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Prêt immobilier de 200 000 € à 3,31 % : comment se calcule votre mensualité de 1 140 € ?

Emprunter 200 000 euros à 3,31 % sur 20 ans coûte 1 140 euros par mois hors assurance emprunteur, et 73 700 euros d'intérêts. Tout calculateur de prêt immobilier applique la même formule ; le coût réel du crédit immobilier dépend ensuite de l'assurance, des frais et du TAEG.

Par Baptiste B.

Publié le · Mis à jour le

Relu par Cyril K., rédacteur en chef

Comment calculer le montant de vos mensualités de prêt immobilier ?

Mis à jour en octobre 2026 : exemples du calculateur refaits au taux moyen d'août 2026, taux d'usure du 1er octobre, règles de l'assurance emprunteur et de l'offre de prêt immobilier vérifiées sur le site du service public.

Sommaire

La formule pour calculer une mensualité de prêt immobilier

Toutes les banques, tous les simulateurs et tous les calculateurs en ligne appliquent la même équation. Elle relie quatre données : le montant emprunté, le taux nominal annuel, la durée en mois et la mensualité. Connaître trois d'entre elles suffit pour trouver la quatrième.

La version utilisée pour un prêt amortissable à taux fixe s'écrit ainsi : mensualité = M × (t/12) / [1 − (1 + t/12)−n], où M est le capital emprunté, t le taux annuel exprimé en décimal (0,0331 pour 3,31 %) et n le nombre d'échéances (240 pour 20 ans).

Avec 200 000 euros, le taux mensuel vaut 0,0331 ÷ 12, soit 0,27583 %. Le numérateur donne 551,67 euros : c'est exactement la part d'intérêts du premier mois. Le dénominateur, sur 240 mois, vaut 0,4837. La division aboutit à 1 140,49 euros. Une calculatrice de téléphone suffit, à condition de garder quatre décimales sur le taux mensuel.

Deux calculateurs, deux résultats ?

Pour un même projet, deux calculateurs en ligne affichent parfois des mensualités différentes. L'écart vient presque toujours d'un élément technique : l'un intègre l'assurance, l'autre non ; l'un arrondit le taux mensuel, l'autre garde toutes les décimales. La date de la première échéance compte aussi, car quelques jours d'intérêts intercalaires s'ajoutent quand les fonds sont versés en cours de mois. Avant de conclure qu'une offre est plus chère, vérifiez que les deux calculateurs utilisent les mêmes données.

Pourquoi le taux de 3,31 % ?

C'est le taux moyen hors assurance relevé par l'Observatoire Crédit Logement/CSA pour août 2026, contre 3,06 % un an plus tôt, avec une durée moyenne de 252 mois. Votre propre offre peut s'en écarter de plusieurs dixièmes selon votre apport personnel, vos revenus et la banque. Pour suivre l'évolution mois par mois, voyez le taux d'usure à 5,40 % et le taux moyen du crédit.

Combien coûte un emprunt immobilier selon la durée ?

La durée change tout. Plus elle s'allonge, plus la mensualité baisse, et plus la facture d'intérêts grimpe. Le tableau ci-après applique la formule à un emprunt de 200 000 euros au taux fixe de 3,31 %, avec une assurance à 0,30 % par an calculée sur le capital initial (50 euros par mois).

DuréeMensualité hors assuranceIntérêts totauxAssurance totaleMontant total remboursé
15 ans (180 mois)1 411 €54 000 €9 000 €263 000 €
20 ans (240 mois)1 140 €73 700 €12 000 €285 700 €
25 ans (300 mois)981 €94 300 €15 000 €309 300 €

Passer de 20 à 25 ans allège la mensualité de 159 euros. En contrepartie, le crédit coûte 23 600 euros de plus, assurance comprise. Ce surcoût achète de la capacité d'emprunt, pas une économie : il ne se justifie que si les 159 euros conditionnent l'achat.

Le plafond de durée est fixé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) : 25 ans, ou 27 ans dans le neuf et dans l'ancien quand les travaux représentent au moins 10 % du coût total de l'opération. Les banques peuvent déroger pour une partie de leur production.

Ce que montre le tableau d'amortissement

Le tableau d'amortissement est remis avec l'offre de prêt. Il découpe chaque échéance en trois lignes : intérêts, capital remboursé, assurance, puis donne le capital restant dû. Sa lecture réserve souvent une surprise.

  • Premier mois : sur 1 140,49 euros, 551,67 euros partent en intérêts et 588,82 euros seulement réduisent la dette.
  • Deuxième mois : le capital restant est tombé à 199 411 euros, les intérêts à 550,04 euros, le capital remboursé monte à 590,45 euros.
  • Après 10 ans sur 20 : il reste environ 116 400 euros à rembourser, soit 58 % de la somme empruntée, alors que la moitié de la durée est écoulée.

Cette inertie pèse lourd si vous revendez au bout de sept ou huit ans : le capital restant dû est encore élevé, et le prix de vente doit le couvrir avec les frais de notaire payés à l'achat. Elle explique aussi pourquoi un remboursement anticipé fait gagner plus en début de prêt qu'en fin.

Assurance, frais de dossier, garantie : le calcul complet

La mensualité affichée par la formule n'est que la base. Trois postes s'ajoutent au coût du prêt immobilier, et ils changent le classement des offres.

L'assurance emprunteur

Elle couvre le décès, l'invalidité et souvent l'incapacité de travail. Sa prime se calcule sur le capital initial (montant fixe) ou sur le capital restant (montant dégressif). Depuis la loi Lemoine, l'assurance se change à tout moment après la signature ; la banque a 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser, à condition que les garanties du nouveau contrat soient équivalentes, selon service-public.fr.

Autre règle utile : aucun questionnaire de santé ne peut être exigé quand la part assurée ne dépasse pas 200 000 euros par personne et que le prêt se termine avant vos 60 ans. Un couple qui emprunte 300 000 euros à 50/50 sur 20 ans, à 35 ans, entre dans ce cadre.

Frais de dossier et garantie

Les frais de dossier sont fixés par chaque établissement et se négocient. La garantie (caution d'un organisme spécialisé ou hypothèque) a un coût d'entrée, en partie restitué pour la caution en fin de prêt. Une banque peut aussi accepter le nantissement d'une assurance vie comme garantie, ce qui évite ces frais.

Le TAEG réunit tout

Le taux annuel effectif global intègre les intérêts, les frais de dossier, la garantie et l'assurance exigée. C'est le seul chiffre qui permet de comparer deux offres : un taux nominal plus bas peut cacher un TAEG plus élevé. Le TAEG ne peut pas dépasser le taux d'usure publié par la Banque de France. Depuis le 1er octobre 2026, ce plafond vaut 4,09 % sous 10 ans, 4,68 % de 10 à moins de 20 ans et 5,40 % à partir de 20 ans pour un taux fixe (avis du 25 septembre 2026 relayé par service-public.fr).

Comment estimer sa capacité d'emprunt avant la banque ?

Le calcul peut se faire à l'envers : partir du budget mensuel disponible pour trouver le capital empruntable. La règle du HCSF plafonne le taux d'endettement à 35 % des revenus nets, assurance comprise. Les banques l'appliquent à chaque dossier, et 18,1 % des prêts du deuxième trimestre 2026 y dérogeaient, une marge que décrit la limite des dérogations aux 35 % du HCSF.

Sur le même sujet : Taux variable capé : les 3 scénarios de mensualité à connaître avant de signer votre prêt

Lire également : Assurance chômage du prêt immobilier : 6 à 12 mois de carence avant le premier euro versé

Un foyer qui touche 4 000 euros nets par mois peut consacrer 1 400 euros à son crédit, assurance comprise. Sur 25 ans à 3,31 %, avec une assurance à 0,30 % du capital, chaque tranche de 1 000 euros empruntés coûte environ 5,15 euros par mois. Le capital accessible tourne donc autour de 270 000 euros. Sur 20 ans, il tombe vers 236 000 euros.

Le besoin de financement se mesure sur le prix du logement, les travaux éventuels et les frais, pas sur le seul prix de l'annonce. Pendant votre recherche, refaire le calcul pour chaque bien évite de visiter hors budget. Pour une résidence secondaire, la nouvelle mensualité s'ajoute aux crédits en cours : la situation d'un particulier se juge sur l'ensemble de ses charges, crédit de la résidence principale compris.

Ce chiffre reste un plafond technique. La banque regarde aussi le reste à vivre, la stabilité des revenus (un CDI ou un poste dans la fonction publique rassure), la tenue des comptes et l'épargne laissée après l'achat. Le détail du raisonnement, revenu par revenu, figure dans le calcul de la capacité d'emprunt à partir de vos revenus.

Le cas de l'investissement locatif

Pour un investissement locatif, les banques retiennent une partie seulement des loyers attendus, pas leur totalité, afin de couvrir la vacance et les charges. La proportion varie selon l'établissement : demandez-la avant de lancer votre simulation, elle modifie le résultat de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Quels outils pour simuler un prêt immobilier ?

Refaire le calcul à la main sert à comprendre ; un simulateur sert à tester vite plusieurs scénarios. Les sites des grandes banques, de la Caisse d'Epargne à la Banque Populaire en passant par le Crédit Agricole ou le CIC, en proposent sur leur page d'accueil, sans passer par l'espace client. La Banque Postale met en ligne un outil qui calcule la mensualité à partir du montant, de la durée et du taux, et permet de comparer plusieurs durées en quelques secondes.

  • Le simulateur de mensualité : vous saisissez montant, durée et taux, il rend l'échéance. C'est la formule ci-dessus, automatisée.
  • Le simulateur de capacité : il part de vos revenus et de vos charges pour estimer le montant empruntable.
  • Le calculateur de La finance pour tous : édité par l'Institut pour l'éducation financière du public, il affiche aussi le tableau d'amortissement complet, sans démarche commerciale.
  • Le tableur : la fonction VPM d'Excel ou de LibreOffice reproduit le calcul et permet de simuler un remboursement anticipé.

Un résultat de simulation n'engage personne. Il dépend des données saisies, et le taux affiché par défaut est souvent un taux d'appel réservé aux meilleurs profils. Pour obtenir le meilleur taux, la comparaison passe par plusieurs offres réelles, obtenues en direct ou via un courtier.

Pour une aide gratuite et neutre, l'Agence départementale d'information sur le logement (Adil) conseille le public sur le financement d'un achat immobilier : ses juristes peuvent refaire le calcul avec vous et relire le contenu d'une offre. Les associations de consommateurs apportent aussi une assistance à leurs adhérents quand un point technique du contrat pose question, comme la date de prise d'effet de l'assurance ou les indemnités de remboursement anticipé. Leur expérience des litiges complète celle d'un professionnel du crédit, conseiller bancaire ou courtier.

De la simulation à l'offre de prêt : les délais à intégrer

Une fois l'acceptation de votre dossier obtenue, la banque émet une offre de prêt encadrée par le code de la consommation. Elle s'accompagne d'une fiche d'information standardisée européenne (FISE) et du tableau d'amortissement. Ces documents se lisent ligne à ligne : montant total dû, TAEG, coût de l'assurance, conditions de remboursement anticipé.

  • 10 jours de réflexion : le délai est obligatoire, il court à partir du lendemain de la réception et ne se raccourcit pas. Aucun fond ne peut être versé avant.
  • 30 jours de validité : la banque maintient ses conditions pendant au moins 30 jours à compter de la réception de l'offre.
  • Acceptation au 11e jour : une offre reçue le 1er février se signe au plus tôt le 12 février.

Ces dates se reportent dans le compromis de vente, dont la condition suspensive d'obtention du prêt doit laisser le temps de recevoir l'offre puis de l'accepter. Les règles détaillées figurent sur la fiche du service public consacrée au crédit immobilier.

Les étapes pour réaliser votre propre calcul

Avant d'acheter, quatre étapes suffisent pour effectuer le calcul sans dépendre d'un outil commercial. Une calculette scientifique ou un tableur fait l'affaire ; le seul élément nécessaire est de connaître précisément vos données.

  1. Fixer le montant : prix du bien, plus travaux et frais, moins l'apport. Ce solde restant à financer correspond au capital à emprunter.
  2. Choisir une date et une durée : la date de signature visée et la durée en mois, 240 ou 300 le plus souvent.
  3. Rechercher un taux réaliste : le taux moyen publié chaque mois, ajusté à votre profil, plutôt qu'un taux d'appel.
  4. Utiliser la formule, puis ajouter l'assurance : la mensualité calculée, plus la prime, donne la charge réelle à rapprocher de vos revenus.

Cette méthode pratique a une autre utilité : elle permet de découvrir la marge de négociation. Si un établissement vous propose un taux plus haut que le marché, la différence se chiffre en euros par mois et sur toute la durée, ce qui pèse davantage dans la demande de révision qu'un simple pourcentage. Elle vaut également pour un futur rachat de crédit : le calcul du coût restant, comparé à la nouvelle offre, dit si l'opération a un sens.

Les salariés d'une entreprise du secteur privé peuvent aussi interroger Action Logement, acteur du logement social géré avec les employeurs, dont le prêt complète parfois le financement principal. Intégrez-le au calcul comme une seconde ligne, avec sa propre durée et son propre taux.

Les erreurs qui faussent un calcul de prêt

La formule est exacte ; ce sont les données saisies qui trompent. Quatre oublis reviennent dans la plupart des projets.

  • Oublier les frais d'achat : frais de notaire, garantie et frais de dossier s'ajoutent au prix. Les primo-accédants qui achètent leur résidence principale échappent toutefois à la hausse des droits de mutation appliquée depuis avril 2025.
  • Comparer des taux nominaux : seul le TAEG intègre l'assurance et les frais, donc le coût réel du financement.
  • Calculer sans apport : beaucoup de banques demandent de quoi couvrir au moins les frais, une exigence que détaille l'apport réclamé par les banques pour un achat immobilier.
  • Figer sa situation : un passage à temps partiel, un enfant ou la retraite pendant les 20 ou 25 ans du prêt changent votre budget. Mieux vaut une mensualité qui laisse de la marge qu'un engagement tendu dès le premier mois.

Dernier réflexe avant de signer : refaire soi-même le calcul avec le taux et la durée de l'offre. Si votre résultat diffère de l'échéance annoncée de plus de quelques euros, l'écart vient de l'assurance ou d'un frais intégré, et il mérite une question à votre conseiller.

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L'assistant choisi lit la page publique et en fait la synthèse. Pour le détail et les chiffres exacts, l'article fait foi.

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