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Saint-Étienne : chauffage en panne et fuites dans la tour à énergie positive, Foncia répond aux locataires

Elle devait faire baisser les factures. Deux ans et demi après sa livraison, la tour à énergie positive de Saint-Étienne fait surtout grimper la colère : chauffage capricieux, fuites, ascenseurs à l'arrêt. Le gestionnaire Foncia a dû répondre publiquement aux locataires, fin septembre 2026.

Saint-Étienne : pannes et fuites dans la tour à énergie positive
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Tour Tésé : une réalisation vitrine devenue un casse-tête

La tour Tésé, pour « Tour Elithis Saint-Étienne », se dresse à quelques pas de la gare de Châteaucreux, à l'angle de la rue Cugnot et de la rue du Sergent-Rivière. Seize étages, 58 mètres, une ossature qui mêle verre, acier et bois. La réalisation a été inaugurée le 6 décembre 2023, avec des premiers habitants installés à la mi-janvier 2024.

Sur le papier, l'immeuble coche toutes les cases. 56 logements du T1 au T5, environ 500 m² de bureaux, des commerces au rez-de-chaussée, un espace commun au dernier étage. Et surtout une promesse : produire sur l'année plus d'énergie que ses occupants n'en consomment.

Le décor a changé début septembre 2026. Le site d'information 42info décrivait, le 9 septembre, un bâtiment qui « accumule les dysfonctionnements ». Quelques jours plus tard, Le Progrès parlait sans détour de fiasco. Puis, le 22 septembre, le même quotidien publiait la réponse de Foncia, qui gère les appartements pour le compte du propriétaire.

Ce que les locataires reprochent au bâtiment

La liste des griefs est longue, et elle touche au quotidien le plus basique. Rien d'exotique : ce sont des services qu'on attend de n'importe quel immeuble neuf.

  • Le chauffage : difficile à régler, parfois défaillant, alors que tout le pilotage énergétique repose sur lui.
  • L'eau : des infiltrations dans les logements et des coupures d'eau chaude.
  • Les ascenseurs : en panne à répétition, un vrai problème dans une tour de seize étages.
  • Les volets : certains restent bloqués, ce qui pèse sur le confort d'été comme d'hiver.

Résultat : plusieurs habitants disent vouloir partir. Un comble pour une réalisation présentée comme un symbole du renouveau urbain du quartier de Châteaucreux. Pour un locataire, l'étiquette « énergie positive » ne vaut rien si l'eau chaude manque un matin sur deux.

Qu'est-ce qu'une tour à énergie positive ?

Une tour à énergie positive est un bâtiment conçu pour produire, sur une année, davantage d'énergie qu'il n'en consomme. À Saint-Étienne, la production repose sur environ 1 000 m² de panneaux photovoltaïques, posés en couronne ou intégrés aux façades (668 m² côté façade). Le groupe Elithis annonçait une production annuelle de 170 mégawattheures.

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Le reste du travail se joue sur la sobriété : isolation poussée, pilotage fin des équipements, suivi des consommations logement par logement. Le solaire thermique, autre technique répandue pour produire de l'eau chaude, n'était pas l'argument mis en avant par le promoteur. Le pari était celui de l'électricité produite sur place et d'occupants accompagnés dans leurs usages.

L'intérêt affiché dépasse la facture. Un bâtiment de ce type limite les émissions de gaz à effet de serre sur toute sa durée de vie, surtout avec une structure bois qui le range dans la famille des constructions bas carbone.

Quels avantages étaient promis aux habitants ?

La promesse tenait en deux chiffres. Un loyer annoncé autour de 10 euros le mètre carré, qualifié de bas par la presse économique locale à l'inauguration. Et des économies d'énergie estimées par le promoteur à environ 2 000 euros par an et par foyer, en cas d'usage raisonnable. Objectif affiché : zéro charge d'énergie.

Elithis s'appuyait sur son immeuble de Strasbourg, où 60 % des locataires affichaient, selon la société, une facture d'énergie nulle ou négative. C'est ce modèle, déjà éprouvé sur une première réalisation alsacienne, que la tour Tésé devait reproduire dans la Loire, grâce aux panneaux solaires et à une consommation suivie de près.

Elithis et Catella Residential : qui porte ce projet ?

Le concepteur est Elithis, société dijonnaise spécialisée dans l'ingénierie énergétique. L'investisseur est Catella Residential Investment Management, qui a acquis l'immeuble pour environ 15 millions d'euros via l'un de ses fonds. L'établissement public d'aménagement de Saint-Étienne (EPASE) a accompagné l'opération dans le cadre du renouvellement de Châteaucreux, quartier d'affaires tourné vers l'immobilier d'entreprise.

La tour Tésé est la troisième réalisation résidentielle de ce type en France, après Strasbourg et Dijon. Elle devait ouvrir un programme bien plus vaste : cent bâtiments à énergie positive dans les grandes villes, pour un investissement global annoncé de 2 milliards d'euros. Paris, Lyon, Bordeaux : les métropoles visées ne manquaient pas. Chaque nouvelle réalisation devait servir de vitrine à la suivante, et le chantier de Saint-Étienne, lancé en juin 2021, était la première réalisation du programme à sortir de terre. Sur le plan de l'architecture, signée par l'agence PPX, la réalisation stéphanoise voulait prouver qu'une tour moderne peut conjuguer structure bois, surface vitrée et bilan énergétique favorable.

Autrement dit, les déboires stéphanois ne concernent pas seulement 56 foyers. Ils pèsent sur la crédibilité d'un engagement industriel, et sur la confiance des investisseurs qui financent ces immeubles.

Foncia répond : ce que l'on sait au 23 septembre 2026

Foncia, qui assure la gestion locative de la tour, a pris la parole le 22 septembre dans Le Progrès pour répondre à la colère des locataires. C'est le gestionnaire, et non le propriétaire, qui sert d'interlocuteur direct aux habitants : c'est à lui que remontent les signalements, lui qui mandate les interventions techniques.

Ce qui change tout ? Dans un bâtiment aussi technique, une panne ne se règle pas avec un plombier du quartier. Le chauffage, la ventilation et la production d'électricité dépendent d'équipements pilotés, dont la maintenance relève souvent de prestataires spécialisés. Chaque réparation engage plusieurs acteurs : gestionnaire, propriétaire, concepteur, entreprises qui ont réalisé les travaux. Les délais s'allongent d'autant. Pour une réalisation de cette technicité, la qualité du service après livraison compte autant que la réalisation elle-même : un contrat de service mal calibré suffit à dégrader le quotidien de tout un immeuble.

À retenir : un immeuble livré début 2024 reste couvert par les garanties de la construction. La garantie de parfait achèvement a expiré au bout d'un an, la garantie biennale (équipements dissociables comme les volets) a pris fin début 2026, mais la décennale couvre les désordres qui rendent le bâtiment impropre à sa destination. Ces recours appartiennent au propriétaire, pas aux locataires.

Locataire dans un immeuble qui dysfonctionne : quels recours ?

À Saint-Étienne comme ailleurs, un bail d'habitation oblige le bailleur à fournir un logement décent et à l'entretenir en état de servir. Un chauffage qui ne chauffe pas ou une eau chaude intermittente relèvent de cette obligation, quel que soit le label du bâtiment.

  1. Signaler par écrit : un courrier recommandé au gestionnaire, daté, avec photos. Il fixe le point de départ du litige.
  2. Se regrouper : une association de locataires pèse plus lourd qu'une série de réclamations isolées.
  3. Demander une conciliation : la commission départementale de conciliation de la Loire est gratuite. L'ADIL du département renseigne sans frais sur les droits de chacun.
  4. Saisir le juge : en dernier recours, il peut ordonner les réparations et accorder une réduction de loyer.

Une erreur à éviter : cesser de payer son loyer de sa propre initiative. Sans décision de justice, le locataire s'expose à une procédure d'impayé, même avec un logement défaillant. Côté charges, mieux vaut aussi vérifier ce qui peut être refacturé, comme le rappelle notre article sur la répartition entre propriétaire et locataire de la taxe d'ordures ménagères.

Quelles leçons pour les futurs projets similaires ?

La tour Tésé rappelle une évidence que le discours sur l'innovation fait parfois oublier. La performance d'un bâtiment se mesure au quotidien de ses occupants, pas seulement sur une fiche de conception ou dans une vidéo de présentation. Un appartement qui produit de l'électricité mais dont l'ascenseur est en panne reste un appartement difficile à vivre.

Dans un contexte où la pénurie de logements s'aggrave en France, chaque réalisation neuve compte. Ce type d'immeuble peut apporter des loyers modérés et des charges faibles, à condition que la maintenance suive. Pour qui envisage de louer ou d'acheter dans un bâtiment très équipé, un réflexe s'impose : se renseigner sur le contrat d'entretien, la société de services qui l'assure et l'historique des pannes, comme on le fait désormais pour le DPE, les travaux et les charges avant de négocier.

À Saint-Étienne, la suite dépendra de la vitesse des réparations. Les locataires de Châteaucreux attendent moins un nouveau bilan énergétique qu'un chauffage qui marche avant l'hiver.

Questions fréquentes

Où se situe la tour Elithis à Saint-Étienne ?

Dans le quartier de Châteaucreux, à quelques mètres de la gare, à l'angle de la rue Cugnot et de la rue du Sergent-Rivière. Elle mesure 58 mètres pour 16 étages.

Quels types de logements dans la tour Tésé ?

L'immeuble compte 56 appartements en location, du T1 au T5, complétés par des bureaux, des commerces au rez-de-chaussée et un espace commun au dernier étage.

Qui contacter en cas de panne dans la tour ?

Le premier contact reste le gestionnaire, Foncia, par écrit, en gardant une trace de chaque prise de contact avec son service client. Sans réponse, l'ADIL de la Loire et la commission départementale de conciliation orientent les locataires gratuitement.

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