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Fin de la baisse des taux d'intérêt : ce que la remontée de 2026 change pour un crédit immobilier

Les taux d'intérêt en baisse du crédit immobilier ont cédé la place à une remontée lente : après huit baisses entre juin 2024 et juin 2025, la Banque centrale européenne a porté son taux de dépôt à 2,50 % en septembre 2026, et chaque banque en France facture le prêt immobilier un peu plus cher.

Par Micheal M.

Publié le · Mis à jour le

Relu par Cyril K., rédacteur en chef

Taux d'intérêt en baisse : obtenez un prêt immobilier avantageux en 2024

Mis à jour en octobre 2026 : la page de 2024 annonçait la baisse ; elle suit désormais l'évolution du marché après la dernière décision de septembre, le taux du prêt relevé en août, les seuils d'usure et les solutions qui restent pour obtenir un meilleur taux.

Le cycle de baisse lancé par Francfort en juin 2024 s'est arrêté à 2,00 % en juin 2025, avant deux relèvements en juin et en septembre 2026. Le taux moyen du crédit immobilier en France, mesuré par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, remonte doucement : 3,31 % en août 2026 contre 3,06 % un an plus tôt.

Pour un dossier en cours, l'enjeu se déplace vers le coût de la couverture décès-invalidité, la durée et la négociation des frais, plus que vers l'attente d'une nouvelle fenêtre de taux bas.

Sommaire

Quels sont les taux d'intérêt actuels du crédit immobilier ?

Le taux d'intérêt moyen d'un crédit immobilier accordé en France atteint 3,31 % en août 2026 selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui mesure les prêts réellement signés et non les barèmes affichés. Par durée, la même série donne 3,14 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans. Il s'est stabilisé autour de 3,23 % de février à juin 2026, puis il a gagné quelques centièmes en juillet et en août. Ces informations, publiées chaque mois sur le site de l'Observatoire, servent de repère à tout plan de financement.

La Banque de France publie de son côté les taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit, frais et assurance compris (le taux annuel effectif global, ou TAEG). Au troisième trimestre 2026, ce coût global ressort à 3,07 % pour un prêt à taux fixe de moins de 10 ans, 3,51 % entre 10 et 20 ans et 4,05 % à partir de 20 ans. L'écart entre les deux séries vient de l'assurance, des frais de dossier et de la garantie, que le TAEG intègre.

Ces données décrivent un marché où le meilleur taux se négocie encore sous la moyenne pour un client à fort apport personnel, mais où les banques n'affichent plus de grille en recul d'un mois sur l'autre. Un acheteur qui compare les offres doit regarder le coût global et le coût total de crédit, pas seulement le taux nominal mis en avant dans une publicité.

Comment la baisse des taux de 2024 et 2025 s'est arrêtée

La baisse des taux d'intérêt a commencé le 12 juin 2024, quand la BCE a ramené sa facilité de dépôt de 4,00 % à 3,75 %, après un an de taux au plus haut pour freiner l'inflation et refroidir l'économie de la zone euro. Sept autres baisses ont suivi jusqu'au 11 juin 2025, date à laquelle ce taux directeur est tombé à 2,00 %. Pendant un an, la politique monétaire est restée inchangée, puis le Conseil des gouverneurs a relevé ses taux le 17 juin 2026 et de nouveau le 16 septembre 2026.

Date d'effetTaux de dépôt de la BCESens du mouvement
20 septembre 20234,00 %sommet du cycle de hausse
12 juin 20243,75 %première baisse
18 décembre 20243,00 %baisse
11 juin 20252,00 %taux le plus bas du cycle
17 juin 20262,25 %première hausse
16 septembre 20262,50 %seconde hausse

Le motif avancé par l'institution tient au retour du taux d'inflation au-dessus de l'objectif de 2 %, alimenté par le renchérissement de l'énergie lié au conflit au Moyen-Orient. Le taux de refinancement passe à 2,65 % et la facilité de prêt marginal à 2,90 % depuis le 16 septembre. Les prochaines réunions de politique monétaire se tiennent le 29 octobre et le 17 décembre 2026 : les analystes ne s'accordent pas sur une nouvelle hausse, et aucune prévision taux immobilier sérieuse ne promet un retour rapide des taux bas.

Du taux directeur au taux immobilier : un lien indirect

Le taux directeur de la BCE ne fixe pas directement le prix d'un crédit immobilier à taux fixe. Une banque française se refinance surtout sur les marchés à long terme, dont la référence est le rendement de l'OAT à 10 ans, l'emprunt d'État français. Le coût de ses dépôts, la rémunération du Livret A (1,7 % jusqu'au 1er février 2027) et sa politique commerciale pèsent aussi dans le barème qu'elle propose à ses clients.

Ce mécanisme explique le décalage observé depuis deux ans. Entre décembre 2023 et août 2025, la baisse des taux de la banque centrale a précédé un recul du taux moyen du crédit immobilier de 4,20 % en décembre 2023 à 3,06 % en août 2025, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. À l'inverse, la hausse de 2026 n'a fait monter ce taux moyen que de quelques centièmes, car les banques avaient déjà intégré une partie du mouvement dans leurs grilles.

L'inertie joue dans les deux sens : un emprunteur qui attendait des taux en baisse jusqu'à fin 2026 doit désormais composer avec une tendance haussière lente, sans choc comparable à celui de 2022 et 2023. La marge de la banque, la concurrence entre réseaux et l'appétit pour certains profils (jeunes actifs, primo-accédants, clients à hauts revenus) font varier le barème bancaire bien plus qu'une décision isolée de Francfort.

Pour aller plus loin : Cette maison alsacienne de 1554 a parcouru 150 km pour renaître au nord de Strasbourg

Pour un particulier, l'impact réel d'une décision de politique monétaire s'étale sur plusieurs mois, le temps que les établissements révisent leurs grilles. La conjoncture économique et les finances publiques comptent aussi : l'écart entre l'emprunt d'État français et son équivalent allemand, qui reflète le jugement des investisseurs sur la dette publique, se répercute sur le coût auquel une banque peut emprunter à long terme. Cette période de transmission explique pourquoi les derniers relevés bougent si peu après chaque réunion.

Le taux d'usure au 1er octobre 2026

Le taux d'usure plafonne le TAEG qu'un établissement financier peut appliquer à un prêt immobilier : un crédit dont le coût global le dépasse ne peut pas être accordé. La Banque de France le calcule chaque trimestre à partir des taux effectifs moyens du trimestre précédent, majorés d'un tiers, et l'avis du 25 septembre 2026, publié au Journal officiel du 26 septembre, fixe les seuils applicables depuis le 1er octobre.

Catégorie de prêt immobilierTaux effectif moyen au 3e trimestre 2026Seuil d'usure depuis le 1er octobre 2026
Taux fixe, moins de 10 ans3,07 %4,09 %
Taux fixe, de 10 à moins de 20 ans3,51 %4,68 %
Taux fixe, 20 ans et plus4,05 %5,40 %
Taux variable4,14 %5,52 %
Prêt relais4,87 %6,49 %

Avec un seuil à 5,40 % sur 20 ans et plus, l'usure bloque rarement un dossier classique en octobre 2026. Elle pèse davantage sur les profils âgés ou présentant un risque de santé, dont la couverture alourdit le coût global : une surprime peut suffire à faire franchir le plafond, d'où l'intérêt de comparer les contrats avant de déposer la demande de prêt.

Un cas chiffré : ce que la remontée coûte sur 20 ans

Le calcul suivant compare trois taux fixes du crédit immobilier pour 100 000 euros empruntés sur 20 ans, hors assurance et frais, avec des mensualités constantes. Les taux retenus sont ceux de l'Observatoire Crédit Logement/CSA cités plus haut ; il s'agit d'un exemple de calcul, pas d'une offre de banque.

  • à 4,20 %, le niveau de décembre 2023 : environ 617 euros par mois et près de 48 000 euros d'intérêts sur la durée ;
  • à 3,06 %, le relevé d'août 2025, au plus bas : environ 558 euros par mois et près de 34 000 euros d'intérêts ;
  • à 3,31 %, le dernier relevé connu, celui d'août 2026 : environ 570 euros par mois et près de 37 000 euros d'intérêts.

Entre le sommet de 2023 et le creux de 2025, la mensualité a reculé d'environ 10 %, ce qui explique le regain d'activité des agences au printemps 2025. La remontée de 2026 reprend un peu plus de 2 % de l'échéance : un ménage qui a repoussé son achat immobilier en espérant des mensualités plus faibles paie désormais un peu plus cher, sans que l'écart remette en cause un projet bien calibré. Pour emprunter 250 000 euros, il suffit de multiplier les montants par 2,5 ; la capacité à emprunter, elle, recule à peine.

Le taux d'effort maximal de 35 % des revenus et la durée maximale de 25 ans (27 ans dans le neuf ou avec au moins 10 % de travaux), fixés par le Haut Conseil de stabilité financière, restent les vraies bornes du financement. Le HCSF les a maintenus lors de sa séance du 15 septembre 2026.

Prix de l'immobilier et pouvoir d'achat après la baisse

Les prix de l'immobilier ancien n'ont pas profité de la détente des taux pour repartir à la hausse. L'Insee relève au deuxième trimestre 2026 un recul de 1,0 % sur le trimestre et de 0,8 % sur un an, avec 958 000 ventes cumulées sur douze mois à fin juin. Les maisons reculent plus vite que les appartements, et la province (moins 1,2 % sur le trimestre) plus vite que l'Île-de-France, où Paris ne perd que 0,4 %.

Cette combinaison de prix stables ou en léger repli et de taux immobiliers encore inférieurs à ceux de 2023 préserve une partie du pouvoir d'achat immobilier gagné en 2024 et 2025. Un acheteur obtient à budget égal une surface comparable à celle de l'année passée, mais il n'en gagne plus. Pour un investissement locatif, la remontée du coût de l'argent réduit la rentabilité et rend la négociation du prix d'achat plus décisive que le taux lui-même. Investir dans la pierre suppose aussi de compter les prélèvements sociaux, maintenus à 17,2 % sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières alors qu'ils passent à 18,6 % sur la plupart des autres revenus du capital depuis la LFSS 2026.

Les frais de notaire jouent aussi : le relèvement facultatif des droits de mutation, possible jusqu'au 31 mars 2028, ne s'applique pas aux primo-accédants qui achètent leur résidence principale, exonérés sans plafond de prix selon service-public.fr.

Taux d'intérêt en baisse ou non : les questions des emprunteurs

Quand les taux d'intérêt vont-ils baisser de nouveau ?

Aucune date ne peut être avancée avec sérieux. La BCE a justifié ses relèvements de 2026 par une inflation qu'elle juge durablement supérieure à son objectif ; une nouvelle baisse des taux directeurs supposerait d'abord un reflux durable de la hausse des prix en zone euro, ce que ni la BCE ni la Banque de France n'annoncent pour les prochains trimestres.

Quels sont les avantages d'un taux bas pour un emprunteur ?

Un taux bas réduit à la fois la mensualité et le coût total du crédit, donc il augmente la somme empruntable à revenu égal sans dépasser le taux d'effort de 35 %. Il rend aussi plus facile l'accès des dossiers à faible apport, car le TAEG reste loin du seuil d'usure.

Faut-il choisir un taux fixe ou un taux variable en 2026 ?

Le taux fixe reste la norme en France et protège contre une poursuite de la hausse des taux. Un taux variable, souvent capé, se paie au 3e trimestre 2026 plus cher (4,14 % de coût global) que le taux fixe sur plus de 20 ans, ce qui lui retire son intérêt habituel.

Comment renégocier un crédit immobilier quand les taux remontent ?

Renégocier un crédit immobilier garde un intérêt pour les prêts signés en 2023, quand le taux moyen dépassait 4 %, alors que la renégociation d'un prêt de 2021 ou de 2025 n'a presque aucune chance d'aboutir. Deux voies existent : demander à sa propre banque une révision du taux par avenant, ou faire racheter le prêt par un autre établissement.

  • l'écart de taux : les courtiers citent souvent un écart minimal de 0,7 à 1 point entre l'ancien et le nouveau taux, à vérifier par une simulation complète ;
  • le capital restant dû et la durée restante : plus la date du prêt est récente, plus les intérêts pèsent dans chaque échéance et plus le gain potentiel compte ;
  • les indemnités de remboursement anticipé : plafonnées par le Code de la consommation à six mensualités d'intérêts et à 3 % du capital restant dû, elles figurent souvent parmi les clauses négociées à la signature ;
  • les frais de dossier et de garantie du nouveau prêt, qui s'ajoutent au calcul.

Une demande de rachat se prépare comme un nouveau dossier : relevés de compte récents, avis d'imposition, tableau d'amortissement en cours, situation professionnelle. Un dossier bancaire solide (épargne de précaution, gestion des comptes sans découvert, revenus stables) pèse davantage sur les conditions accordées que la date de la demande.

Faire racheter un prêt par un autre établissement reste une démarche plus longue qu'un avenant, car l'opération suppose une nouvelle garantie et parfois un nouvel acte. L'erreur fréquente consiste à comparer les seuls taux sans ajouter au calcul les frais de sortie et d'entrée ; il faut aussi ajouter le coût de la couverture du nouveau contrat pour juger du gain réel.

L'assurance emprunteur, le levier qui reste quand les taux montent

L'assurance emprunteur représente un poste important du coût d'un prêt immobilier, et elle se renégocie bien plus facilement que le taux. Depuis la loi Lemoine, en vigueur depuis le 1er juin 2022 pour les nouveaux contrats et depuis le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours, l'assuré peut résilier son contrat à tout moment et la remplacer par un contrat offrant des garanties équivalentes, sans frais et sans attendre la date anniversaire.

La même loi supprime le questionnaire de santé lorsque la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 euros et que le prêt s'achève avant le 60e anniversaire de l'assuré. Une offre comme l'assurance de prêt immobilier Generali entre dans ce cadre de la délégation : le souscripteur compare les garanties décès, invalidité ou perte d'emploi, la quotité assurée par co-emprunteur, les franchises et les exclusions, puis présente le contrat retenu à sa banque, qui ne peut le refuser si l'équivalence de garanties est respectée.

Pour un client jeune et non fumeur, une délégation coûte souvent bien moins cher qu'un contrat groupe de banque, ce qui compense une fraction de la remontée des taux d'intérêt. Pour un profil plus âgé, la comparaison sert surtout à garder le coût global sous le seuil d'usure. Dans les deux cas, la gestion en ligne des contrats facilite le suivi des garanties et les demandes de modification pendant toute la durée du crédit.

Préparer un achat immobilier dans un marché sans baisse des taux

Un projet immobilier mené fin 2026 se finance dans des conditions proches de celles du début d'année, avec un taux moyen légèrement plus haut et des banques toujours demandeuses de bons dossiers. Plusieurs réflexes permettent d'obtenir les meilleures conditions sans compter sur une nouvelle baisse des taux :

  1. constituer un apport personnel couvrant au moins les frais de notaire et de garantie, que la plupart des banques demandent ;
  2. solliciter plusieurs établissements, directement ou par un courtier, et comparer les offres sur le TAEG et le coût total ;
  3. négocier les frais de dossier, la modularité des mensualités et les indemnités de remboursement anticipé, qui comptent si une renégociation devient possible plus tard ;
  4. séparer le choix de l'assurance emprunteur de celui du prêt grâce à la délégation ;
  5. suivre les informations publiées chaque mois par l'Observatoire Crédit Logement/CSA et la recherche de la Banque de France, pour situer l'offre reçue par rapport au marché.

Le prêt à taux zéro reste ouvert aux primo-accédants sous conditions de ressources, dans le neuf collectif partout en France et dans l'ancien avec travaux en zones B2 et C, selon service-public.fr : il réduit le montant soumis au taux du marché et amortit l'effet d'une hausse des taux sur la mensualité globale.

La décision de septembre ne referme donc pas le marché du crédit : elle clôt l'attente d'un taux encore plus bas et ramène l'attention sur ce qui se négocie vraiment, c'est-à-dire la marge de la banque, l'assurance et les frais annexes.

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L'assistant choisi lit la page publique et en fait la synthèse. Pour le détail et les chiffres exacts, l'article fait foi.

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