Immobilier ancien : les prix reculent de 1 % en un trimestre, les maisons paient le plus lourd tribut
Le rebond du printemps n'aura pas tenu trois mois. Entre avril et juin, les prix de l'immobilier ancien ont perdu 1 % en France. La baisse est confirmée par l'indice des notaires et de l'Insee. Les maisons trinquent, la province décroche, et le marché de la vente change de main.
Par Jérémie N.
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La baisse des prix repart après un premier trimestre en hausse
L'indice Notaires-Insee, publié le 8 septembre 2026, chiffre le recul à 1 % sur le deuxième trimestre 2026. Ce baromètre du marché immobilier français fait référence : il s'appuie sur les ventes réellement signées chez les notaires, pas sur les prix affichés en vitrine. Le premier trimestre montrait encore une légère progression, à 0,2 %.
Ce qui change tout ? Le sens du mouvement. La reprise entrevue en début d'année s'est refermée sur l'ensemble du marché. Sur un an, l'évolution des prix de l'immobilier ancien ressort à -0,8 % au niveau national. Rien d'un krach immobilier. Rien non plus d'une stabilisation.
Maisons et appartements ne subissent pas la même correction
L'écart est net. Les maisons perdent 1,3 % sur le trimestre, les appartements 0,7 %. Sur douze mois, le grand écart se creuse encore : -1,3 % pour les maisons, contre -0,1 % seulement pour les appartements.
Derrière ce décalage, le poids des travaux et de la performance énergétique. Une maison à rénover ne se négocie plus du tout comme il y a trois ans. L'acquéreur chiffre la toiture, l'isolation, le mode de chauffage, puis déduit. Les appartements en centre-ville, eux, restent portés par une demande locative qui ne faiblit pas.
La province décroche, l'Île-de-France amortit
La baisse des prix est deux fois plus forte hors de la région capitale. Autrement dit : la carte compte autant que le type de bien.
- Province : 1,2 % de recul sur le trimestre, avec des maisons à -1,4 %, le point le plus bas du tableau.
- Île-de-France : 0,6 % seulement, appartements et maisons très proches (-0,5 % et -0,7 %).
- Paris : 0,4 % de baisse sur les appartements, la correction la plus douce de toutes.
Le nombre de transactions, lui, ne s'effondre pas. Environ 958 000 ventes de logements anciens ont été enregistrées sur les douze mois arrêtés fin juin 2026, soit 2,5 % du parc de logements français. Le marché immobilier tourne. Il tourne moins cher.
Le sens de la suite fait déjà débat chez les professionnels, comme dans cet entretien récent où le patron d'un grand réseau d'agences assume un pronostic de baisse pour l'année en cours.

Le crédit immobilier, l'autre moteur du marché
Les taux de crédit restent le premier carburant de la demande. Un taux qui recule redonne du pouvoir d'achat immobilier aux ménages et soutient le nombre de transactions. Un taux qui remonte referme la fenêtre en quelques semaines.
Immobilier : chronique d'un effondrement.
— Raphaël Vignes (@RaphaelVignes) 31 juillet 2026
Les prix de l’immobilier ancien restent artificiellement stables, et le volume de transactions devrait stagner autour de 900 à 920 000 ventes d’ici la fin de l’année.
Cette apparente résilience ne trompe personne : elle masque un marché… pic.twitter.com/2lo9FyliF8
Rien n'est donc joué pour la fin de l'année. Le coût du crédit, le niveau d'apport exigé et le volume de biens remis en vente depuis juillet pèseront autant sur l'évolution des prix que la tendance du printemps.
Vendre cet automne : ce que ces chiffres changent pour vous
Un propriétaire qui met son bien en vente en octobre travaille avec des repères datés. Les estimations automatiques lissent encore le sommet de 2021, et le voisin qui a vendu en janvier ne raconte pas le même marché. L'écart se paie en semaines de délai.
Les acquéreurs, eux, ont intégré la tendance. Les marges de négociation se sont élargies, les délais de vente se sont allongés, et un bien affiché trop haut se grille en quelques visites. Résultat : le prix juste dès la première annonce reste l'arme la plus efficace du vendeur.
Faut-il pour autant se précipiter ? Le calcul dépend de votre horizon, et nous l'avons détaillé dans notre analyse sur le bon moment pour vendre avant un nouveau recul des prix. Cette conjoncture prolonge une tendance de fond déjà visible au printemps : des prix encore trop élevés qui freinent les ventes en France.
À retenir : la baisse ne se transmet pas mécaniquement au budget de l'acheteur. Dans plusieurs départements, la hausse des droits de mutation votée pour 2026 absorbe une partie du gain obtenu sur le prix affiché.
Trois questions sur la baisse des prix de l'immobilier ancien
Qui calcule l'indice des prix des logements anciens ?
L'Insee le publie chaque trimestre à partir des actes signés que lui transmettent les notaires de France. Les résultats du deuxième trimestre 2026 sont provisoires et corrigés des variations saisonnières. Ils seront affinés lors des publications suivantes.
Les prix vont-ils continuer de baisser ?
L'indice mesure le passé, pas l'avenir. Deux inconnues pèsent sur la fin d'année : l'évolution des taux de crédit immobilier et le volume d'offres remises en vente à la rentrée. Le prochain point de conjoncture est attendu le 24 novembre 2026, pour le troisième trimestre.
Faut-il baisser son prix de vente dès maintenant ?
Tout dépend de votre calendrier. Un vendeur pressé a intérêt à se positionner d'emblée sous la dernière vente comparable du quartier. Un vendeur qui peut attendre gagne souvent plus à soigner le diagnostic énergétique et la présentation du bien qu'à rogner sur l'affichage.












