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Loyer impayé : votre APL reste versée si un plan d'apurement arrive à la CAF sous 6 mois
Un impayé de loyer ne coupe pas l'APL. Tant qu'un plan d'apurement parvient à la CAF ou à la MSA dans les six mois du signalement, et que le locataire paie le loyer en cours, l'aide au logement reste versée. En janvier 2027, la CCAPEX prendra la décision de suspension.

Un impayé n'est pas une affaire privée entre un locataire et son bailleur dès lors qu'une aide personnelle au logement est versée. La caisse, ou la MSA pour les salariés agricoles, entre dans la boucle. Son rôle ? Éviter que la dette locative ne grossisse jusqu'à l'expulsion du locataire, sans pour autant payer à fonds perdus. Résultat : une procédure très encadrée, que peu de ménages connaissent avant d'y être confrontés.
Sommaire
À partir de quand la CAF parle-t-elle d'impayé ?
Le mot a un sens précis. Aujourd'hui, l'impayé est constitué quand la dette atteint deux fois le montant mensuel du loyer. Tout dépend de qui reçoit l'aide.
- APL versée directement au bailleur (le tiers payant) : on compare la dette à deux fois le loyer net, c'est-à-dire le loyer et les charges après déduction de l'aide.
- Aide versée au locataire : le seuil se calcule sur le loyer brut, charges comprises.
- Un seul mois oublié : pas encore d'impayé au sens de la CAF, mais déjà une dette qu'il vaut mieux régler vite.
Ce seuil vaut pour les trois aides personnelles au logement, APL, ALF et ALS. L'allocation de logement familiale et l'allocation de logement sociale suivent exactement le même chemin que l'aide personnelle au logement. Le détail figure dans la fiche de service-public.fr sur le maintien des aides en cas d'impayé, mise à jour en janvier 2026.
Comment l'impayé de loyer est-il déclaré à la CAF ?
C'est au bailleur de le faire. Il dispose de deux mois, une fois l'impayé constitué, pour le signaler à la CAF ou à la MSA, par courrier recommandé ou sur le site de l'organisme dans son espace partenaire. Il indique le nom du locataire, l'adresse du logement, le montant de la dette et la période concernée.

Le propriétaire qui garde le silence tout en encaissant l'APL s'expose à une amende et au remboursement des sommes perçues. En clair, laisser filer la dette sans rien dire n'est pas une solution pour lui non plus.
En pratique, l'allocataire reçoit ensuite une lettre ou un courriel de sa caisse l'informant que l'impayé a été établi et que le versement est maintenu dans le cadre de la procédure. Ce courrier n'est pas une sanction : il ouvre un délai. Le service public met à disposition une aide personnalisée et gratuite pour éviter que la difficulté ne s'installe, via les points d'accueil du département et les permanences de l'ADIL. Pour l'allocataire, mieux vaut compter sur ces relais que rester seul face à la déclaration du bailleur : un conseiller peut aider à mettre en place une solution sans bouleverser la vie du foyer.
Côté locataire, rien n'interdit de prendre les devants. Contacter soi-même sa CAF, expliquer une perte d'emploi ou une séparation, demander un rendez-vous avec un travailleur social : ces démarches pèsent ensuite dans la décision. Un locataire ne paie pas son loyer par plaisir, et les caisses le savent.
Une remarque de bon sens : gardez une trace écrite de chaque démarche, lettre ou message. Le service social de la caisse a besoin de ces informations pour proposer une solution adaptée, et un courrier daté vaut mieux qu'un appel dont personne ne se souvient.
Le plan d'apurement, pièce maîtresse du maintien de l'APL
Le plan d'apurement est un accord écrit entre le locataire et le bailleur. Il fixe comment la dette sera remboursée, mois après mois, en plus du loyer en cours. C'est lui qui conditionne le versement de l'aide.
Six mois pour le transmettre
Dès le signalement, la CAF demande au bailleur de mettre en place un plan d'apurement avec son locataire. Il a six mois pour le lui transmettre. Pendant ce délai, l'aide continue d'être versée. Si le propriétaire refuse le tiers payant, le délai tombe à deux mois.
À retenir : le plan doit être réaliste. Un montant mensuel trop lourd mène droit à un nouvel incident, et l'aide peut alors être suspendue. Mieux vaut étaler sur une période plus longue que promettre l'impossible. Pour cette raison, beaucoup de caisses proposent un rendez-vous avec leur service d'action sociale avant la signature, afin de fixer une échéance compatible avec le budget du foyer.
Et si le bailleur ne fait rien ?
La caisse saisit alors le fonds de solidarité pour le logement (FSL) du département. Le logement FSL, c'est-à-dire l'aide du fonds, peut prendre la forme d'un prêt ou d'une subvention pour éponger une partie de la dette. Le FSL a trois mois pour bâtir un plan. À défaut, la CAF ou la MSA met en demeure le locataire de rembourser un trente-sixième de sa dette chaque mois, soit un étalement sur trois ans.
Quand la CAF suspend-elle l'APL ?
La suspension n'est jamais automatique au premier retard. Elle intervient dans trois cas :
- aucun plan d'apurement n'est parvenu à l'organisme à l'issue du délai ;
- le plan existe mais n'est pas respecté ;
- le paiement du loyer courant s'est arrêté.
Autrement dit, c'est la reprise du paiement du loyer qui compte le plus. Un locataire qui règle chaque mois sa part et honore ses échéances garde son aide, même avec une dette ancienne. Dès que le plan reprend, le versement de l'aide peut être rétabli, parfois avec un rappel des mois suspendus.
🚨 Dès 2027, en cas de loyer impayé de plus de 450 €, les aides au logement du locataire seront suspendues et versées directement au propriétaire !
— GOSSIP ROOM (@GossipRoomOff) 3 mars 2026
Un impayé sera désormais reconnu dès que la dette dépassera 450€ ou après 3 mois de retard, même pour un montant inférieur. Une… pic.twitter.com/2N4j0jms3k
Chose souvent ignorée : la suspension ne vaut pas radiation. Les droits restent ouverts, et une nouvelle demande n'est pas nécessaire pour retrouver le versement quand les conditions sont de nouveau remplies. Il suffit de saisir la caisse avec le plan à jour.
Ce qui change au 1er janvier 2027
Deux décrets du 12 février 2026 réécrivent les règles, dont le décret n° 2026-84 relatif aux impayés publié sur Légifrance. Ils entrent en vigueur en janvier 2027 et s'appliquent aux situations signalées ou en cours à cette date.
- Un seuil fixe : l'impayé sera constitué dès 450 euros de dette, loyer et charges compris, ou au bout de trois mois de retard quel que soit le montant.
- La CCAPEX décide : la commission de coordination des actions de prévention des expulsions, informée par la caisse sous quinze jours, tranchera entre maintien et suspension.
- Le maintien devient la règle : l'aide ne sera suspendue qu'après un jugement d'expulsion définitif ou si le locataire a manifestement les moyens de payer.
Ce qui change tout ? L'aide pourra continuer d'être versée même après la résiliation du contrat de bail, sous forme d'indemnité d'occupation, tant que l'occupant reste dans les lieux. Et quand l'aide arrive au locataire, la caisse pourra la verser directement au bailleur si le logement est décent.
Pour nous, le message est clair : la CCAPEX devient le lieu de la décision, et le versement de l'aide sa condition par défaut. À compter de 2027, c'est donc devant la CCAPEX, et non plus devant un simple service de la caisse, que se jouera le sort de l'APL d'un ménage endetté. Une information que le locataire comme le bailleur ont intérêt à anticiper avant de saisir le juge.
Avant la trêve hivernale : les réflexes qui évitent l'expulsion
La trêve hivernale court du 1er novembre au 31 mars. Elle suspend les expulsions, pas la dette. Un commandement de payer délivré par un commissaire de justice, puis une assignation, restent possibles pendant l'hiver. Les semaines qui précèdent sont donc le bon moment pour agir sur le fond.
- Parler au bailleur dès le premier mois de retard, avant toute mise en demeure : un plan signé tôt vaut mieux qu'une procédure.
- Solliciter le FSL par un travailleur social de la mairie ou du département.
- Vérifier ses droits : une baisse de revenus peut relever le montant de votre aide.
- Déposer un dossier de surendettement si les dettes s'accumulent sur plusieurs postes.
Pour mesurer vos droits, notre dossier sur l'APL, ses conditions et son calcul reprend les règles en vigueur. La revalorisation des APL d'octobre a aussi légèrement relevé les montants versés depuis la rentrée.
Côté propriétaire, que peut faire le bailleur ?
Pour le bailleur, l'enjeu est de sécuriser l'aide qui arrive encore. Le tiers payant, qui lui verse l'APL directement, reste le meilleur garde-fou : une partie du loyer est garantie quoi qu'il arrive. La loi Alur de 2014 a d'ailleurs renforcé le rôle des commissions de prévention des expulsions.
La garantie Visale d'Action Logement couvre aussi les loyers impayés pour de nombreux profils de locataires, gratuitement. Une assurance loyers impayés ou une gestion locative déléguée complète le dispositif pour qui veut déléguer le suivi. Les risques du locatif, garants et assurances compris, sont détaillés dans notre enquête sur les impayés du point de vue des propriétaires.
Une précision utile : signaler l'impayé n'est pas un acte hostile. C'est même ce qui déclenche l'accompagnement du locataire par la caisse et, souvent, le déblocage d'une aide du FSL. Pour les deux parties, la procédure a été pensée comme un filet, pas comme une sanction.
Vos questions sur l'APL et les impayés
Comment déclarer un impayé de loyer à la CAF ?
Le bailleur le déclare dans les deux mois, par courrier recommandé ou depuis son espace sur le site de la caisse, avec le montant de la dette et sa période. Le locataire peut lui aussi prévenir sa CAF pour expliquer sa situation et demander un accompagnement.
Combien de temps l'APL est-elle maintenue ?
Six mois au plus sans plan d'apurement, le temps qu'il soit signé et transmis. Ensuite, l'aide continue tant que le plan est respecté et que le loyer en cours est payé. À partir de janvier 2027, c'est la CCAPEX qui décidera d'une éventuelle suspension.
Quelles aides pour les loyers impayés ?
Le fonds de solidarité pour le logement accorde prêts et subventions selon les départements. S'y ajoutent l'appui d'un travailleur social, la garantie Visale côté bailleur et, en dernier recours, la procédure de surendettement de la Banque de France.












