Frais de notaire : la remise de 20 % au-delà de 100 000 euros que peu d'acheteurs demandent
Homunity affiche 9,2 % de taux moyen, mais 46 % du capital encore dû a plus de six mois de retard
Avis Homunity : la plateforme de crowdfunding immobilier promet un taux de 9 à 12 % par investissement, mais près de la moitié des sommes prêtées aux promoteurs accuse plus de six mois de retard. Homunity reste fiable, le rendement réel, le risque de défaut aussi.
Par Cyril K.
Publié le · Mis à jour le

Mis à jour en octobre 2026 : taux de retard et de défaut d'Homunity, offre de crowdfunding, SCPI et PEA-PME, durée moyenne d'investissement, frais, fiscalité et exemple d'investissement immobilier sur dix projets.
Sommaire
Notre avis sur Homunity en bref
Homunity est une plateforme de crowdfunding immobilier en ligne, créée en 2014 et filiale du groupe Tikehau Capital depuis 2019. Elle propose d'investir dans des opérations de promoteurs immobiliers par des obligations, sur une durée de 12 à 24 mois, avec un montant minimum de 1 000 € par projet, sans frais pour l'investisseur. L'offre inclut aussi des SCPI et un accès au PEA-PME sur certaines opérations.
Notre avis tient en trois constats. Le taux moyen servi depuis 2016 est élevé : 9,20 % par an selon la plateforme. Le volume de retards l'est aussi, et il a grimpé avec la crise de la promotion immobilière ouverte en 2022. Enfin, aucune perte définitive n'a encore été juridiquement constatée, mais 51 projets sont entre les mains d'un tribunal, ce qui rend ce bilan fragile.
La plateforme convient à un investisseur qui place une petite part de son patrimoine, accepte d'attendre deux ou trois ans de plus que prévu et diversifie sur au moins dix opérations. Elle ne convient pas à une épargne de précaution, ni à un ménage qui compte sur ces intérêts pour vivre.
- Points forts : historique long, adossement à un grand groupe financier, taux de rendement élevé, frais nuls côté investisseur, statistiques publiées.
- Points faibles : retards massifs depuis 2023, faillites de promoteurs en hausse, liquidité nulle, service client jugé lent par une partie des clients.
- Pour qui : un profil dynamique, déjà investi en livret, assurance vie et actions, qui cherche à diversifier avec de l'argent dont il n'aura pas besoin avant cinq ans.
Homunity est une plateforme de crowdfunding immobilier : qui est derrière ?
Homunity naît en 2014 dans l'incubateur de Grenoble École de Management. Ses trois cofondateurs, Quentin Romet, Arnaud de Vergie et Charles Teytaud, partent d'une idée simple : ouvrir aux particuliers le financement des opérations de promotion, jusqu'ici réservé aux banques et aux fonds. Quentin Romet dirige toujours la société en 2026.
Le tournant date de janvier 2019. Credit.fr, filiale de Tikehau Capital spécialisée dans le prêt aux PME, rachète Homunity. Le groupe Tikehau Capital, société de gestion cotée à la bourse de Paris, gère plusieurs dizaines de milliards d'actifs. En août 2019, il lance le Tikehau Homunity Fund, un fonds qui finance des opérations déjà analysées par la plateforme.
Ce rachat pèse dans un avis Homunity, car il change la nature de l'investissement. Un acteur adossé à un groupe financier coté dispose de moyens juridiques et d'une équipe de recouvrement qu'une petite plateforme n'a pas. Il ne garantit pas le capital pour autant : l'investisseur prête au promoteur, pas à Tikehau.
Une offre qui dépasse le crowdfunding
Le cœur de métier reste la plateforme de financement participatif immobilier. Autour de lui, Homunity propose aujourd'hui plusieurs supports :
- Crowdfunding immobilier : obligations émises par des promoteurs, durée de 12 à 24 mois annoncée, rendement cible de 9 à 12 % par an.
- Immobilier fractionné : parts d'un bien loué, loyers versés chaque trimestre, rendement cible de 5 à 7 % par an.
- SCPI : une sélection de sociétés civiles de placement immobilier, avec un ticket plus élevé.
- Homunity Vie : un contrat d'assurance vie assuré par Suravenir, qui loge des SCPI et des fonds.
Le site présente aussi une offre d'investissement locatif clé en main, à partir de 80 000 €. Cette largeur de gamme rapproche Homunity d'un conseiller en gestion de patrimoine numérique. Elle sert aussi à garder l'argent des membres quand les projets de promotion se font rares.
Homunity est-elle fiable ? Agrément, statut et transparence
Sur le plan réglementaire, Homunity coche les cases. La société est agréée par l'AMF comme prestataire de services de financement participatif (PSFP) sous le numéro FP-2023-31, au titre du règlement européen 2020/1503. Elle est aussi immatriculée comme conseiller en investissements financiers et couverte par une assurance de responsabilité civile professionnelle.
Cet agrément n'est pas un détail. Depuis le 10 novembre 2023, seules les plateformes agréées selon le règlement européen peuvent proposer au public des titres ou des prêts rémunérés. L'ORIAS n'immatricule plus que les intermédiaires de dons et de prêts gratuits. Une plateforme qui se dit « immatriculée ORIAS » pour vendre des obligations n'est donc pas en règle.
Pour vérifier, deux registres font foi : la liste des PSFP agréés sur le site de l'AMF et le registre européen de l'ESMA. Homunity y figure. Une offre qui passe par une société absente de ces listes doit être écartée, quel que soit le taux affiché.
Ce que le règlement européen impose à l'investisseur
L'agrément PSFP s'accompagne de protections que l'investisseur voit dès l'inscription. L'AMF les résume dans son dépliant sur la finance participative :
- Test de connaissances : un questionnaire obligatoire pour tout investisseur non averti, avant la première souscription.
- Simulation de capacité à supporter des pertes : la plateforme calcule ce que vous pouvez perdre sans mettre votre situation en danger, à partir de vos ressources et de votre patrimoine.
- Délai de réflexion de 4 jours : après une offre, l'investisseur non averti peut se rétracter sans motif ni pénalité.
- Avertissement au-delà de 1 000 € ou de 5 % du patrimoine net : la plateforme doit vous mettre en garde et obtenir votre accord explicite.
Ces règles ne protègent pas contre le défaut d'un promoteur. Elles garantissent seulement que l'information a été fournie et comprise. La fiche de chaque projet doit d'ailleurs comporter une fiche d'informations clés, dont la lecture prend dix minutes et évite bien des surprises.
La transparence des statistiques
Homunity publie ses indicateurs réglementaires sur son site, comme l'exigent l'AMF et l'association Financement Participatif France, dont elle est membre. La dernière mise à jour consultée date du 10 juillet 2026. C'est un bon point : plusieurs concurrents ne publient que leurs projets remboursés.
Il faut toutefois lire ces chiffres jusqu'au bout. Le « taux de défaut » dont se prévalent certaines plateformes ne compte que les pertes juridiquement actées. Tant qu'un redressement judiciaire n'est pas clos, la perte n'existe pas sur le papier, même si le remboursement paraît compromis.
Le bilan d'Homunity à l'été 2026
Les indicateurs publiés par Homunity au 10 juillet 2026 donnent une image complète de la plateforme depuis sa création. Les montants ci-dessous sont repris de cette publication, sans retraitement.
| Indicateur | Valeur au 10/07/2026 |
|---|---|
| Projets financés depuis la création | 667 |
| Montant total financé | 864,3 M€ |
| Projets entièrement remboursés | 369 |
| Capital rendu aux investisseurs | 394,6 M€ |
| Intérêts versés | 82,5 M€ |
| Capital restant dû | 469,6 M€ |
| Retard de plus de six mois | 217,6 M€, 124 projets (46,33 % du capital restant dû) |
| Procédures collectives | 91,4 M€, 51 projets (19,46 % du capital restant dû) |
| Pertes définitives constatées | 0 euro |
| Taux moyen pondéré depuis 2016 | 9,20 % par an |
| TRI net de risque | 5,80 % (coût du risque : 2,90 %) |
| Durée moyenne des opérations | 22,19 mois |
Trois lectures s'imposent. La première : plus de la moitié du montant financé a déjà été remboursée ou est en cours normal, ce qui fait d'Homunity l'un des acteurs les plus éprouvés du marché. La deuxième : près d'un euro sur deux encore dû a dépassé l'échéance de plus de six mois. La troisième : le TRI net de risque de 5,80 %, calculé par la plateforme elle-même, est bien inférieur au taux affiché.
Le TRI net de risque, l'indicateur à regarder en premier
Le taux d'intérêt affiché sur une fiche projet est un taux brut. Le TRI net retranche le coût estimé des retards et des pertes probables. Homunity le chiffre à 5,80 % par an, pour un coût du risque de 2,90 points. C'est ce chiffre qui doit servir de point de comparaison avec une SCPI, un fonds en euros ou un livret.
À 5,80 %, le crowdfunding immobilier d'Homunity rapporte encore plus qu'un livret A à 1,7 % ou qu'un fonds en euros. L'écart justifie-t-il le risque de perte en capital et l'absence totale de liquidité ? La réponse dépend de votre horizon de placement et de votre capacité à oublier cet argent pendant plusieurs années.
Ce TRI reste une estimation prudente. Il intègre une hypothèse de récupération sur les dossiers en faillite, que personne ne peut garantir. Un investisseur prudent retiendra une fourchette, avec un scénario où une partie des projets en redressement judiciaire ne rembourse qu'une fraction de la mise.
Quel rendement avec Homunity ?
Le taux de rendement brut des projets de crowdfunding varie selon la date de collecte. Le taux moyen pondéré depuis 2016 s'établit à 9,20 % par an. Les projets ouverts en 2026 servent en moyenne 10,86 %, un niveau plus élevé qui traduit un marché plus tendu : les promoteurs paient plus cher un argent que les banques leur prêtent moins.
Un taux élevé n'est pas une bonne nouvelle en soi. Il rémunère un danger supérieur. Quand un promoteur accepte de payer 11 % ou 12 % sur 18 mois, c'est souvent que son plan de financement repose sur des préventes encore incertaines ou sur une marge serrée.
Comment se forme le taux d'un projet
Plusieurs paramètres expliquent l'écart d'un projet à l'autre :
- Le type d'opération : un immeuble de logements en VEFA, une opération de marchand de biens, un bureau ou un local d'activité ne présentent pas le même profil.
- Le taux de précommercialisation : un programme vendu à 60 % sur plan est plus solide qu'un programme qui n'a pas encore ouvert sa commercialisation.
- Les garanties : hypothèque de premier rang, caution personnelle du dirigeant, fiducie ou nantissement n'ont pas la même valeur en cas de défaut.
- Le rang de la dette : la dette senior est remboursée avant la dette mezzanine, qui paie plus mais récupère moins.
Homunity indique rejeter la grande majorité des dossiers reçus. Ce filtre de sélection n'a pas empêché la vague de retards : la crise de 2022 à 2024 a frappé des projets bien notés au départ, faute d'acheteurs et sous l'effet de la hausse des coûts de construction.
Le rendement réel d'un portefeuille
Un investisseur ne touche jamais le taux affiché sur l'ensemble de son portefeuille. Une partie de son argent attend sur le compte entre deux projets, une autre dort dans un dossier en retard qui ne verse plus rien. Le rendement effectif d'un compte diversifié se situe donc, d'après les propres chiffres de la plateforme, plus près du TRI net que du taux brut.
Cas pratique : 10 000 € répartis sur dix projets
Prenons un ménage qui place 10 000 € sur Homunity, à raison de 1 000 € sur dix opérations différentes, au taux brut moyen de 10 % par an sur 24 mois. Les chiffres qui suivent sont une simulation pédagogique, pas un témoignage.
- Scénario favorable : les dix projets remboursent à l'heure. Les intérêts bruts atteignent 2 000 € sur deux ans. Après prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, il reste 1 372 € nets, soit un rendement net d'environ 6,9 % par an.
- Scénario intermédiaire : sept projets remboursent à l'heure, deux avec un an de retard, un en redressement judiciaire qui rend 70 % du capital trois ans plus tard. Le gain net fond, et la durée moyenne s'allonge d'au moins un an.
- Scénario dégradé : trois projets passent en redressement judiciaire, dont un en liquidation sans remboursement. La perte de 1 000 € efface une grande partie des intérêts des sept autres.
Cet exemple d'investissement montre deux choses. La diversification sur dix projets au minimum limite l'effet d'un seul défaut. Et la fiscalité à 31,4 % pèse lourd : un taux brut de 10 % devient moins de 7 % net avant tout incident.
Pour comparer, le même ménage qui place 10 000 € dans une SCPI de rendement supporte des frais d'entrée, mais garde une possibilité de revente des parts. Notre article sur le choix entre SCPI et crowdfunding immobilier détaille les deux logiques.
Quels sont les risques d'investir avec Homunity ?
Le crowdfunding immobilier est un investissement à risque élevé. La plateforme le rappelle sur chaque page : capital non garanti, risque de liquidité, risque de retard. Les chiffres de 2026 donnent à ces mentions un contenu très concret.
Le risque de retard
C'est le risque le plus fréquent. Un promoteur qui vend moins vite que prévu repousse le remboursement de son emprunt obligataire. Le contrat prévoit souvent une prorogation de six à douze mois. Au-delà, le projet bascule en retard. Chez Homunity, 124 projets étaient dans ce cas à l'été 2026, pour 217,6 M€.
Pendant un retard, les intérêts continuent en principe de courir, parfois majorés d'intérêts de retard. Ils ne sont payés qu'au remboursement final. L'investisseur ne perd donc pas forcément d'argent, mais il en perd la disponibilité, parfois pendant plusieurs années.
Le risque de perte en capital
Quand un promoteur n'arrive plus à faire face, il demande la protection du tribunal : sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation. Homunity comptait 51 projets dans cette situation à l'été 2026, pour 91,4 M€. L'issue dépend des sûretés, de la valeur des actifs et du rang des créanciers.
La plateforme n'affiche aucune perte définitive. Cette mention signifie qu'aucun dossier judiciaire n'est clos avec un remboursement partiel. Elle ne signifie pas que tous les investisseurs récupéreront leur mise. Le coût du risque de 2,90 points, intégré au TRI net, montre que la plateforme elle-même anticipe des pertes.
Le risque de liquidité
Une obligation de crowdfunding ne se revend pas. Il n'existe pas de marché secondaire actif chez Homunity pour les projets de promotion. L'argent investi reste bloqué jusqu'au remboursement, quelle que soit votre situation personnelle. Ce point distingue nettement le crowdfunding d'une SCPI ou d'un contrat d'assurance vie.
Le risque de concentration
Investir trop sur un seul promoteur, une seule région ou un seul type d'opération amplifie chacun des dangers précédents. Un même groupe de promotion peut lever des fonds pour plusieurs programmes : s'il tombe, plusieurs positions de votre portefeuille tombent avec lui.
Homunity face au marché du crowdfunding immobilier en France
Les difficultés d'Homunity ne sont pas isolées. Le baromètre 2025 du crowdfunding immobilier publié en mars 2026 par Forvis Mazars et France FinTech recense 845 M€ collectés pour 1 004 projets immobiliers sur l'année. Il chiffre aussi la dégradation : entre 25 et 30 % des projets du marché ont plus de six mois de retard, et 20 à 25 % sont en redressement ou en liquidation, contre 6 à 8 % en 2024.
Rapportée à ces moyennes, la proportion d'Homunity devant un tribunal, 19,46 % du capital restant dû, se situe dans le bas de la fourchette du marché. Sa part de retards, en revanche, est plus élevée que la moyenne. La comparaison reste délicate, car chaque plateforme calcule ses ratios sur une base différente : nombre de projets, montant financé ou capital restant.
Le contexte explique la vague. La hausse des taux de 2022 a fait chuter les ventes de logements neufs, renchéri le crédit des acheteurs et allongé les délais de commercialisation. Les promoteurs les plus fragiles, souvent ceux qui finançaient leurs fonds propres par le crowdfunding, ont été les premiers touchés.
Ce qui distingue Homunity de ses concurrents
Face aux autres plateformes, Homunity se distingue par quatre éléments :
- L'ancienneté : douze ans d'historique et plus de 360 projets remboursés, ce qui donne du recul sur le cycle complet.
- L'adossement : l'appartenance au groupe Tikehau Capital, qui apporte des moyens de suivi et de recouvrement.
- La gamme : SCPI, immobilier fractionné et assurance vie permettent de diversifier sans changer d'interlocuteur.
- Le volume de retards : en valeur absolue, il est l'un des plus importants du marché, conséquence directe de la taille de la plateforme.
Frais, fiscalité et enveloppes : ce que vous payez vraiment
Côté frais, Homunity est simple : aucun frais d'entrée, de sortie ni de gestion pour l'investisseur en crowdfunding. La plateforme se rémunère par une commission prélevée sur le promoteur. Des frais d'avocat peuvent toutefois être imputés en cas de contentieux, ce qui réduit le montant récupéré sur un dossier difficile.
La fiscalité des intérêts en 2026
Les intérêts d'obligations relèvent de la fiscalité des produits de placement. Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, les prélèvements sociaux sur ces revenus passent à 18,6 %, selon la fiche F2329 de service-public. Avec l'impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 12,8 %, le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 %.
L'option pour le barème progressif reste ouverte. Elle intéresse les foyers peu ou pas imposables, et une partie de la CSG devient alors déductible. Cette option est globale : elle s'applique à tous les intérêts et dividendes du foyer pour l'année, pas seulement aux intérêts de crowdfunding.
PEA-PME et assurance vie : quelles enveloppes ?
Homunity a ouvert par le passé, avec Boursorama, la possibilité de loger certaines opérations dans un PEA-PME. Les obligations de la plupart des projets de promotion actuels ne sont pas éligibles au PEA ni au PEA-PME, d'après les fiches consultées en 2026 : l'éligibilité se vérifie offre par offre, dans la documentation du projet.
Le contrat Homunity Vie, assuré par Suravenir, ne loge pas les obligations de crowdfunding. Il sert à détenir des SCPI et des fonds dans le cadre fiscal de l'assurance vie, dont les prélèvements sociaux restent à 17,2 %. Pour arbitrer entre ces deux supports, notre dossier SCPI ou assurance vie compare les règles.
Les avis des investisseurs : ce qui revient le plus
Les avis publiés sur Homunity sont partagés. Sur Trustpilot, la note s'établissait à 2,3 sur 5 à l'été 2026, pour 322 avis. Les commentaires négatifs portent presque tous sur deux sujets : les retards de remboursement et la qualité des réponses du service client.
Les avis positifs viennent surtout d'investisseurs arrivés tôt, qui ont vu plusieurs projets remboursés avec intérêts. Les plus critiques ont souvent investi en 2021 et 2022, au sommet du marché, et attendent leur remboursement depuis plus de deux ans. La note reflète donc autant le calendrier d'entrée que la qualité de la plateforme.
Le service client et le support
Le reproche le plus fréquent vise le support : réponses automatisées, délais de traitement, informations jugées trop générales sur les dossiers en retard. Une partie des investisseurs attend des nouvelles régulières, chiffrées, sur l'avancement des ventes et des dossiers judiciaires. Les points d'étape publiés par la plateforme restent parfois succincts.
Pour obtenir une réponse utile, mieux vaut un message précis plutôt qu'une relance générale. Un modèle qui fonctionne :
Bonjour, je suis investisseur sur le projet [nom], souscrit le [date] pour [montant] euros. Pourriez-vous m'indiquer le taux de commercialisation actuel, la nouvelle date de remboursement prévue et, le cas échéant, l'état du dossier judiciaire ? Merci de votre réponse.
Un mail de ce type, envoyé par la messagerie de l'espace client, laisse une trace écrite. Si la réponse tarde au-delà de deux mois, un recours auprès du médiateur de l'AMF reste possible pour un litige portant sur l'information fournie.
Ce que valent les forums
Les fils de discussion entre investisseurs, sur les communautés d'épargnants ou les réseaux sociaux, apportent une information de terrain. On y trouve des messages qui commencent par un simple « Bonjour, quelqu'un a des nouvelles du projet... ? » et qui finissent en tableaux de suivi partagés. Ces échanges sont utiles pour repérer un dossier qui dérape. Ils reflètent aussi, par nature, l'expérience des mécontents plus que celle des clients satisfaits.
Comment investir avec Homunity ?
L'ouverture d'un compte d'investissement se fait sur le site en quelques étapes, identiques pour tous les particuliers :
- Inscription : création du compte avec une adresse mail, puis vérification d'identité.
- Profil : réponse au test de connaissances et simulation de la capacité à supporter des pertes.
- Sélection : lecture de la fiche du projet, de la fiche d'informations clés et des sûretés.
- Souscription : choix du montant, à partir de 1 000 €, et virement des fonds.
Le délai de réflexion de quatre jours court ensuite pour un investisseur non averti. Les intérêts sont généralement versés à l'échéance, en une fois avec le capital. Certains projets prévoient des coupons intermédiaires : la fiche le précise.
Les questions à se poser avant chaque souscription
Une fiche projet contient beaucoup d'informations. Les points qui comptent le plus, au vu des dossiers en difficulté :
- Le promoteur : son historique, ses opérations livrées, sa situation financière et le montant de ses fonds propres dans l'opération.
- La commercialisation : le taux de préventes réelles, pas seulement les réservations.
- Les garanties : leur nature, leur rang, et ce qu'elles valent si le marché local baisse.
- La durée : une échéance de 12 mois sur un programme de 80 logements à peine lancé est rarement tenue.
Ces critères ne suppriment pas l'aléa de l'investissement, et aucun ne dispense de diversifier avant d'investir davantage. Ils évitent les projets dont la promesse de taux masque un plan de financement trop tendu.
Quels sont les inconvénients d'Homunity ?
Le premier inconvénient de cet investissement est structurel : l'argent est bloqué, sans sortie anticipée, pour une durée qui dépasse souvent celle annoncée. Un investissement prévu sur 18 mois peut en durer 36 ou 48. Pour un placement à court terme, ce n'est pas le bon support.
Le deuxième tient au moment. En 2026, la plateforme gère un stock important de dossiers anciens en retard. Les équipes de suivi y consacrent une grande partie de leur temps, ce qui se ressent dans la disponibilité du service client.
Le troisième est fiscal : à 31,4 % de prélèvement forfaitaire, le crowdfunding est plus taxé qu'une SCPI logée en assurance vie après huit ans. Le quatrième, enfin, concerne l'information : les ratios publiés sont complets, mais leur définition varie d'une plateforme à l'autre, ce qui complique la comparaison.
Pour une autre lecture de l'homunity avis, centrée sur l'expérience de suivi d'un portefeuille, plusieurs comparatifs détaillent projet par projet le calendrier des remboursements. Croiser ces sources avec les indicateurs officiels de la plateforme reste la meilleure façon de se faire une idée.
Quelle place donner à Homunity dans un patrimoine ?
Un conseiller en gestion de patrimoine recommande rarement plus de 5 à 10 % d'un patrimoine financier en crowdfunding immobilier. Ce seuil n'est pas réglementaire, mais il correspond à la logique du règlement européen, qui alerte au-delà de 5 % du patrimoine net. Un actif illiquide et risqué ne doit pas menacer l'équilibre du foyer s'il tourne mal.
Dans une stratégie d'investissement, le crowdfunding se place après l'épargne de précaution, sur livret, et après les supports de long terme que sont l'assurance vie, le PEA ou le plan d'épargne retraite. Il vient en diversification, aux côtés de placements immobiliers plus liquides comme les SCPI. Pour mesurer ce que rapporte ce dernier support, notre guide pour évaluer la rentabilité d'une SCPI détaille les indicateurs.
Trois profils, trois réponses
- L'épargnant prudent, dont l'épargne tient sur un livret et un fonds en euros : Homunity n'est pas adapté, la perte en capital et le blocage des fonds dépassent ce qu'il peut supporter.
- L'investisseur diversifié, déjà présent en actions et en immobilier : une poche de quelques milliers d'euros, répartie sur dix projets au moins, a du sens.
- Le préparateur de retraite, qui cherche des versements réguliers : les SCPI ou l'immobilier fractionné de la plateforme répondent mieux à son besoin que le crowdfunding, dont les intérêts tombent à l'échéance. Pour lui, l'investissement en crowdfunding reste un complément, jamais le socle de sa stratégie.
Crowdlending, SCPI, immobilier fractionné : quel investissement choisir chez Homunity ?
La plateforme propose désormais plusieurs produits, et chacun répond à un objectif d'investissement différent. Le crowdlending immobilier, c'est-à-dire le prêt aux promoteurs par obligations, vise le rendement le plus élevé sur une période courte. L'immobilier fractionné et les SCPI visent un loyer régulier sur une durée longue. Mélanger les deux sans stratégie revient à confondre un placement de trésorerie risqué et un investissement patrimonial.
Le crowdlending convient à un investisseur qui accepte de suivre ses projets, de lire les points d'étape et de laisser son argent immobilisé. Les SCPI sont plus accessibles à un épargnant qui veut déléguer : la société de gestion s'occupe des locataires, des bureaux, des commerces et des travaux. L'immobilier fractionné se situe entre les deux, avec un ticket accessible et une exposition à un seul bien.
Le crowdlending immobilier, produit phare
Le crowdlending reste la référence de la maison. Chaque opération est présentée par une fiche, un document d'information et une analyse du porteur de projet. Le porteur est généralement une entreprise de promotion qui cherche à financer une partie de ses fonds propres, en attendant le crédit bancaire ou les premières ventes. Le montant de l'investissement initial par projet commence à 1 000, et le nombre de projets ouverts chaque mois varie selon le secteur.
La sélection repose sur plusieurs critères : solidité financière du porteur, expérience sur des opérations comparables, emplacement, taux de précommercialisation, garanties. Un projet présenté comme solide au départ peut malheureusement se dégrader en cours de route, comme l'ont montré les dossiers ouverts en 2021 et 2022.
Les SCPI et l'assurance vie, pour un investissement de long terme
Pour un investissement de long terme, la sélection de SCPI disponible sur Homunity offre une solution plus diversifiée : chaque SCPI détient des dizaines d'immeubles, loués à de nombreuses entreprises. Le classement des meilleures SCPI change chaque année, et un top 10 publié en début d'année ne garantit rien pour la suivante. Notre rubrique consacrée aux SCPI suit ces évolutions.
L'assurance vie Homunity Vie permet également de loger ces parts dans une enveloppe fiscale plus douce. D'autres courtiers, comme Linxea, proposent des contrats comparables : la comparaison porte sur les frais, le nombre de supports et la qualité du conseil.
Parrainage, bonus et communication commerciale
Comme beaucoup de plateformes, Homunity a recours au parrainage : un bonus de bienvenue peut être proposé au nouveau membre et à son parrain. Ce type d'opération commerciale ne doit jamais décider d'un investissement. Un bonus de quelques dizaines d'unités ne compense pas un mauvais choix de projet.
La communication de la plateforme met en avant les taux et les remboursements. Le reporting sur les dossiers en difficulté est plus discret. Cette présentation est classique dans le secteur, mais elle impose à l'investisseur de chercher lui-même l'information complète, dans les statistiques officielles et les points d'étape.
Notre méthode pour réaliser cet avis
Cet article repose sur les documents publics de la plateforme, sur les indicateurs réglementaires mis à jour à l'été 2026 et sur les registres officiels de l'AMF. Nous avons également lu les commentaires d'investisseurs publiés sur internet, en gardant à l'esprit qu'ils constituent un échantillon partiel. Aucun partenariat commercial ne nous lie à Homunity, et aucun partenariat ne conditionne le contenu de cet avis.
Pour mesurer la solidité d'une plateforme de crowdfunding, nous retenons cinq éléments : l'agrément, l'historique de remboursement, la transparence des ratios, la qualité de la sélection et la réactivité face aux défauts. Sur ces critères, Homunity se classe globalement parmi les acteurs les plus sérieux du marché, avec une réserve nette sur le volume de retards en cours.
Ce qu'un expert regarde en premier
Un expert du sujet commence rarement par le taux. Il regarde la solidité du promoteur, la part de fonds propres qu'il apporte lui-même, la nature des garanties et le calendrier réaliste des ventes. La présentation commerciale d'un projet semble souvent rassurante ; l'analyse des conditions du prêt l'est moins.
Un conseil en gestion de patrimoine personnalisé peut aider à fixer la part de crowdfunding adaptée à votre situation. Une banque privée ou un conseiller indépendant fera ce travail à partir de vos ressources, de vos projets et de votre fiscalité. Cette démarche coûte du temps, mais elle évite d'investir au-delà de ce que vous pouvez perdre.
Trois réflexes qui coûtent cher sur une plateforme de prêt aux promoteurs
- Tout miser sur les taux les plus élevés : ce sont souvent les projets les plus risqués, et la recherche du meilleur rendement mène aux dossiers les plus fragiles.
- Réinvestir chaque remboursement sans réfléchir : la période de collecte n'est pas toujours la bonne, et la prudence impose parfois d'attendre de nouveaux projets plus solides.
- Ignorer la fiscalité : un gain brut séduisant devient beaucoup moins attractif après prélèvements, surtout pour un foyer déjà fortement imposé.
Ce critère est particulièrement utile avant un premier investissement, et il ne coûte qu'un message commençant par « Bonjour » et finissant par « merci ». Un dernier point de confiance : une plateforme qui répond clairement à une demande d'information sur un dossier en retard mérite plus de crédit qu'une plateforme qui ne communique que sur ses succès. Avant de découvrir les projets en cours, prenez le temps d'écrire au support. La qualité de la réponse est une bonne mesure de ce qui vous attend.
Homunity vaut-il encore le coup en 2026 ?
Notre avis sur Homunity est nuancé. La plateforme est sérieuse, agréée, transparente sur ses chiffres et adossée à un groupe solide. Elle a remboursé près de 395 M€ de capital et versé plus de 82 millions d'intérêts. Peu d'acteurs du crowdfunding immobilier en France peuvent en dire autant.
Elle traverse aussi la crise de la promotion avec un stock de retards et de faillites de promoteurs qui pèse sur l'expérience des investisseurs. Le TRI net de risque de 5,80 %, calculé par la plateforme, dit mieux que le taux affiché ce que l'on peut raisonnablement espérer.
Pour un investisseur qui comprend le risque, diversifie son investissement et accepte d'immobiliser son argent plusieurs années, Homunity reste une opportunité à étudier. Pour tous les autres, le rendement affiché ne compense pas la perte possible. La meilleure stratégie consiste à commencer petit, sur quelques projets, et à juger la plateforme sur le temps long.












