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SCPI sans frais d'entrée : ce que l'investisseur paie vraiment, de la souscription à la revente

Mis à jour en octobre 2026 : rendements 2025, stratégie européenne, label ISR, simulateur, fiscalité et avis de l'AMF sur la liquidité.

Par Micheal M.

Publié le · Mis à jour le

Relu par Cyril K., rédacteur en chef

SCPI sans frais : une opportunité à saisir pour 2024 !

Une SCPI sans frais d'entrée place tout le capital de l'investisseur dans l'immobilier : la société de gestion se rémunère sur les loyers et à la revente des parts. En 2025, Iroko Zen, Remake Live ou Novaxia NEO dépassent le taux de distribution moyen du marché, 4,91 % selon l'ASPIM.

Ce qui disparaît
La commission de souscription, de 5 à 12 % du placement dans une SCPI classique.
Ce qui reste
Des frais de gestion de 14 à 18 % TTC des revenus, un prix de retrait amputé avant trois à six ans de détention, des coûts d'acquisition et de travaux.
À qui cela profite
À l'épargnant qui investit sur le long terme, en direct, à crédit ou en assurance vie, dans un portefeuille diversifié en France et en Europe, et accepte un risque de perte en capital.
Sommaire

Comment fonctionne une néo-SCPI ?

Une SCPI sans frais d'entrée est un véhicule d'investissement collectif, une société civile de placement immobilier agréée par l'AMF : chaque euro versé par l'associé achète des parts au prix public, sans prélèvement initial au profit du distributeur. Les SCPI sans frais restent des fonds de pierre papier comme les autres : elles achètent des bureaux, des commerces, des entrepôts, des locaux de santé ou des hôtels, encaissent les loyers et distribuent un revenu à leurs associés, en général chaque trimestre ou chaque mois.

Le modèle a pris son essor avec une génération de sociétés de gestion créée après 2018, souvent appelée « néo-SCPI » : Iroko avec Iroko Zen puis Iroko Atlas, Remake AM avec Remake Live, Novaxia Investissement avec Novaxia NEO, Advenis REIM avec Eden, Elevation Capital Partners avec Elevation Tertiom, ou encore Swiss Life Asset Managers avec Mistral Sélection. D'autres gestionnaires installés ont suivi, à l'image de Corum avec sa SCPI R-Start, tandis que Corum Origin conserve une commission de souscription classique. Ces fonds se distribuent surtout en ligne, par des plateformes et des conseillers qui comparent les produits et proposent un simulateur de revenus.

La plupart de ces SCPI sont à capital variable : la société émet des parts nouvelles au fil des souscriptions et rachète celles des associés qui sortent, au prix de retrait. Dans une SCPI sans commission de souscription, ce prix de retrait égale le plus souvent le prix de part, alors que dans une SCPI classique il se situe sous le prix de souscription, de l'écart correspondant aux frais d'entrée. Cette différence pèse lourd lors d'une revente rapide.

Néo-SCPI et SCPI traditionnelles, deux façons de rémunérer la société de gestion

La société de gestion d'une SCPI traditionnelle se rémunère d'abord à l'entrée : la commission de souscription, versée une seule fois, finance la recherche des immeubles et la commercialisation des parts, puis des frais de gestion modérés s'appliquent sur les loyers. La néo-SCPI inverse la logique : rien à l'entrée, une rémunération plus élevée sur les revenus pendant toute la détention, et une commission de sortie si l'associé part trop tôt.

Pour l'investisseur, ce choix déplace le coût dans le temps. Une commission de souscription élevée se paie immédiatement, que l'associé reste deux ans ou vingt ans ; des frais de gestion élevés se paient chaque année, mais le taux de distribution affiché les intègre déjà, puisqu'il se calcule sur le dividende versé, après prélèvement de la société de gestion. Comparer deux investissements en SCPI revient donc à rapprocher un rendement déjà net de frais de gestion et un coût d'entrée ou de sortie qui, lui, n'apparaît pas dans le taux.

Quelles SCPI sans frais affichent les meilleurs rendements en 2026 ?

Le taux de distribution 2025 des SCPI sans frais de souscription s'étage entre 5,5 % et plus de 9 %, selon le classement publié au début de 2026 par La Centrale des SCPI à partir des données des sociétés de gestion. Toutes catégories confondues, l'ASPIM et l'IEIF ont arrêté le taux moyen du marché à 4,91 % pour 2025, contre 4,72 % en 2024 : la plupart des néo-SCPI distribuent davantage que la moyenne, en grande partie parce qu'elles ont acheté leurs immeubles après la baisse des prix de 2023 et 2024, à des taux de rendement plus élevés, et parce qu'elles investissent largement en Europe.

SCPISociété de gestionTaux de distribution 2025Frais de gestion (TTC des loyers)Commission de retrait anticipé
Iroko AtlasIroko9,41 %14,4 à 16,8 % selon la zone6 % avant 5 ans (6 ans pour les parts émises depuis le 1er septembre 2026)
Elevation TertiomElevation Capital Partners8,25 %18 %6 % pendant 5 ans
Mistral SélectionSwiss Life AM8,07 %non communiqués dans le classement6 % avant 6 ans
EdenAdvenis REIM8,00 %15 %6 % avant 5 ans
Iroko ZenIroko7,14 %14,4 %6 % avant 3 ans (6 ans pour les parts émises depuis le 1er septembre 2026)
Remake LiveRemake AM7,05 %environ 18 %5 % avant 5 ans
Novaxia NEONovaxia Investissement5,50 %18 %6 % avant 5 ans

Sources : classement 2025 des SCPI sans frais de souscription de La Centrale des SCPI, bilan ASPIM-IEIF publié le 9 février 2026. Les commissions de retrait s'entendent TTC. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le taux de distribution n'est jamais garanti.

Le classement appelle trois lectures. Novaxia NEO, longtemps citée parmi les pionnières, a ramené sa distribution à 5,50 % en 2025, sous l'objectif de 6 % visé les années précédentes, d'après son bulletin du quatrième trimestre ; Remake Live, qui avait distribué 7,50 % en 2024, recule légèrement. Iroko Zen reste au-dessus de 7 % depuis sa création. Enfin, les SCPI les plus récentes, comme Iroko Atlas ou Elevation Tertiom, affichent les taux les plus élevés : un fonds jeune, qui investit sa collecte au fil de l'eau sur un marché en baisse, achète à bon prix, mais son patrimoine, encore peu diversifié, n'a pas traversé de cycle complet.

Le taux de distribution ne mesure pas non plus toute la performance. La performance globale annuelle ajoute au dividende la variation du prix de part : une SCPI qui distribue 7 % mais baisse son prix de 5 % ne rapporte guère plus de 2 % sur l'année. Les néo-SCPI ont jusqu'ici maintenu ou relevé leur prix de part, ce que n'ont pas pu faire plusieurs grandes SCPI de bureaux traditionnelles, dont les valeurs d'expertise ont chuté en 2023 et 2024. Pour juger la solidité du revenu, le taux d'occupation financier des immeubles d'une SCPI et la durée des baux restant à courir comptent autant que le taux distribué.

Où se cachent les frais d'une SCPI sans commission de souscription ?

Les frais d'une SCPI sans frais d'entrée se logent principalement dans la commission de gestion, prélevée sur les loyers encaissés. L'AMF situe les frais de gestion annuels d'une SCPI traditionnelle autour de 8 à 10 % des revenus ; les néo-SCPI du classement prélèvent entre 14,4 % et 18 % TTC des loyers. Cette commission rémunère la gestion locative, la relation avec les associés et la comptabilité du fonds. Elle réduit le dividende, mais elle ne touche pas au capital investi.

Le prélèvement sur les loyers explique pourquoi l'absence de frais d'entrée n'est pas un cadeau : la société de gestion récupère sur la durée ce qu'elle ne perçoit pas à la souscription. Sur un fonds qui encaisse des loyers égaux à 8 % de sa valeur, une commission de 18 % TTC représente environ 1,4 point de rendement par an ; une commission de 10 % en représenterait 0,8. L'écart, de l'ordre de 0,6 point par an, rattrape une commission de souscription de 10 % en une quinzaine d'années de détention, toutes choses égales par ailleurs. Ce calcul théorique montre que la comparaison dépend de l'horizon : plus l'associé reste longtemps, plus le surcoût de gestion s'accumule.

La commission de retrait, coût d'une sortie anticipée

La commission de retrait d'une SCPI sans frais d'entrée frappe l'associé qui revend ses parts avant une durée minimale, fixée de trois à six ans selon les fonds. Elle s'élève à 5 ou 6 % TTC du prix de retrait et se déduit directement de la somme versée à l'associé sortant. Chez Iroko, la règle a changé : pour les parts d'Iroko Zen et d'Iroko Atlas émises à partir du 1er septembre 2026, la durée de détention qui évite cette commission passe à six ans. Les parts souscrites avant cette date gardent leur ancienne règle, la mesure n'étant pas rétroactive.

Cette commission de sortie poursuit deux objectifs : décourager les allers-retours, qui obligeraient le fonds à garder une trésorerie importante, et compenser la société de gestion pour les frais de commercialisation qu'elle a avancés. Pour l'investisseur, elle signifie qu'une SCPI sans frais n'est réellement sans frais qu'au-delà de cette période. Un besoin d'argent imprévu dans les trois à six ans qui suivent la souscription coûte alors presque autant qu'une commission d'entrée classique.

Frais d'acquisition, de travaux et de cession de parts

Les frais d'acquisition des immeubles s'ajoutent à la liste, sous la forme d'une commission d'acquisition ou d'arbitrage, calculée sur le prix des actifs achetés ou revendus par la SCPI. Elle n'apparaît pas sur le relevé de l'associé, mais elle diminue la valeur du patrimoine. Une commission de suivi des travaux peut s'appliquer sur les gros chantiers, et la cession de parts de gré à gré entre associés, hors du marché organisé par la société, donne lieu à des frais de dossier et à des droits d'enregistrement. La note d'information et le document d'informations clés détaillent chacun de ces postes : ce sont les seuls documents qui font foi, avant toute fiche commerciale.

Calcul pour 100 investis : SCPI classique ou SCPI sans frais d'entrée ?

La comparaison entre une SCPI classique et une SCPI sans frais se résume à un calcul de rendement net cumulé selon la durée de détention. L'hypothèse retenue ici est simple et volontairement prudente : prix de part stable, distribution constante, montants exprimés pour 100 investis, avant impôt. La SCPI classique prélève 10 % de commission de souscription, son prix de retrait vaut donc 90, et elle distribue la moyenne du marché, 4,91 %. La SCPI sans frais distribue 5,5 %, le bas de la fourchette des néo-SCPI en 2025, et prélève 6 % de commission de retrait avant cinq ans.

Revente au bout deSCPI classique (10 % à l'entrée, 4,91 % distribués)SCPI sans frais (6 % au retrait avant 5 ans, 5,5 % distribués)
2 ans99,8 (90 récupérés et 9,8 de revenus)105,0 (94 récupérés et 11 de revenus)
4 ans109,6116,0
6 ans119,5133,0 (plus de commission de retrait)
10 ans139,1155,0

Dans ce scénario, la SCPI sans frais garde l'avantage à chaque horizon, parce que son taux de distribution supérieur s'ajoute à l'économie de la commission d'entrée. Le résultat change dès qu'on modifie les hypothèses : face à une SCPI classique qui distribuerait 6,5 %, la néo-SCPI à 5,5 % ne ferait plus que jeu égal au bout de dix ans, l'écart de dividende ayant compensé les 10 points de frais d'entrée. Une baisse du prix de part de 5 %, de son côté, efface presque une année de revenus, quel que soit le modèle de frais.

Le calcul fait apparaître le vrai critère de choix d'un investissement en SCPI : la durée pendant laquelle l'épargnant peut immobiliser son argent. Sur deux ans, aucune SCPI n'est rentable une fois les frais de sortie déduits, et la commission de retrait d'une néo-SCPI pèse presque autant que la commission de souscription d'une SCPI classique. Au-delà de la période de retrait anticipé, la SCPI sans frais d'entrée conserve l'avantage d'un capital entièrement investi, ce qui explique son succès auprès des jeunes épargnants qui investissent par petites sommes et des investisseurs qui programment des versements réguliers.

SCPI sans commission de souscription : fiabilité, frais cachés et revente

Les SCPI sans frais sont-elles fiables ?

Les SCPI sans frais d'entrée offrent le même cadre de sécurité juridique que les SCPI traditionnelles : la société de gestion est agréée par l'AMF, le fonds dispose d'un dépositaire et d'un commissaire aux comptes, et le patrimoine fait l'objet d'une expertise immobilière indépendante chaque année. L'absence de commission de souscription ne dit rien de la qualité des immeubles. Le recul reste en revanche limité, puisque la plupart de ces fonds ont moins de huit ans d'existence, et leur taille modeste les rend plus sensibles au départ d'un gros locataire.

Quels sont les frais cachés des SCPI sans frais ?

Les frais d'une SCPI sans frais ne sont pas cachés au sens juridique, puisque le document d'informations clés et la note d'information les publient, mais ils échappent au premier regard : commission de gestion plus élevée sur les loyers, commission de retrait avant trois à six ans, commission d'acquisition et d'arbitrage des immeubles, frais de suivi des travaux. Les coûts de la gestion figurent aussi dans l'indicateur de frais totaux du document d'informations clés, qui permet une comparaison d'un fonds à l'autre.

Peut-on revendre ses parts facilement ?

La revente de parts de SCPI n'est jamais immédiate. L'AMF rappelle que ce placement, investi exclusivement en immobilier, est peu liquide : dans une SCPI à capital variable, un retrait ne s'exécute que si de nouvelles souscriptions le financent, et le médiateur de l'AMF a relevé des cas où des associés attendaient pendant une durée indéterminée. Plusieurs SCPI traditionnelles de bureaux ont connu ce blocage depuis 2023 ; les néo-SCPI, en pleine collecte, n'ont pas rencontré cette difficulté jusqu'ici, ce qui ne préjuge en rien de la situation future.

Un cashback rembourse-t-il des frais ?

Le cashback proposé par certaines plateformes reverse à l'investisseur une fraction de la commission de souscription d'une SCPI traditionnelle, que la plateforme reçoit de la société de gestion. Sur une SCPI sans frais d'entrée, il n'y a rien à rembourser à la souscription : l'offre porte alors sur une réduction temporaire du prix de part, accordée par la société de gestion pendant une période de collecte. Le montant reversé doit se lire dans les conditions de l'offre et se compare au coût total du placement, pas au seul taux affiché.

Comment choisir une SCPI sans frais d'entrée ?

Le choix d'une SCPI sans frais d'entrée commence par la lecture de trois documents : le document d'informations clés, la note d'information et le dernier bulletin trimestriel. Ils donnent la stratégie, les frais exacts, la durée de placement recommandée et l'état du patrimoine. Les critères qui distinguent vraiment deux fonds se résument en quelques questions, à poser dans cet ordre.

  • La société de gestion : ancienneté, encours total, expérience de ses équipes en gestion immobilière, nombre de fonds gérés et historique de leurs distributions. Une société jeune peut gérer très bien, mais elle n'a pas encore traversé de crise.
  • La taille et la diversification du patrimoine : nombre d'immeubles et de locataires, part du premier locataire dans les loyers, répartition entre bureaux, commerce, logistique, santé et hôtellerie, et entre la France et les autres pays européens.
  • Le taux d'occupation financier et la durée moyenne des baux, qui disent si le revenu distribué repose sur des loyers durables.
  • Le report à nouveau et les réserves, qui permettent de lisser la distribution lors d'une année plus difficile.
  • Les frais complets, commission de gestion, commission de retrait et durée qui l'évite, commissions d'acquisition et de travaux.
  • Le label ISR pour l'épargnant qui veut un placement responsable : plusieurs néo-SCPI le détiennent, et le label impose un suivi de la performance énergétique des immeubles.

La stratégie de diversification européenne des néo-SCPI mérite une attention particulière. Iroko Zen, Remake Live ou Novaxia NEO investissent en Espagne, aux Pays-Bas, en Irlande, en Allemagne ou au Royaume-Uni, où les rendements locatifs à l'achat étaient supérieurs aux taux français en 2024 et 2025. Cette exposition hors de France augmente le rendement net après impôt pour beaucoup d'associés, mais elle ajoute un risque de change hors zone euro et un risque juridique propre à chaque marché locatif. Un portefeuille de SCPI peut combiner un fonds sans frais d'entrée tourné vers l'Europe et une SCPI plus ancienne centrée sur la France, pour répartir les risques.

Les comparateurs et simulateurs en ligne aident à rapprocher les fonds, mais leurs classements reposent sur le taux de distribution de l'année écoulée, rarement sur la performance globale ou sur l'historique long. Les avis publiés par les épargnants et les conseillers apportent un éclairage sur le service client et les délais de retrait, sans remplacer l'analyse des documents réglementaires. Un conseiller en gestion de patrimoine, rémunéré par la société de gestion ou par honoraires, doit vérifier l'adéquation du placement à votre profil d'investisseur avant la souscription.

Quelle est la meilleure SCPI sans frais pour son investissement ?

La meilleure SCPI sans frais n'existe pas dans l'absolu : la meilleure pour un investissement donné reste celle dont la stratégie correspond à l'horizon et au profil de l'investisseur. Un fonds qui cible uniquement un secteur, par exemple la santé ou la logistique, présente un risque différent d'un fonds diversifié sur plusieurs types d'actifs au sein de la zone euro. Le tableau des rendements 2025 donne une première indication, mais un taux perçu sur une seule année ne suffit pas à juger un investissement de long terme. D'autres fonds récents, comme Upêka, n'apparaissent pas dans le classement cité : leurs conditions, frais de retrait compris, se lisent dans leur propre documentation.

Investir à court terme dans une SCPI, sans frais d'entrée ou non, se révèle généralement perdant, alors qu'investir sur dix ans permet de profiter du rendement grâce à un capital placé en totalité. Les investisseurs doivent aussi noter que le même taux de distribution recouvre des patrimoines très différents : un guide de lecture du bulletin trimestriel aide à comparer la vacance, les loyers encaissés et la vente d'immeubles, et la règle de retrait qui s'applique à chaque fonds. Un conseil indépendant peut également aider à répartir l'investissement entre plusieurs SCPI pour investir sans dépendre d'une seule société de gestion.

Comment investir dans une SCPI sans frais ?

L'investissement dans une SCPI sans frais d'entrée passe le plus souvent par une souscription en direct, en ligne : l'épargnant remplit son profil, signe électroniquement son bulletin, verse le montant et reçoit ses parts après un délai de jouissance de quelques mois, durant lequel ses parts ne perçoivent pas encore de revenus. Ce délai varie d'un fonds à l'autre ; certaines néo-SCPI le réduisent fortement, d'autres l'allongent pendant les périodes de forte collecte. Le minimum de souscription tient souvent en quelques parts, ce qui rend la pierre papier accessible sans gros capital de départ.

Le versement programmé constitue la grande force du modèle sans frais : l'associé achète chaque mois une petite quantité de parts, sans payer de commission de souscription à chaque achat, et lisse ainsi son prix d'entrée. Une SCPI classique se prête mal à cette stratégie, puisque chaque versement subit la commission. Certains fonds proposent aussi le réinvestissement automatique des dividendes, qui accroît le capital investi au fil des années et fait jouer l'effet des intérêts composés.

Les SCPI sans frais d'entrée peuvent enfin s'acquérir à crédit, quand la banque l'accepte : le prêt finance des parts dont les revenus remboursent une partie des mensualités, et les intérêts d'emprunt se déduisent des revenus fonciers imposables. Le montage suppose un taux d'emprunt inférieur au rendement attendu, ce qui n'est plus acquis avec les taux de crédit de 2026, et la banque prend souvent les parts en garantie.

Fiscalité des SCPI sans frais d'entrée en 2026

La fiscalité d'un investissement en SCPI sans frais d'entrée ne diffère pas de celle d'une SCPI traditionnelle détenue en direct. Les loyers d'immeubles situés en France se déclarent en revenus fonciers, imposés au barème de l'impôt sur le revenu selon la tranche marginale de l'associé, et supportent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, inchangé en 2026 pour les revenus fonciers selon service-public.fr. Les produits financiers de la trésorerie du fonds relèvent des revenus du capital, soumis depuis la LFSS 2026 au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux.

Les revenus de source étrangère, majoritaires dans plusieurs néo-SCPI européennes, s'imposent d'abord dans le pays où se situe l'immeuble. Selon la convention fiscale applicable, la France neutralise ensuite ces revenus par un crédit d'impôt ou par la méthode du taux effectif, et les prélèvements sociaux français ne s'appliquent généralement pas à ces loyers. C'est l'une des raisons pour lesquelles le rendement net d'une SCPI diversifiée en Europe dépasse souvent celui d'une SCPI 100 % française pour un contribuable fortement imposé. Le détail de la déclaration, formulaire par formulaire, figure dans notre dossier sur la déclaration des revenus de SCPI, des plus-values et de l'IFI.

La plus-value réalisée lors de la revente des parts relève du régime des plus-values immobilières : impôt sur le revenu de 19 % et prélèvements sociaux de 17,2 %, avec un abattement pour durée de détention qui conduit à l'exonération d'impôt sur le revenu après 22 ans et à l'exonération des prélèvements sociaux après 30 ans, selon impots.gouv.fr. Les parts de SCPI entrent aussi dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière, à hauteur de la fraction immobilière de leur valeur.

Assurance vie et démembrement, deux autres façons de détenir des parts

L'assurance vie permet de loger des parts de SCPI en unités de compte, avec la fiscalité du contrat : les revenus capitalisés ne sont pas imposés tant qu'ils restent dans l'enveloppe, et les prélèvements sociaux de 17,2 % ne s'appliquent qu'aux rachats. Plusieurs contrats en ligne référencent désormais des SCPI sans frais d'entrée, mais l'assureur prélève ses propres frais de gestion annuels et ne reverse parfois qu'une partie du dividende distribué. Le choix du contrat et des supports se compare donc support par support, comme l'explique notre article sur le choix d'une SCPI dans un contrat d'assurance vie.

Le démembrement temporaire de propriété ouvre une autre voie : l'investisseur achète la seule nue-propriété des parts avec une décote, tandis qu'un usufruitier, souvent une personne morale, perçoit les revenus pendant la durée convenue. À l'issue, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans frais ni impôt supplémentaire. Ce montage intéresse les contribuables qui n'ont pas besoin de revenus immédiats et veulent réduire leur assiette d'IFI. Les SCPI sans frais d'entrée ne proposent pas toutes cette option, que détaille notre page consacrée au démembrement des parts de SCPI entre usufruit et nue-propriété.

Les risques que l'absence de frais ne supprime pas

Le risque de perte en capital reste le premier risque d'un investissement en SCPI sans frais, comme dans toute SCPI : l'AMF rappelle que le capital investi n'est pas garanti et que la valeur des parts évolue avec le marché immobilier. Les loyers peuvent baisser, des locataires peuvent partir, et le prix de part peut diminuer après une expertise défavorable. La baisse moyenne des prix des immeubles de bureaux depuis 2022 a conduit plusieurs SCPI traditionnelles à réduire nettement leur prix de part, et rien n'immunise les néo-SCPI contre un tel ajustement si le marché se retourne.

Le risque de liquidité vient ensuite : l'AMF classe les parts de SCPI parmi les placements peu liquides, et un associé peut attendre de longs mois la revente de ses parts quand les demandes de retrait dépassent les souscriptions. Une SCPI jeune, alimentée par une collecte forte, ne connaît pas ce blocage tant que les flux d'entrée restent supérieurs aux sorties ; un ralentissement de la collecte changerait la situation. Les notes d'information recommandent en général une durée de placement de huit à dix ans, cohérente avec la période nécessaire pour amortir les frais.

Le risque de concentration, enfin, touche particulièrement les fonds récents. Une SCPI de petite taille dépend de quelques immeubles et de quelques locataires, et la perte de l'un d'eux peut réduire sensiblement la distribution. Un patrimoine de plusieurs centaines de millions d'euros, réparti sur des dizaines d'actifs et plusieurs pays, absorbe mieux ces accidents. Ces trois risques valent pour toutes les SCPI : l'absence de commission de souscription change le calendrier des coûts, jamais la nature du placement.

Pour quel profil d'épargnant une SCPI sans frais d'entrée est-elle adaptée ?

La SCPI sans frais d'entrée convient d'abord à l'épargnant qui dispose d'un horizon d'investissement d'au moins six à huit ans, qui ne compte pas sur cet argent pour un projet proche et qui accepte une valeur de part fluctuante. Elle intéresse particulièrement les investisseurs qui souhaitent épargner par versements mensuels, puisque chaque versement est investi à 100 %, et les jeunes actifs qui commencent à constituer un patrimoine immobilier sans pouvoir acheter un logement locatif en direct.

Elle convient moins à l'épargnant qui pourrait avoir besoin de ses fonds avant la fin de la période de retrait anticipé, à celui qui cherche un placement garanti, ou au contribuable très imposé qui privilégie une SCPI fiscale ou le déficit foncier. Pour un patrimoine déjà investi en SCPI traditionnelles, une néo-SCPI apporte une diversification par génération d'immeubles, achetés à des prix plus bas, et par zone géographique. La décision se prend toujours à partir du coût total, de la durée de détention envisagée et de la part que la pierre papier doit représenter dans l'ensemble de l'épargne, en gardant en tête que les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.

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