en périphérie ou dans une ville moyenne qu'au cœur d'une métropole. La mobilité professionnelle n'a pourtant pas disparu : elle concerne surtout les actifs de moins de 35 ans, qui changent plus souvent d'employeur et acceptent davantage de partir loin.
En 2024, une première enquête menée par un acteur du secteur et relayée dans cet article montrait déjà la même hiérarchie : 27 % des répondants voulaient davantage de verdure, 23 % bougeaient après un changement familial et 18 % pour un nouvel emploi. Deux ans plus tard, l'envie d'un cadre de vie plus calme reste forte, mais la question du budget passe devant.
Le télétravail a-t-il changé la donne ?
En partie. La crise sanitaire a nourri l'idée d'un exode urbain massif : quitter la grande ville pour une maison avec jardin, en gardant son poste grâce au télétravail. Les données post Covid de l'Insee montrent une réalité plus nuancée. Il n'y a pas eu de grand départ vers la campagne isolée, mais une accélération de la périurbanisation : les communes périurbaines ont gagné en moyenne 6,9 habitants pour 1 000 chaque année grâce aux déménagements, au détriment des centres denses. Le télétravail partiel permet de s'éloigner un peu de son lieu de travail, rarement de s'en couper.
Où les Français veulent-ils déménager ?
Le plus souvent, près de chez eux. Sur les 5,9 millions de personnes qui ont déménagé en 2023, près de 2 millions sont restées dans la même commune et 2,2 millions dans le même département. La distance médiane entre l'ancienne et la nouvelle adresse est de 18,8 km. Un tiers environ des changements de logement se font à moins de 2 km : on change d'appartement, de quartier, de statut, pas de vie.
Quand ils partent plus loin, les Français choisissent l'Ouest et le Sud. Sur la période 2013-2023, la Bretagne gagne en moyenne 6,4 habitants pour 1 000 chaque année grâce aux arrivées, la Nouvelle-Aquitaine 6,1 et l'Occitanie 5,1. À l'inverse, l'Île-de-France perd 8,4 habitants pour 1 000, un déficit qui s'est creusé depuis 2013 (il était de 4 pour 1 000).
Déménager entre octobre et mars peut coûter 20 à 30 % moins cher qu’en été. Les autres conseils pour réduire la facture. https://t.co/Ts6TynAFRv
— CNEWS (@CNEWS) 7 octobre 2026
Les Bretons voient donc arriver chaque année plus de nouveaux habitants qu'ils n'en voient partir, souvent des Franciliens à la retraite ou des familles en quête d'un jardin. Le départ de l'Île-de-France est le flux le plus marqué de la mobilité des Français : il alimente la façade atlantique, le Sud-Ouest et la vallée du Rhône, et il pèse sur les prix des communes d'accueil. Ce choix de vie a désormais un coût pour les ménages locaux, qui voient l'immobilier monter dans des villes jusque-là abordables.
Les flux des déménageurs racontent une histoire complémentaire. Dans les données de Nextories (plus de 200 000 projets entre 2022 et 2025), les destinations les plus fréquentes en 2025 restent les grandes métropoles : Paris, Bouches-du-Rhône (Marseille), Rhône (Lyon), Gironde (Bordeaux) et Hérault (Montpellier). Les grandes villes perdent des habitants au solde, mais elles continuent d'en attirer beaucoup, notamment des étudiants et de jeunes actifs.
Quels sont les freins au déménagement ?
L'argent, avant tout. Parmi les Français interrogés en avril 2026, 58 % citent la hausse du coût de la vie comme obstacle, 42 % le prix de l'immobilier et 21 % le coût du déménagement lui-même. Conséquence directe : 44 % déclarent avoir reporté ou abandonné un projet à cause de la conjoncture, et seuls 22 % envisagent de déménager dans les douze prochains mois, dix points de moins qu'un an plus tôt. Les taux de crédit, remontés à 3,31 % en moyenne en août 2026 selon l'Observatoire Crédit Logement, pèsent également sur les intentions des Français qui voulaient acheter en changeant de logement.
Pour un ménage propriétaire, s'ajoutent les frais d'acquisition du nouveau bien et parfois la difficulté à vendre l'ancien au prix espéré, dans un marché de l'ancien qui recule légèrement selon l'Insee (-0,8 % sur un an au deuxième trimestre 2026). Pour un locataire, c'est le dossier qui bloque : garanties demandées, rareté des annonces dans les villes tendues, dépôt de garantie à avancer avant de récupérer le précédent. Le cas des jeunes est révélateur : parmi les 18-24 ans, 23 % se disent certains de déménager, ce qui en fait la tranche la plus mobile, mais aussi la plus exposée à la hausse des loyers.
Quand les Français déménagent-ils ?
L'été reste la saison reine. Selon les données de déménagement analysées pour le baromètre 2026, 35,65 % des déménagements ont lieu de juin à septembre, avec un pic en juin (10,34 % de l'année) et une semaine record entre le 30 juin et le 6 juillet. Le calendrier scolaire explique une grande partie de cette concentration : les familles veulent être installées avant la rentrée, et les baux étudiants tournent à la même période.
Ce pic a un effet mécanique sur les services : les déménageurs affichent complet plusieurs semaines à l'avance et leurs tarifs montent en haute saison. Partir en octobre, en novembre ou en début d'année, hors fin de mois, laisse plus de choix de dates et souvent un meilleur prix. Le même raisonnement vaut pour la location d'utilitaire, très demandée les week-ends d'été.
Déménageur professionnel ou entraide : quelles préférences ?
Le recours à un professionnel progresse, mais sous une forme allégée. En 2025, 73 % des clients passés par Nextories ont choisi la formule « transport » seul, en gardant pour eux l'emballage et le démontage, et le déménagement groupé (plusieurs clients dans un même camion) a progressé de 8 %. Dans les chiffres de Nextories, la tendance est nette : les Français cherchent à garder la main sur le budget sans renoncer à l'aide d'une entreprise pour la partie la plus lourde. Pour peser le pour et le contre, voyez les avantages de confier son déménagement à un professionnel.
Le volume moyen transporté est de 30,98 m³ pour une surface de 65,34 m², et la distance moyenne d'un déménagement confié à un professionnel atteint 278,8 km, bien plus que la distance médiane de l'Insee : on fait appel à une entreprise surtout pour les trajets longs, tandis que les déménagements de proximité se font encore en grande partie entre amis et en famille.
Comment choisir un déménageur ?
Trois devis au minimum, établis après une visite ou un inventaire précis, permettent de comparer à volume égal. Vérifiez l'inscription de l'entreprise au registre des transporteurs, le montant de la valeur déclarée couvrant vos biens et les conditions d'accès (étage, ascenseur, stationnement) prises en compte. Un devis anormalement bas cache souvent un volume sous-estimé, facturé en supplément le jour J. Pour une entreprise qui change de locaux, les contraintes sont différentes : la méthode est détaillée pour réussir le transfert de bureaux d'une société.
Comment se préparer pour réussir son changement de logement ?
Le tri reste la première étape et le meilleur levier d'économie : chaque mètre cube en moins réduit le prix du transport. Beaucoup de Français profitent de l'occasion pour vendre, donner ou déposer en déchetterie les meubles qui ne suivront pas, et les services de débarras figurent parmi les plus demandés aux déménageurs.
- Deux à trois mois avant : réserver le déménageur ou l'utilitaire, surtout entre juin et septembre, et donner son préavis.
- Un mois avant : demander l'autorisation de stationnement en mairie, prévenir l'assureur, le fournisseur d'énergie et la banque.
- La dernière semaine : finir les cartons par pièce, étiqueter, préparer un sac avec l'indispensable des premiers jours.
- Après l'installation : faire suivre le courrier, mettre à jour l'adresse auprès des administrations en une seule démarche en ligne.
Pour le calendrier complet et les démarches pièce par pièce, consultez notre méthode pour réussir son déménagement quand on change de logement.
Le tableau d'ensemble est donc celui d'une France qui bouge moins, plus près et plus tard qu'elle ne le voudrait. L'envie d'un logement plus grand et d'un cadre de vie plus vert ne faiblit pas ; c'est la hausse des prix, du crédit et du coût de la vie qui décide, pour beaucoup, du moment où le projet devient réalité.












