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SCPI : les valeurs de reconstitution se stabilisent, mais pas partout

Chaque année, Louve Invest analyse l'évolution des valeurs de reconstitution d'une centaine de SCPI. L'édition 2026 couvre la période de 2018 à juin 2026. La baisse des valorisations touche à sa fin, mais les écarts entre secteurs n'ont jamais été aussi grands.

Façade vitrée d'un immeuble de bureaux contemporain
Sommaire

La valeur de reconstitution, de quoi parle-t-on ?

Pour investir en SCPI, on achète des parts d'une société qui détient un parc immobilier. La valeur de reconstitution correspond à ce qu'il faudrait payer pour reconstituer ce patrimoine aujourd'hui, frais d'acquisition compris. Des experts indépendants la calculent deux fois par an, fin juin et fin décembre.

Le prix de part doit rester dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de cette valeur. Quand le prix est en dessous, on parle de décote. L'investisseur paie alors sa part moins cher que la valeur du patrimoine. Quand il est au-dessus, on parle de surcote.

Cette année, l'échantillon compte 88 SCPI à capital variable. Les onze SCPI qui ont suspendu la variabilité de leur capital en sont exclues. Leur prix dépend désormais du marché secondaire, ce qui fausserait les moyennes.

Une baisse qui touche presque à sa fin

Sur une base 100 en 2018, la valeur de reconstitution moyenne atteint 91,91 en juin 2026. Elle avait culminé à 102,34 en 2019. Elle a ensuite chuté jusqu'à 92,97 en 2024, sous l'effet de la remontée des taux et de l'essor du télétravail.

Depuis, le recul ralentit nettement. Il n'est plus que de 0,22 point sur le premier semestre 2026, contre plus de 9 points depuis 2021. Le patrimoine des SCPI continue de baisser, mais il approche d'un plancher.

La décote moyenne suit le même chemin. Elle oscillait entre 2,75 % et 4,73 % de 2018 à 2022. Le marché est passé en légère surcote en 2023 et 2024. Il est revenu en décote à 0,59 % en 2025, puis à 1,29 % en juin 2026. Aujourd'hui, 66 % des SCPI de l'échantillon sont en décote, contre 56,2 % au point bas de 2024.

Ce redressement doit beaucoup aux baisses de prix de la rentrée. Fin août, Amundi a baissé le prix de Génépierre (-15 %), d'Edissimmo (-12,8 %) et de Rivoli Avenir Patrimoine (-11 %). Sofidy a suivi le 1er septembre avec Efimmo 1 (-10,4 %). À prix inchangés, la décote moyenne serait restée à 0,66 %. Le marché se rééquilibre donc surtout par l'ajustement des prix, et beaucoup moins par la reprise des valorisations.

Un marché à trois vitesses

La moyenne cache de fortes disparités. L'écart entre le secteur le mieux valorisé et les bureaux atteint 32 points. C'est du jamais vu depuis 2018.

Le résidentiel, les SCPI diversifiées et la logistique restent au-dessus de leur niveau de 2018. Les diversifiées atteignent même leur plus haut niveau de la période en juin 2026. Elles affichent aussi la décote la plus élevée du panel, à 3,09 %.

Les commerces, la santé et l'hôtellerie se sont stabilisés entre 3 et 9 points sous leur niveau de départ.

Les bureaux ont perdu plus de 20 % depuis 2018 et continuent de baisser. Leur surcote moyenne recule à 1,67 %, mais seulement grâce aux baisses de prix de part. Sans elles, elle ressortirait à 4,62 %.

Le choix du secteur pèse donc plus que jamais sur un placement en SCPI. C'est l'un des premiers points à vérifier, comme l'explique notre guide pour réussir son investissement en SCPI.

Les SCPI européennes résistent mieux

L'étude compare aussi les SCPI françaises et européennes. Les deux courbes se suivaient jusqu'en 2022. Elles se séparent depuis 2023.

Les SCPI européennes se stabilisent dès 2024 autour de 94,7 et remontent légèrement, à 94,84 en juin 2026. Les SCPI françaises continuent de reculer, jusqu'à 87,87. L'écart atteint près de 7 points, alors qu'il était quasi nul en 2022.

Deux raisons l'expliquent. Les SCPI européennes investissent sur des marchés dont les cycles ne suivent pas celui de la France. Elles sont aussi plus récentes et ont souvent acheté leurs immeubles après la remontée des taux, à des prix déjà ajustés.

C'est le cas de Transitions Europe (Arkéa REIM, lancée en 2022), de Comète (Alderan, lancée fin 2023) ou de Reason (MNK Partners, lancée en 2024). Au 30 juin 2026, toutes les trois affichent un prix de part inférieur à leur valeur de reconstitution. Comme toute SCPI investie en partie hors zone euro, elles exposent aussi à un risque de change.

Les décotes et surcotes extrêmes

Perial Opportunités Territoires affiche la plus forte décote de l'échantillon, à 9,91 %, devant Linaclub à 9,72 %. Ces deux SCPI frôlent le seuil de 10 % au-delà duquel la société de gestion doit revaloriser son prix de part. Le haut du classement est dominé par des SCPI récentes, qui n'ont pas eu à absorber d'acquisitions faites au sommet du cycle.

À l'inverse, Notapierre affiche la surcote la plus forte, à 9,90 %, suivie de Novaxia Néo à 9,20 %. Les surcotes concernent surtout des SCPI plus anciennes, dont le prix n'a pas encore intégré toute la baisse des valorisations. Cette année, aucune SCPI à capital variable de l'échantillon ne sort du tunnel des 10 %.

Une surcote signifie qu'un nouvel investisseur paie sa part plus cher que la valeur du patrimoine. Si l'écart se creuse, les demandes de retrait peuvent augmenter et le prix finit souvent par être ajusté. La décote ou la surcote reste un critère parmi d'autres. Le classement des meilleures SCPI les compare aussi sur le rendement, la diversification et la gestion.

Pourquoi une SCPI baisse son prix de part

Une baisse de prix n'est pas qu'une mauvaise nouvelle pour les nouveaux entrants.

Prenons une SCPI qui verse 8 € de dividende par an pour une part à 200 €, soit 4 % de rendement. Si elle baisse son prix à 180 € et maintient son dividende, le rendement passe à 4,44 % pour les nouveaux investisseurs. Le simulateur SCPI permet d'estimer les revenus d'un placement selon le budget et la durée.

Ce que l'investisseur peut en retenir

La décote est un indicateur utile, mais elle ne suffit pas pour choisir une SCPI. L'endettement, la diversification par secteur et par pays, la société de gestion et la capacité à collecter comptent tout autant. La collecte nette du premier semestre 2026 atteint 2,2 milliards d'euros. Elle reste très concentrée, puisque les dix premières SCPI ont capté 71 % de la collecte du deuxième trimestre.

Une SCPI s'envisage sur le long terme, avec une durée minimum recommandée de 8 à 9 ans. La publication des valeurs de reconstitution de fin 2026 dira si la remontée de la décote se confirme.

Les SCPI sont des placements à long terme. Ils comportent un risque de perte en capital et un risque de liquidité, et les revenus ne sont pas garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.

Photo : Hugo Sykes / Pexels

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L'assistant choisi lit la page publique et en fait la synthèse. Pour le détail et les chiffres exacts, l'article fait foi.

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