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Toulouse : la mairie veut bâtir à Bordeblanche, pourquoi les Pradettes résistent encore

Quatre ans après le refus de la ferme urbaine, la friche de Bordeblanche à Toulouse n'a toujours pas trouvé d'acquéreur définitif. Les associations du quartier des Pradettes, en Haute-Garonne, défendent encore cet îlot de fraîcheur de l'été face aux 375 logements prévus par la mairie, place du Capitole.

Friche de Bordeblanche : 375 logements que les Pradettes refusent
Sommaire

Que prévoit la mairie de Toulouse sur la friche de Bordeblanche ?

La friche de Bordeblanche est un terrain municipal du chemin de Bordeblanche, aux Pradettes, au sud-ouest de la ville rose. En avril 2022, la mairie de Toulouse écarte le projet de ferme urbaine des habitants et annonce à la place 375 logements et des équipements publics de proximité.

L'équipe de Jean-Luc Moudenc juge la ferme non viable sur le plan économique. Elle chiffre la perte de recettes pour la commune à 3,8 millions d'euros, soit le produit attendu de la vente du foncier.

Selon l'association N.A.T.U.R.E.S Pradettes, la municipalité vise désormais environ 250 logements supplémentaires, dont une partie déjà construite, et un centre social. Une résidence intergénérationnelle, dont le permis précède le conflit, est en travaux sur une parcelle voisine et reste hors du litige.

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Pour situer ce projet immobilier dans le marché local, l'activité des ventes de logements neufs dans la métropole donne la mesure de la demande que la mairie invoque.

Pourquoi les habitants s'opposent à la vente

Les habitants des Pradettes refusent la vente parce qu'ils voient dans la friche le dernier espace ouvert du quartier. En été, le site garde la fraîcheur quand les rues voisines chauffent. Pour l'association, ce rôle d'îlot de fraîcheur relève d'une nécessité écologique, pas d'un agrément.

Le collectif défend aussi une méthode. Plutôt que bâtir du neuf sur un terrain vierge, il demande de rénover le parc existant de Toulouse.

  • La ferme urbaine : une alternative portée par les habitants, dont l'association assure que les investissements sont financés après vérification auprès de la Région.

De la vente votée en 2023 aux promoteurs en lice

Le conseil municipal vote la mise en vente de la friche le vendredi 10 mars 2023.

Les promoteurs déposent leurs offres jusqu'au mardi 20 juin 2023. La semaine même, une dizaine de fausses affiches imitant celles de la métropole fleurissent dans le quartier : « Aimer vivre à Toulouse » y devient « Aimer survivre à Toulouse ». Le collectif ANV-COP21 Toulouse revendique l'action ; Jean-Luc Moudenc dénonce une campagne de désinformation.

D'après N.A.T.U.R.E.S Pradettes, la Ville a ensuite approuvé une promesse de vente au profit de trois promoteurs. L'association insiste sur un point : à ce stade, le terrain n'est pas vendu.

Une plante protégée et des recours en suspens

Côté technique, la DREAL Occitanie reçoit le 28 août 2023 une demande d'examen au cas par cas pour le permis d'aménager. Le 4 octobre 2023, les services de l'État dispensent le projet d'étude d'impact.

En juin 2024, le bureau d'études ADRET Environnement, mandaté par l'association, identifie sur la friche une plante protégée, la Crassula tillaea, dite mousse fleurie. Le diagnostic écologique fourni par la Ville ne l'avait pas relevée. L'association saisit les autorités régionales de la biodiversité et se réserve une plainte pour destruction d'espèce protégée.

Un autre front reste ouvert : le recours déposé en août 2022 par le collectif des associations contre l'orientation d'aménagement du site. À la dernière mise à jour du site de l'association, aucune décision n'est mentionnée.

Le PLUi-H et les municipales de 2026

L'enquête publique du PLUi-H de Toulouse Métropole, du 2 janvier au 13 février 2025, a recueilli environ 170 contributions sur l'orientation de Bordeblanche. Cela représente près de 8 % du total, et environ 90 soutiennent la ferme. La métropole devait ensuite décider de modifier, ou non, cette orientation.

Les associations ont misé sur le scrutin municipal. Le samedi 14 février puis le 7 mars 2026, une quarantaine de personnes défilent à pied et à vélo dans les Pradettes. Les deux grandes listes de gauche s'engagent à sauver la friche et à soutenir la ferme urbaine.

Le vote tranche autrement. Le 22 mars 2026, Jean-Luc Moudenc est réélu avec 53,87 % des voix face à François Piquemal, selon les résultats du ministère de l'Intérieur. Le maire défend la construction.

La pression sur l'habitat explique cette ligne : la pénurie de locations à Toulouse en 2026 nourrit l'argument des logements à produire.

Bordeblanche n'est pas la Friche Gourmande de Montaudran

La friche de Bordeblanche se confond souvent avec la Friche Gourmande, qui n'a rien à voir. Ce lieu de street-food occupe un entrepôt du 10 impasse Didier-Daurat, à Montaudran, au sud-est de Toulouse : quatre stands tenus par des restaurants toulousains, deux bars et des jeux comme la pétanque ou les fléchettes. Une seconde adresse a ouvert le 3 avril 2025 près du métro Balma-Gramont, dans l'est de la Haute-Garonne urbaine. Aux Pradettes, ni bar ni restaurant : le terrain reste une friche municipale en attente de son sort.

Où en est la procédure en octobre 2026 ?

En octobre 2026, la friche de Bordeblanche reste un terrain municipal sous promesse de vente, sans chantier ouvert sur la partie disputée. Les associations du quartier maintiennent leur refus et réclament la préservation du site. Tant que l'acte de vente n'est pas signé, le calendrier des logements reste suspendu.

Trois issues se dessinent :

  • La vente aboutit : les promoteurs déposent leurs permis, que les associations attaqueront presque certainement.
  • Le juge intervient : une décision sur le recours de 2022 ou sur l'espèce protégée peut geler le calendrier.
  • La métropole revoit l'orientation : piste encore ouverte depuis l'enquête de 2025.

Comment soutenir le projet de ferme urbaine ?

Le projet de ferme urbaine de Bordeblanche se soutient d'abord par l'adhésion à l'association N.A.T.U.R.E.S Pradettes, ouverte pour 2026 en ligne. Elle annonce ses rassemblements et ses réunions publiques sur son site et ses réseaux sociaux.

Les habitants disposent aussi d'un levier institutionnel : chaque enquête publique du PLUi-H ou du permis d'aménager accepte des contributions écrites.

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