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Incendie dans une maison : que couvre l'assurance et quelles démarches suivre ?
Pour l'assurance incendie, maison individuelle et appartement n'obéissent pas aux mêmes règles : aucune loi n'impose au propriétaire d'une maison hors copropriété de s'assurer, mais dès qu'un contrat existe, le sinistre se déclare sous 5 jours ouvrés et la garantie habitation fixe seule les dommages indemnisés.

Mis à jour en octobre 2026 : obligations d'assurance selon le statut de l'occupant, sous-assurance avec un calcul complet, pénalité liée au débroussaillement, délais d'indemnisation et cas des feux de forêt de l'été 2026.
Un incendie de maison se règle en trois temps : déclaration écrite à l'assureur dans le délai du contrat (jamais moins de 5 jours ouvrés), expertise des dégâts, puis indemnisation selon la valeur assurée. Le montant versé dépend surtout de deux réglages souscrits bien avant le sinistre : les capitaux déclarés et l'option valeur à neuf.
Sommaire
Qui doit assurer sa maison contre l'incendie ?
L'assurance incendie d'une maison n'est obligatoire que dans certains cas, et l'obligation dépend du statut de l'occupant, pas du type de construction. Le locataire doit couvrir les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux) dès l'entrée dans les lieux, en vertu de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, et remettre chaque année une attestation au bailleur. Le copropriétaire, occupant ou bailleur, doit souscrire au minimum une responsabilité civile qui couvre l'incendie et l'explosion. Le propriétaire d'une maison individuelle hors copropriété n'a, lui, aucune obligation légale, selon la fiche F21532 de Service-public : il reste pourtant civilement responsable si le feu parti de chez lui endommage la maison voisine.
Dans les faits, la quasi-totalité des propriétaires de maison souscrivent une multirisque habitation, et la banque l'exige presque toujours pour accorder un crédit immobilier. Le tableau compare la situation de chaque occupant.
| Occupant | Obligation légale | Ce que le contrat doit couvrir au minimum |
|---|---|---|
| Locataire | Oui (loi de 1989) | Risques locatifs : incendie, explosion, dégât des eaux |
| Copropriétaire occupant ou bailleur | Oui | Responsabilité civile incendie et explosion envers les tiers |
| Propriétaire d'une maison hors copropriété | Non | Rien d'imposé, responsabilité civile engagée en cas de propagation |
| Propriétaire bailleur ou logement vide | Oui en copropriété | Contrat propriétaire non occupant pour la vacance et le défaut d'entretien |
Pour une maison mise en location, l'assurance propriétaire non occupant prend le relais quand le logement est vide, quand le locataire n'est pas assuré ou quand le sinistre vient d'un défaut d'entretien du bâtiment.
Que couvre l'assurance incendie d'une maison ?
La garantie incendie d'une multirisque habitation indemnise d'abord les dommages matériels directs causés par le feu ou par une explosion : murs, charpente, toiture, menuiseries, installations fixes, mais aussi le mobilier, les vêtements et l'électroménager. Le Code des assurances encadre cette couverture aux articles L122-1 à L122-9, qui forment les règles propres à l'assurance contre l'incendie. Le contrat précise ensuite, ligne par ligne, ce qui entre ou non dans la garantie, et c'est ce document qui fait foi face à l'assureur.
Les extensions à vérifier dans le contrat
Plusieurs dommages ne sont couverts que si le contrat le prévoit, d'après Service-public :
- la foudre, la fumée, l'électricité et la chaleur, même sans flamme ;
- les dommages indirects causés par l'intervention des secours, par exemple une porte enfoncée ou des fenêtres brisées par les pompiers ;
- l'hébergement d'urgence puis les frais de relogement quand le logement est inhabitable, au forfait ou sur justificatifs, avec un plafond et une durée maximale ;
- les éléments extérieurs (arbres, clôtures, abri de jardin), souvent moyennant un supplément de prime ;
- les objets de valeur, assurés dans une limite propre à chaque formule.
Le contrat d'assurance habitation peut également prévoir une protection juridique, utile si la cause du feu oppose l'assuré à un voisin, à un artisan ou à un fabricant d'appareil défectueux. Une information souvent ignorée : l'absence de détecteur de fumée, pourtant obligatoire dans chaque logement depuis le 8 mars 2015, ne permet pas à l'assureur de refuser l'indemnisation d'un incendie.
Que faire dans les heures qui suivent un incendie ?
Après un incendie, la priorité reste la sécurité des occupants : quitter la maison, appeler le 18 ou le 112, et ne revenir à l'intérieur qu'avec l'accord des pompiers. Une fois le feu éteint, les premières démarches conditionnent l'indemnisation des semaines plus tard, car l'expert travaillera sur ce qui reste et sur les preuves réunies par le sinistré.
- Photographier et filmer chaque pièce avant tout nettoyage, plafonds et sols compris.
- Garder les objets brûlés ou endommagés, même inutilisables : ils servent de preuve tant que l'expert ne les a pas vus.
- Prendre les mesures conservatoires urgentes (bâchage de la toiture, coupure de l'eau et de l'électricité, fermeture provisoire des ouvertures) et conserver chaque facture.
- Demander le rapport d'intervention des secours, et déposer plainte si l'origine du sinistre paraît criminelle.
- Rassembler factures d'achat, relevés bancaires, garanties et photos antérieures au feu.
Les travaux de remise en état attendent l'accord écrit de l'assureur, sauf urgence : des travaux engagés sur un devis signé trop tôt peuvent ne pas être pris en charge par l'assurance. Les devis de réparation se demandent en revanche tout de suite, puisqu'ils accompagnent la déclaration de sinistre et accélèrent l'estimation.
Comment déclarer le sinistre incendie à l'assureur ?
La déclaration d'un sinistre incendie doit parvenir à l'assureur dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut jamais être inférieur à 5 jours ouvrés selon l'article L113-2 du Code des assurances. Le délai court à partir du jour où l'assuré a connaissance du sinistre, pas forcément de la date du feu (une résidence secondaire découverte brûlée plusieurs jours après, par exemple). Un retard n'entraîne la perte de la garantie que si l'assureur démontre que ce retard lui a causé un préjudice.
La déclaration se fait par téléphone, dans l'espace client en ligne, sur place ou par courrier, de préférence en recommandé avec accusé de réception pour garder une preuve de la date. Chaque assureur fixe ses propres modalités : il est donc essentiel de relire attentivement le contrat d’assurance de votre logement pour connaître les conditions de déclaration exigées, les pièces attendues et les coordonnées du service sinistres.
Le courrier de déclaration mentionne :
- le nom de l'assuré et le numéro du contrat ;
- la date, l'heure et le lieu du sinistre, sa cause présumée et son origine, intérieure ou extérieure à la maison ;
- la description des dégâts et un état estimatif des affaires détruites ou endommagées ;
- les dommages causés aux tiers et les coordonnées des victimes éventuelles.
Le locataire victime d'un incendie déclare le sinistre à son propre assureur, puis prévient le propriétaire. Lorsque le feu vient de chez un voisin, l'origine du sinistre extérieure au logement oriente le recours de l'assureur vers le responsable, sans retarder la prise en charge de l'assuré par sa compagnie d'assurance.
Expertise : comment se fixe le montant des dommages
L'expertise d'un sinistre incendie n'est pas obligatoire, mais l'assureur mandate presque toujours un expert dès que les dégâts dépassent quelques milliers d'euros. Cet expert visite la maison, recherche la cause du feu, vérifie que le sinistre entre dans la garantie et chiffre les dommages au bâtiment et au mobilier. Son rapport d'expertise sert de base à la proposition d'indemnisation de l'assurance : un inventaire préparé à l'avance, pièce par pièce, avec les factures et les photos, pèse lourd dans la discussion. L'expert examine également le gros oeuvre et les éléments d'ouvrage touchés par la chaleur ou l'eau des lances, des dommages parfois invisibles le premier jour.
Contester l'estimation de l'expert
Un désaccord sur l'estimation se règle d'abord à l'amiable. L'assuré peut faire appel à un expert d'assuré, qu'il rémunère en principe lui-même, sauf si le contrat prévoit une option de prise en charge de ces honoraires. Si les deux experts ne s'entendent pas, une tierce expertise, amiable ou judiciaire, départage les positions, et son coût est en général partagé. En dernier recours, le tribunal tranche : l'action contre l'assureur se prescrit par 2 ans à compter de l'événement.
Face à une offre nettement inférieure aux devis de reconstruction d'une maison, un expert d'assuré indépendant, rémunéré par le sinistré, relit le rapport de l'expert de la compagnie et chiffre les postes oubliés (embellissements, mise aux normes, frais de démolition) ; pour revoir ensuite les capitaux et les options d'un nouveau contrat, un courtier en assurances habitation compare les garanties de plusieurs compagnies. Ce conseil extérieur se justifie surtout quand l'écart porte sur le gros oeuvre. Le médiateur de l'assurance peut aussi être saisi gratuitement une fois la réclamation écrite rejetée par le service clients de l'assureur.
Comment être indemnisé après un incendie ?
L'indemnisation d'un incendie suit le principe indemnitaire : l'assurance replace l'assuré dans la situation d'avant le sinistre, sans l'enrichir. Trois paramètres du contrat déterminent le montant final : le mode de calcul de la valeur des affaires détruites, les montants assurés et la franchise laissée à la charge de l'assuré.
Valeur d'usage ou valeur à neuf
En valeur d'usage, l'assureur rembourse la valeur du mobilier au jour du sinistre, vétusté déduite : un canapé de dix ans ne vaut plus grand-chose. Avec l'option valeur à neuf, l'assureur verse d'abord cette valeur d'usage, puis un complément sur présentation des factures de remplacement ou de réparation, généralement dans un délai fixé par le contrat. Pour le bâtiment, l'expert estime le coût de reconstruction à l'identique, souvent avec un plafond de vétusté prévu au contrat. Conséquence directe : sans l'option valeur à neuf, le taux de vétusté retenu sur une cuisine équipée ou une chaudière de quinze ans peut absorber une large part de son coût de remplacement, d'où l'intérêt de la souscrire dès l'achat immobilier, avant tout sinistre.
La règle proportionnelle de capitaux, exemple chiffré
La sous-assurance réduit l'indemnité dans la même proportion que l'écart entre la somme déclarée et la valeur réelle (article L121-5 du Code des assurances). Service-public donne cet exemple : une valeur réelle de 100 000 euros, des capitaux assurés à 50 000 euros et des dommages de 40 000 euros ouvrent droit à 20 000 euros seulement.
Appliqué à une maison dont le mobilier vaut en réalité 80 000 euros, déclaré pour 60 000 euros de capitaux mobiliers, un incendie qui détruit pour 30 000 euros d'affaires donne une indemnité de 30 000 x 60 000 / 80 000, soit 22 500 euros avant toute retenue contractuelle. L'écart de 7 500 euros vient uniquement de capitaux sous-évalués à la souscription, d'où l'intérêt de réviser ces montants après chaque achat important ou des travaux d'agrandissement.
Retenue à la charge de l'assuré et débroussaillement
Une franchise contractuelle reste à la charge de l'assuré sur chaque sinistre. En zone exposée aux feux de forêt, l'article L122-8 du Code des assurances autorise en plus une franchise supplémentaire de 5 000 euros au plus lorsque le propriétaire n'a pas respecté ses obligations légales de débroussaillement autour de la maison.
Quels sont les délais d'indemnisation ?
Pour un incendie, la loi ne fixe pas de délai unique de versement : l'assureur doit indemniser dans un délai raisonnable. Selon Service-public, les contrats prévoient en général une indemnité provisionnelle dans les 2 mois qui suivent la remise de l'état estimatif des pertes ou la décision d'indemnisation, puis le solde dans un délai global d'environ 3 mois après la déclaration. Pour un petit sinistre en immeuble, dont la réparation ne dépasse pas 5 000 euros hors taxes, la convention IRSI désigne l'assureur habitation comme gestionnaire du dossier, ce qui évite d'attendre le règlement entre compagnies.
Assurance multirisque habitation, contrat incendie seul ou assurance professionnelle ?
La garantie incendie fait presque toujours partie d'une assurance multirisque habitation, qui regroupe dans un même contrat l'incendie, le dégât des eaux, le vol, les événements climatiques et la responsabilité civile. Une assurance incendie seule, sans les autres garanties, existe surtout pour un bâtiment vide, une grange ou une dépendance éloignée du logement principal : elle coûte moins cher, mais laisse l'assuré sans couverture pour le reste des dommages domestiques. Pour une résidence principale, l'assurance multirisque reste la formule la plus répandue chez les particuliers.
Une maison qui abrite aussi une activité professionnelle pose une question spécifique. Les locaux d'une entreprise, le stock, le matériel d'un artisan ou le cabinet d'un professionnel libéral installé à domicile relèvent d'une assurance multirisque professionnelle : l'assurance habitation d'un particulier exclut en général les dommages liés à l'activité. Déclarer cette activité à son assureur évite un refus de garantie après un incendie domestique parti de l'atelier ou du bureau.
Après un sinistre, l'assureur peut résilier le contrat d'assurance avec un préavis d'un mois, et l'assuré dispose alors lui-même d'un mois pour résilier ses autres contrats chez la même compagnie. Au-delà de la première année, la loi Hamon permet aussi de changer d'assurance habitation à tout moment ; le nouvel assureur effectue la démarche à la place de l'assuré lorsqu'il s'agit de l'assurance d'un locataire, pas pour un copropriétaire, qui résilie lui-même. Cette liste de règles vaut aussi pour une assurance auto ou une assurance moto, régies par le même Code.
Feu de forêt et maison : la garantie incendie, pas le régime catastrophe naturelle
Une maison détruite par un feu de forêt est indemnisée par la garantie incendie de l'assurance habitation, et non par le régime catastrophe naturelle : les feux de forêt restent assurables et n'entrent pas dans ce dispositif, qui vise notamment les inondations, la sécheresse ou les coulées de boue. Les délais propres aux arrêtés de catastrophe naturelle, avec une déclaration dans les 30 jours suivant la publication de l'arrêté au Journal officiel, ne s'appliquent donc pas, et les étapes d'une indemnisation catastrophe naturelle diffèrent de celles décrites ici.
L'été 2026 en a donné une illustration : le feu parti de Saumos le 22 juillet 2026 a parcouru 42 000 hectares en Gironde et détruit 183 habitations au Porge. Pour les sinistrés de Gironde, des Landes et du Var, les assureurs ont accepté des mesures exceptionnelles annoncées par le gouvernement, dont un délai de déclaration porté au 31 août 2026 au lieu des 5 jours ouvrés et une prise en charge du relogement jusqu'à 3 semaines, sans dépasser la durée d'interdiction d'accès à la résidence principale. Ces mesures ne valaient que pour ces départements et ces incendies.
En zone boisée, l'obligation de débroussaillement s'impose au propriétaire sur 50 mètres autour de la maison, distance que le maire peut porter à 100 mètres. Son non-respect expose à la retenue supplémentaire de l'article L122-8, en plus d'une amende.
Réduire le risque d'incendie dans une maison
La prévention du risque incendie dans une maison repose sur quelques obligations et sur l'entretien des équipements. Le détecteur avertisseur autonome de fumée, obligatoire dans chaque logement, se teste régulièrement et se remplace selon la durée de vie annoncée par le fabricant. Le ramonage des conduits de cheminée et de poêle a lieu au moins une fois tous les 12 mois depuis le décret du 20 juillet 2023, avec une attestation à conserver : l'assureur peut la demander après un feu de conduit.
Pour l'assurance comme pour la sécurité des occupants, l'origine d'un incendie domestique compte : l'installation électrique ancienne, les multiprises surchargées, les appareils de chauffage d'appoint et les bougies laissées sans surveillance figurent parmi les causes domestiques les plus citées par les pompiers. Le choix entre détecteurs, extincteurs et couvertures anti-feu se fait pièce par pièce, cuisine et garage en tête.
Avant de renouveler un contrat, trois vérifications limitent la mauvaise surprise après un sinistre : une valeur de mobilier à jour, l'option valeur à neuf sur le mobilier récent et un plafond de frais de relogement suffisant pour une maison inhabitable pendant plusieurs mois. Les tarifs et les conseils sur l'assurance emprunteur et habitation aident à comparer les garanties d'un contrat à l'autre.












