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Taxe foncière 2027 : les 3 hausses qui guettent les propriétaires après la pause de 2026

Seulement 0,8 % : la taxe foncière 2026 affiche sa plus faible hausse depuis 2021. La trêve s'arrête là. Inflation revenue dans la base de calcul, équipements de confort ajoutés à la valeur locative, taxe alourdie sur les logements vides : en 2027, la facture des propriétaires et des communes repart à la hausse.

Taxe foncière 2027 : les 3 hausses qui guettent les propriétaires
Sommaire

Une année 2026 en trompe-l'œil

Sur le papier, les propriétaires respirent. La revalorisation nationale des valeurs locatives n'a été que de 0,8 % au 1er janvier 2026. Le rythme des années précédentes était tout autre : +7,1 % pour l'avis 2023, un record, puis +3,9 % l'année suivante et encore +1,7 % l'an dernier. En quatre ans, la base de calcul de la taxe foncière avait déjà pris près de 17 %.

Vidéo : Taxe foncière 2027 : trois mécanismes la font grimper

Les communes ont suivi le mouvement. Selon les taux publiés par la DGFiP le 27 août 2026 pour près de 35 000 communes, 85,8 % des maires ont reconduit leur taux sur le bâti. Seules 4 731 communes l'ont augmenté, et 217 l'ont réduit. Du côté des intercommunalités, la stabilité dépasse 92 %.

Ce calme a une explication simple. Mars 2026, ce sont les élections municipales, et aucun candidat ne tenait à signer une hausse de la taxe foncière quelques mois avant le scrutin. Résultat : pour la grande majorité des ménages, l'avis reçu fin septembre ressemble au centime près à celui de l'année précédente. Les dates limites restent le 15 octobre, ou le 20 octobre pour un paiement en ligne ; si le montant ne passe pas, il existe des solutions pour étaler le règlement de l'avis d'octobre.

Quelques villes font exception. Aulnay-sous-Bois a relevé son taux de 29,9 %, Montrouge de 25 %, Ajaccio de 19 %. Nice, à l'inverse, a baissé le sien de 13,2 % après une forte hausse en 2024.

Le reportage de franceinfo ci-dessous montre justement ces écarts entre communes, d'une ville à l'autre, pour une même revalorisation nationale.

Vidéo YouTube

Pourquoi la taxe foncière augmente-t-elle en 2027 ?

Trois mécanismes se superposent. Aucun n'est une nouvelle loi votée en urgence : ils sont déjà écrits, et ils tombent tous la même année.

1. L'inflation revient dans le calcul

Depuis 2018, la revalorisation annuelle des bases n'est plus fixée par le Parlement. Elle suit l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) mesuré par l'Insee entre le mois de novembre de l'année N-2 et celui de l'année N-1. Pour l'avis 2027, tout se joue donc sur l'évolution des prix entre novembre 2025 et novembre 2026.

Or l'inflation a nettement accéléré en 2026. La Banque de France table sur environ 2,5 % sur l'année, loin des prévisions de début d'année. Si le chiffre de novembre 2026 confirme cette tendance, la revalorisation nationale 2027 pourrait être trois fois plus forte que celle de 2026. Le coefficient définitif ne sera connu qu'à la mi-décembre, après la publication de l'Insee.

2. Les éléments de confort entrent dans la valeur locative

La valeur locative cadastrale d'un logement repose sur une description souvent figée depuis 1970. Beaucoup de fiches ignorent un WC intérieur, l'eau courante, une salle de bains ou le chauffage central, alors que le logement en est équipé depuis des décennies. Ces équipements ajoutent des mètres carrés fictifs à la surface pondérée, et donc à la base.

À partir de 2027, les communes et intercommunalités pourront appliquer cette actualisation. D'après le chiffrage de l'administration fiscale, environ 7,4 millions de logements seraient concernés, soit un quart des maisons et 15 % des appartements. La hausse moyenne estimée est de 63 euros par an et par logement. Ce sont surtout les propriétaires de logements anciens, souvent en zone rurale ou dans des centres-villes jamais rénovés sur le papier, qui paieraient. Des travaux réalisés il y a trente ans pourraient ainsi, pour la première fois, peser sur l'impôt local.

3. Une taxe plus lourde sur les logements vacants

Autre changement : la taxe sur les logements vacants est remaniée. Dans les zones tendues, son taux pourra monter jusqu'à 60 %, et jusqu'à 50 % ailleurs. Paris a déjà annoncé qu'elle passerait à 60 %, contre 34 % aujourd'hui. Un propriétaire qui laisse un appartement vide plus d'un an sera donc bien plus exposé qu'en 2026.

Qui est concerné par la hausse en 2027 ?

Tout le monde, mais pas au même degré. La revalorisation liée à l'inflation touche chaque propriétaire, sans exception, puisqu'elle s'applique à toutes les bases. C'est la part automatique de la facture.

  • Propriétaires d'un logement ancien : premiers visés par l'actualisation des équipements de confort, surtout si la fiche cadastrale n'a jamais été mise à jour.
  • Bailleurs et investisseurs : la hausse pèse directement sur la rentabilité d'un investissement locatif, car la taxe foncière ne se répercute pas sur le loyer, seulement la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
  • Détenteurs d'un logement vide : la nouvelle taxe sur la vacance peut coûter plus cher que la taxe foncière elle-même.
  • Habitants des communes endettées : les nouvelles équipes élues en mars ont désormais six ans devant elles.

Les bailleurs qui confient leur bien à une agence ont intérêt à intégrer cette hausse dans leur budget de gestion locative dès maintenant. Les autres changements fiscaux de l'année sont détaillés dans notre point sur la fiscalité immobilière 2026 et ses nouvelles règles.

Les communes vont-elles relever leurs taux ?

C'est la grande inconnue. Après les élections municipales, le calendrier politique ne freine plus personne. Les maires élus en 2026 votent leur premier budget complet au printemps 2027, et ils le font dans un contexte tendu : dotations de l'État contenues, charges de personnel et d'énergie en hausse, projets de mandat à financer.

Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, la taxe foncière est devenue le principal levier fiscal dont dispose une commune. Face à l'augmentation des dépenses publiques locales, relever son taux d'imposition est souvent le seul moyen d'équilibrer un budget sans couper dans les services. Les précédents mandats l'ont montré : c'est en début de mandat que les hausses se votent, rarement à la veille d'un scrutin.

À retenir : même si votre maire ne touche pas au taux, votre avis 2027 augmentera mécaniquement avec la revalorisation des bases.

Quel sera le montant de la taxe en 2027 ?

Personne ne peut encore le chiffrer au centime, et méfiez-vous des simulateurs qui l'affirment. Le calcul de la taxe foncière reste le même : la valeur locative cadastrale, abattue de 50 %, multipliée par la somme des taux votés par la commune et l'intercommunalité. Ce qui change, ce sont deux de ces trois éléments.

Un exemple simple. Pour un avis de 1 200 euros en 2026, une revalorisation de 2,5 % ajouterait une trentaine d'euros en 2027, à taux constant. Si le logement est concerné par l'actualisation des éléments de confort, il faut compter en moyenne 63 euros de plus. Et si la commune relève son taux de 5 %, la hausse de la taxe dépasse alors 100 euros sur l'année.

Pour comprendre chaque ligne de votre avis, les exonérations possibles et les recours, consultez notre dossier complet sur la taxe foncière. Le barème et les règles de calcul figurent aussi sur la fiche officielle de service-public.fr consacrée à la taxe foncière.

Comment limiter la note dès maintenant ?

Quelques réflexes valent d'être pris avant l'avis 2027. Ils ne coûtent rien.

  1. Vérifiez votre fiche : dans votre espace sur impots.gouv.fr, rubrique « Biens immobiliers », la surface et les équipements déclarés doivent correspondre à la réalité. Une erreur en votre défaveur se conteste.
  2. Contrôlez vos droits à exonération : les personnes âgées ou modestes peuvent bénéficier d'un dégrèvement ; une situation familiale particulière peut aussi jouer, comme le montre notre article sur l'hébergement d'un parent et l'exonération.
  3. Anticipez la vacance : un logement vide peut être loué, même temporairement, avant d'être frappé par la nouvelle taxe.

Un propriétaire qui achète en ce moment a aussi intérêt à interroger son notaire sur le montant de la dernière taxe foncière et sur la fiche descriptive du bien. C'est une donnée de négociation, au même titre que le DPE.

Questions fréquentes

Quand la décision sur la taxe sera-t-elle prise ?

En deux temps. La revalorisation nationale découle de l'inflation de novembre 2026, publiée par l'Insee mi-décembre. Les taux locaux sont votés par les conseils municipaux avant le 15 avril 2027. L'avis arrive fin août ou en septembre 2027.

La réforme des valeurs locatives s'applique-t-elle en 2027 ?

Non. La révision générale des valeurs locatives des logements, qui doit recalculer les bases sur les loyers réels, a été reportée par l'article 106 de la loi de finances pour 2026. Seule l'actualisation des éléments de confort peut jouer dès 2027.

Un locataire paie-t-il la hausse ?

Non, la taxe foncière reste à la charge du propriétaire. Le bailleur ne peut récupérer auprès de son locataire que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même avis.

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