Frais de notaire sur un terrain : 7,5 à 8 % du prix, et 4 cas où la note baisse vraiment
Frais de notaire sur un terrain : 7,5 à 8 % du prix, et 4 cas où la note baisse vraiment
Pour un terrain à bâtir de 80 000 € acheté à un particulier, comptez de 6 000 à 6 400 € de frais de notaire selon le département. Les trois quarts partent en droits de mutation. Et la note chute nettement quand le vendeur est un professionnel qui facture la TVA.

Le terrain est souvent la première ligne d'un budget de construction, et c'est aussi celle où les acheteurs se trompent le plus sur les frais. Beaucoup appliquent le « 2 à 3 % du neuf » à leur parcelle. Mauvais calcul : un terrain vendu par un particulier suit le régime de l'ancien, avec les mêmes droits d'enregistrement qu'une maison de 1970.
Sommaire
Frais de notaire d'un terrain : où va vraiment l'argent ?
L'expression « frais de notaire » trompe. Le notaire n'encaisse qu'une petite partie de la somme. L'essentiel est collecté pour le compte de l'État, du département et de la commune, puis reversé.

Pour l'achat d'un terrain à bâtir, la facture se découpe en quatre blocs :
- Les droits de mutation : impôts versés au département, à la commune et à l'État. C'est le gros morceau, calculé sur le prix du terrain.
- Les émoluments du notaire : sa rémunération réglementée, fixée par un barème national identique dans toutes les études, plus la TVA à 20 %.
- Les débours : les sommes que l'étude avance pour vous (extraits cadastraux, état hypothécaire, pièces d'urbanisme, frais de géomètre transmis).
- La contribution de sécurité immobilière : 0,10 % du prix, pour l'inscription au fichier immobilier.
Viennent parfois s'y ajouter des honoraires libres, pour une prestation hors barème (conseil, rédaction d'une servitude complexe). Ils doivent être annoncés et acceptés par écrit.
Les droits de mutation : 6,32 % dans la plupart des départements
Quand un particulier vend un terrain constructible, la vente n'est pas soumise à la TVA. L'acquéreur paie donc les droits d'enregistrement au taux normal, qui atteint 6,32 % du prix dans 89 départements sur 101, et 5,81 % dans ceux restés à 4,50 %, taux que retient encore la fiche consacrée à l'achat d'un immeuble à bâtir sur impots.gouv.fr.
Ce taux global additionne trois lignes. La taxe départementale, d'abord, portée à 5 % dans la plupart des territoires et restée à 4,50 % dans onze d'entre eux. La taxe communale ensuite, à 1,20 %. Enfin, l'État prélève 2,37 % du montant de la taxe départementale au titre des frais d'assiette et de recouvrement : c'est ce petit pourcentage qui explique les décimales finales, « ,32 » ou « ,81 ».
La hausse de 0,5 point votée par la plupart des départements
La loi de finances pour 2025 a permis aux départements de relever leur taux d'un demi-point, jusqu'à 5 %, entre le 1er avril 2025 et avril 2028. Une trentaine de collectivités l'ont appliqué dès avril 2025, la plupart des autres dans les mois suivants ou en 2026 : au 1er juin 2026, 89 départements sur 101 sont à 5 %, selon le barème de la DGFiP. Dans ces départements, le taux global approche 6,32 %.

Les primo-accédants échappent à cette hausse, mais seulement quand le bien acquis est destiné à devenir leur résidence principale. Un terrain nu n'est pas encore un logement : avant de compter sur l'exonération, faites confirmer par votre notaire la position retenue dans votre dossier.
Les émoluments du notaire : un barème fixe, dégressif
La rémunération du notaire pour une vente immobilière est proportionnelle au prix, par tranches. Le barème en vigueur depuis le 1er janvier 2021, repris par la fiche frais de notaire de service-public.fr, applique en métropole :
- 3,870 % jusqu'à 6 500 € ;
- 1,596 % de 6 500 à 17 000 € ;
- 1,064 % de 17 000 à 60 000 € ;
- 0,799 % au-delà de 60 000 €.
Chaque tranche se calcule à part, puis les montants s'additionnent. La TVA à 20 % s'ajoute au total. Un terrain à 200 000 € génère ainsi un peu moins de 2 000 € d'émoluments hors taxe : la part du notaire reste modeste face aux droits.
S'y ajoutent des émoluments de formalités, eux aussi tarifés : demandes de pièces, purge du droit de préemption de la commune, publication de l'acte au service de la publicité foncière. Leur montant dépend du dossier, pas du prix.
Calcul des frais pour un terrain à 80 000 € acheté à un particulier
Prenons une parcelle constructible de 80 000 €, vendue par un particulier, dans un département resté au taux de 4,50 %. Voici comment se construit la note, poste par poste.
| Poste | Base de calcul | Montant |
|---|---|---|
| Taxe départementale | 4,50 % de 80 000 € | 3 600 € |
| Taxe communale | 1,20 % de 80 000 € | 960 € |
| Frais d'assiette de l'État | 2,37 % de 3 600 € | 85 € |
| Émoluments proportionnels TTC | barème par tranches + TVA | 1 244 € |
| Contribution de sécurité immobilière | 0,10 % de 80 000 € | 80 € |
| Total avant débours et formalités | 5 969 € |
Soit environ 7,5 % du prix, avant les débours et les formalités, qui ajoutent en général quelques centaines d'euros selon la complexité du dossier. Dans un département passé à 5 %, la seule taxe départementale monte à 4 000 € : comptez environ 410 € de plus sur la même parcelle.
Pour refaire ce calcul avec votre propre prix et votre département, notre simulateur des frais de notaire applique le taux local en ligne, en quelques secondes. Le résultat reste indicatif : seul le décompte de l'étude fait foi, et le notaire doit remettre un devis écrit avant de commencer.
Les 4 cas où les frais de notaire d'un terrain baissent
1. Le vendeur est un professionnel qui facture la TVA
C'est l'écart le plus spectaculaire. Quand un lotisseur ou un aménageur assujetti vend un terrain à bâtir, la vente est soumise à la TVA à 20 %, due par le vendeur et intégrée au prix. En contrepartie, si la TVA porte sur la totalité du prix, la taxe de publicité foncière tombe au taux réduit de 0,71 %.
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— idealista_fr (@idealista_fr) 9 octobre 2026
Les frais de notaire passent alors d'environ 7,5 à 8 % à quelque 2 à 2,5 % du prix. Attention au piège : quand le professionnel ne facture la TVA que sur sa marge, le taux normal de 6,32 % ou 5,81 % selon le département s'applique à nouveau. Le compromis doit préciser le régime retenu.
2. Le terrain est situé dans un département qui n'a pas relevé son taux
À prix égal, l'écart entre deux départements voisins atteint 0,5 point de droits. Sur un terrain à 120 000 €, cela représente plus de 600 €. Pour un projet de construction qui hésite entre deux communes limitrophes, la donnée mérite d'entrer dans la comparaison, avec le prix du terrain au mètre carré et la taxe foncière locale.
3. Les frais d'agence sont payés par l'acheteur
Quand la commission de l'agence immobilière est à la charge de l'acquéreur et mentionnée comme telle dans l'acte, elle sort de l'assiette des droits de mutation. Les droits se calculent alors sur le prix net vendeur. Sur une commission de 6 000 €, l'économie dépasse 340 € au taux de 5,81 %, et 375 € à 6,32 %. Si l'agence est payée par le vendeur, elle reste incluse dans le prix, et dans la base.
4. Le prix dépasse 150 000 € et le notaire accorde une remise
Selon service-public.fr, le notaire peut consentir une remise partielle sur ses émoluments pour les transactions de plus de 150 000 €. Rien ne l'y oblige, et la remise ne touche que sa part, jamais les droits. Pour un grand terrain en périphérie d'une métropole, la question se pose simplement, au moment de la demande de devis.
Terrain agricole, non constructible, en lotissement : le type de terrain change-t-il les frais ?
Pour les droits, le critère décisif est le vendeur, pas la nature de la parcelle. Un terrain agricole ou un terrain non constructible acheté à un particulier supporte le même taux global qu'un terrain à bâtir, 6,32 % ou 5,81 % selon le département. La valeur du terrain, elle, n'a rien à voir : un pré non constructible se vend souvent quelques euros le mètre carré, et les frais suivent ce prix.
En lotissement, la vente est le plus souvent réalisée par une entreprise d'aménagement assujettie à la TVA. C'est là que se trouvent la plupart des ventes au taux réduit de publicité foncière. Consultez le cahier des charges du lotissement et demandez par lettre ou par courriel au lotisseur sur quelle base la TVA est calculée : sur la totalité du prix ou sur la marge. La réponse pèse plusieurs milliers d'euros.
Un terrain vendu à une vente aux enchères suit ses propres règles de frais, fixées par le cahier des conditions de vente. Mieux vaut les consulter avant d'enchérir.
Acheter un terrain pour un investissement locatif
Construire pour louer change la façon de compter les frais, pas leur montant. En location meublée (LMNP), les frais de notaire peuvent être intégrés au prix de revient du bien ou passés en charges la première année. Mais le terrain lui-même n'est pas amortissable : dans le tableau d'amortissement, sa valeur est isolée et exclue. Depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits sont en outre réintégrés dans le calcul de la plus-value lors d'une vente.
En location nue, les frais d'acquisition ne se déduisent pas des revenus fonciers : ils viennent augmenter le prix d'achat retenu pour la plus-value le jour de la revente. Un conseil personnalisé auprès d'un expert-comptable ou d'un notaire évite une erreur de régime, surtout si l'achat passe par une société civile au capital détenu en famille.
Ce que les frais de notaire ne couvrent pas
Le budget d'acquisition d'un terrain ne s'arrête pas à la note de l'étude. Plusieurs postes arrivent avant ou juste après la signature de l'acte, et ils sont souvent oubliés dans le plan de financement :
- Le bornage : obligatoire et réalisé par un géomètre-expert pour un lot de lotissement ; hors lotissement, la promesse et l'acte doivent seulement indiquer si le descriptif du terrain résulte d'un bornage, vérifiez-le dans l'annonce.
- L'étude de sol : dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, le vendeur doit fournir une étude géotechnique préalable ; l'étude de conception reste à la charge du constructeur.
- Les raccordements : eau, électricité, assainissement, dont le coût varie fortement d'une parcelle à l'autre.
- La taxe d'aménagement : due après le permis de construire, calculée sur la surface de la future maison.
Un seul diagnostic est systématique pour un terrain nu : l'état des risques, joint au compromis, qui informe l'acheteur des risques naturels et technologiques de la zone. Pas de DPE, puisqu'il n'y a pas encore de logement.
Si vous faites construire, le choix du professionnel compte autant que le prix du terrain. Nos conseils sur ce qu'il faut faire quand un constructeur de maison fait faillite rappellent l'intérêt du contrat de construction de maison individuelle et de sa garantie de livraison.
Les démarches avant de signer l'acte de vente
Un terrain vendu comme constructible ne l'est pas toujours pour votre projet. Avant le compromis, demandez un certificat d'urbanisme opérationnel en mairie : ce titre indique si l'opération envisagée est réalisable et fige les règles d'urbanisme pendant dix-huit mois. Consultez aussi le plan local d'urbanisme sur le site de la commune ou en ligne sur le Géoportail de l'urbanisme.
Le compromis doit ensuite prévoir des conditions suspensives adaptées : obtention du prêt, obtention du permis de construire purgé de recours, absence de servitude qui bloque le projet. Sans elles, l'achat du terrain reste dû même si la maison ne peut pas se construire.
L'ANIL, via son réseau d'agences départementales (ADIL), propose un conseil juridique et financier gratuit sur ces points. Elle met aussi à disposition un outil gratuit pour simuler les frais d'acquisition, utile pour recouper l'estimation du notaire. Les informations de l'ANIL sont neutres : ni agence, ni banque, ni vendeur derrière.
Qui choisit le notaire ?
Chaque partie peut désigner le sien, sans surcoût : les deux études se partagent les émoluments. L'annuaire officiel des notaires de France permet de trouver une étude par ville. Un notaire proche du terrain connaît souvent mieux les servitudes locales et les pratiques de la mairie.
Financer les frais de notaire d'un terrain
Le levier le plus sûr reste la négociation du prix : chaque millier d'euros obtenu sur le terrain retire environ 58 à 63 € de taxes. Pour estimer si le prix affiché est cohérent, les ventes récentes du secteur sont publiques dans l'espace « Demande de valeurs foncières » de l'administration fiscale. De quoi choisir sa parcelle avec un avis fondé plutôt que sur la seule annonce.
Les banques financent rarement les frais d'acquisition, et un crédit ou un emprunt sans apport passe mal. Elles demandent en général un apport au moins égal à ce montant, soit environ 7,5 à 8 % du prix pour un terrain acheté à un particulier. Le calcul du prêt global, terrain plus construction, reste soumis aux règles du HCSF : 35 % de taux d'effort maximal et une durée de 25 ans, portée à 27 ans pour une construction neuve.
Une aide familiale peut combler cet apport. Le point de départ est détaillé dans notre article sur l'aide des parents pour un achat immobilier. Attention : l'exonération temporaire des dons pour un logement neuf exclut la construction réalisée par le donataire lui-même.
Pour la vue d'ensemble, ancien, neuf et cas particuliers, notre dossier sur les frais de notaire et les départements qui échappent au taux de 5 % est mis à jour à chaque changement de taux.
Frais de notaire d'un terrain, réponses aux acheteurs
Les frais de notaire d'un terrain sont-ils plus élevés que ceux d'une maison ?
Non, le taux est le même que pour un logement ancien quand le vendeur est un particulier : environ 7,5 à 8 % du prix selon le département. Mais le montant total est plus bas, puisque le terrain coûte moins cher qu'une maison construite.
Peut-on déduire les frais de notaire du prix du terrain ?
Les droits se calculent sur le prix inscrit dans l'acte. Seuls les frais d'agence à la charge de l'acheteur sortent de la base. Les meubles, déductibles pour une maison, n'existent pas sur un terrain nu.
Quand paie-t-on les frais de notaire ?
Le jour de la signature de l'acte authentique, en même temps que le prix. Le notaire reverse ensuite les droits de mutation au service des impôts et conserve ses émoluments.












