LMNP : revendre après 10 ans peut vous coûter 14 500 € d'impôt de plus, l'exemple chiffré
Une pompe à chaleur air-air peut-elle faire gagner ou perdre une classe au DPE ?
Une climatisation pure ajoute une consommation au DPE et peut coûter quelques points ; une pompe à chaleur air-air réversible qui remplace des convecteurs fait presque toujours gagner une classe au logement. Tout dépend de ce que l'appareil remplace pour le chauffage en hiver, pas de l'air froid qu'il souffle l'été, et des travaux d'isolation déjà faits.

Le diagnostic de performance énergétique ne juge pas un appareil isolément : il additionne des consommations conventionnelles. Depuis la réforme de juillet 2021, le calcul du DPE intègre cinq usages, et le froid en fait partie. C'est ce qui nourrit l'idée qu'une clim « dégrade » la note. La réalité est plus nuancée, et souvent inverse pour une PAC réversible.
Sommaire
Comment le calcul du DPE traite la climatisation
La méthode de calcul conventionnelle, dite 3CL, estime ce que consommerait le logement occupé de façon standard, quel que soit le comportement réel des habitants. Elle additionne le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire, le refroidissement, l'éclairage et les auxiliaires (ventilateurs, pompes, circulateurs), comme le rappelle la fiche DPE de service-public.gouv.fr sur le diagnostic de performance énergétique.
Le poste refroidissement n'apparaît que si un système de climatisation est installé : un logement sans clim n'a pas de consommation de froid dans son DPE. Dès qu'un climatiseur fixe ou une PAC air-air réversible est déclaré, le diagnostiqueur calcule un besoin de froid à partir de la zone climatique, de l'altitude, de l'exposition et de l'inertie du bâtiment, puis le divise par l'efficacité du système. Le résultat s'exprime en énergie finale, convertie en énergie primaire avec le coefficient de l'électricité.

Ce besoin de froid reste modeste dans la plupart des régions. Un appartement à Lille aura une consommation de refroidissement conventionnelle faible ; un logement sous les toits à Nîmes, bien plus élevée. Dans tous les cas, ce poste pèse nettement moins que le chauffage, qui reste le premier poste du DPE dans l'immense majorité des logements français.
Le double seuil énergie et gaz à effet de serre
L'étiquette finale retient la plus mauvaise des deux classes : celle de la consommation d'énergie primaire (en kWh par m² et par an) et celle des émissions de gaz à effet de serre (en kg de CO2 par m² et par an). Une climatisation électrique émet peu de CO2 au regard du fioul. Son impact se lit donc presque uniquement sur l'axe énergie, et c'est là que tout se joue.
Climatisation seule ou PAC réversible : deux résultats opposés sur la note
Le même appareil mural peut produire deux conséquences inverses selon ce qu'il fait l'hiver. Un climatiseur installé en plus d'un chauffage existant, sans que personne ne l'utilise pour chauffer, ajoute simplement un poste au calcul. Une pompe à chaleur air-air réversible déclarée comme système de chauffage principal remplace au contraire un équipement souvent bien moins performant.
| Situation | Sur le chauffage | Sur le froid | Tendance de l'étiquette DPE |
|---|---|---|---|
| Climatiseur ajouté, chauffage inchangé | Aucun | Poste nouveau | Stable, rarement une lettre perdue |
| PAC air-air réversible à la place de radiateurs électriques | Forte baisse | Poste nouveau, modeste | Souvent une lettre de mieux, parfois deux |
| PAC air-air en appoint d'une chaudière | Partiel, selon la surface desservie | Poste nouveau | Progrès limité |
| PAC air-air à la place d'une chaudière fioul | Forte baisse | Poste nouveau | Mieux sur l'énergie et sur le CO2 |
L'écart vient du rendement. Un radiateur électrique à effet Joule restitue en chaleur l'électricité qu'il consomme, sans plus. Une pompe à chaleur puise des calories dans l'air extérieur et en restitue plusieurs fois plus qu'elle ne consomme. Le calcul retient un coefficient de performance saisonnier selon l'année d'installation et les caractéristiques connues de l'appareil : plus il est élevé, plus la consommation de chauffage fond.
Un cas chiffré : 60 m² chauffés par convecteurs
Prenons un exemple théorique, sans prétention de mesure réelle, pour voir ce qui change dans le DPE. Un appartement de 60 m² consomme, selon le calcul conventionnel, 8 000 kWh d'électricité par an pour le chauffage par radiateurs électriques. Avec le coefficient de conversion de 1,9 applicable depuis le 1er janvier 2026, cela fait 15 200 kWh d'énergie primaire, soit environ 253 kWh/m²/an pour le seul chauffage.
Si le diagnostiqueur retient pour la nouvelle pompe à chaleur air-air un rendement saisonnier de 3, la consommation de chauffage tombe à environ 2 670 kWh d'électricité, soit un peu plus de 5 000 kWh d'énergie primaire : environ 84 kWh/m²/an. Même en ajoutant un poste de froid de quelques kWh par m², le total du logement baisse de plusieurs dizaines de points. Pour un bien classé E ou F, le passage d'une classe est alors probable ; le résultat exact dépend de l'eau chaude, de l'isolation et de la ventilation, que la PAC ne change pas.
🔎Les questions que la canicule pose sur le DPE
— Fondation IFRAP (@iFRAP) 1 juillet 2026
30 % des logements classés A sont des bouilloires thermiques.
Un logement équipé d’une climatisation peut être pénalisé dans son DPE, puisque cela augmente sa consommation d’électricité...
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Au 1er janvier 2027, le coefficient de l'électricité descend à 1,7. Les logements tout électrique gagnent alors encore quelques points sans travaux, et l'écart avec une chaudière se resserre encore dans la méthode.
Climatisation et DPE : les cas qui font douter
Une clim mobile change-t-elle le DPE ?
Un climatiseur mobile, posé sans installation fixe, n'est en principe pas un équipement du bâtiment. Le diagnostiqueur relève les systèmes installés à demeure ; un appareil sur roulettes rangé au garage l'hiver n'a pas vocation à figurer dans le diagnostic.
Peut-on perdre une classe en installant une climatisation ?
C'est possible mais rare : il faut un logement juste sous un seuil de classe, une clim ajoutée sans toucher au chauffage, et une région chaude où le besoin de froid conventionnel est élevé. Dans ce cas précis, quelques unités peuvent faire franchir la limite. Le plus souvent, l'impact reste de l'ordre de quelques points.
Le diagnostiqueur exige-t-il des factures ?
Les justificatifs (facture d'installation, fiche technique, attestation de mise en service) permettent d'utiliser les caractéristiques réelles de la pompe à chaleur. Sans eux, la méthode applique des valeurs par défaut, plus prudentes, liées à l'année estimée de l'installation. Garder ces documents améliore donc la précision du DPE, et souvent la note.
Faut-il refaire son DPE après l'installation ?
Rien ne l'impose : un diagnostic reste valable dix ans, sauf ceux réalisés entre 2018 et juin 2021, qui ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Mais un DPE antérieur aux travaux ne montre pas le gain. Avant une vente ou une mise en location, refaire le diagnostic après l'installation d'une pompe à chaleur peut valoir le coût. Les règles de durée sont rappelées dans notre point sur le DPE qui reste valable et celui qu'il faut refaire.
Pourquoi une PAC air-air ne règle pas tout
La pompe à chaleur air-air chauffe et rafraîchit l'air ; elle ne produit pas d'eau chaude sanitaire. Un ballon électrique classique reste dans le calcul avec sa consommation, alors qu'un chauffe-eau thermodynamique ou une PAC air-eau couplée à un ballon traite aussi ce poste. Sur un petit logement, l'eau chaude pèse lourd dans la note, et la PAC air-air laisse ce levier intact.
L'enveloppe compte autant que le système. Une PAC installée dans une passoire thermique mal isolée fera mieux que des convecteurs, mais le besoin de chauffage reste élevé : l'isolation des combles, des murs ou le remplacement des fenêtres réduit le besoin lui-même, avant même de parler de rendement. Les diagnostiqueurs voient régulièrement des logements où la PAC fait passer de G à F, alors qu'une isolation complémentaire aurait permis d'atteindre D.
Le confort d'été, enfin, est apprécié séparément : le DPE comporte un indicateur de confort estival fondé sur les protections solaires, l'inertie et la ventilation naturelle, et non sur la présence d'une climatisation. Volets, stores et brasseurs d'air améliorent cet indicateur ; la climatisation réversible améliore le confort intérieur ressenti, sans incidence sur ce critère du DPE.
Des panneaux solaires photovoltaïques en autoconsommation complètent souvent une PAC réversible : l'électricité solaire produite et consommée sur place est prise en compte par le DPE, ce qui peut améliorer encore la note d'un logement tout électrique. Pour une maison énergivore classée F ou G, l'audit énergétique exigé à la vente propose des scénarios de rénovation globale où la pompe à chaleur n'est qu'une étape ; ce document immobilier indique l'étiquette DPE visée par chaque bouquet de travaux, de quoi comparer avant d'engager des dépenses et éviter de rester une passoire.
Quelles aides pour une pompe à chaleur air-air ?
La PAC air-air n'est pas éligible à MaPrimeRénov' : l'aide de l'Anah vise les pompes à chaleur air-eau et géothermiques, qui chauffent aussi l'eau. Pour les maisons individuelles classées F ou G, le parcours par geste reste ouvert jusqu'au 31 décembre 2027 pour ces PAC-là, comme le résume notre page MaPrimeRénov' : travaux éligibles et montants. Une prime liée aux certificats d'économies d'énergie peut exister pour une PAC air-air selon les fournisseurs : elle se vérifie avant la signature du devis, jamais après.
Le choix du système dépend donc de l'objectif. Pour gagner une classe au moindre coût dans un appartement chauffé par convecteurs, la pompe à chaleur air-air réversible est souvent le geste le plus efficace. Pour sortir un logement de l'étiquette passoire avec une aide publique, la PAC air-eau, associée à des travaux d'isolation, reste la voie de la réforme. Les classes, le calendrier des interdictions de louer (G depuis 2025, F en 2028, E en 2034) et le fonctionnement complet du diagnostic sont réunis dans notre dossier DPE : classes, règles et calendrier.
Avant d'installer : trois vérifications utiles
- Le système déclaré : demander à l'installateur une facture qui précise le modèle, la puissance et le SCOP, pour que le diagnostiqueur puisse s'en servir.
- La surface chauffée couverte : une PAC dans le seul séjour, avec des convecteurs conservés dans les chambres, donne un gain partiel ; la méthode répartit les surfaces desservies par chaque système.
- L'ordre des travaux : isoler d'abord permet de choisir une puissance plus faible, moins chère et mieux dimensionnée, avec une consommation d'énergie réduite toute l'année.
Pour les questions d'achat (puissance, bruit, entretien obligatoire du système, fluide frigorigène), notre article sur l'équipement d'un logement en climatisation passe en revue les points à vérifier avant de choisir un modèle.












