Vieux PEL à 2,5 % : faut-il le clôturer avant 2027 s'il ne rapporte plus que 1,75 % net ?
Vieux PEL à 2,5 % : faut-il le clôturer avant 2027 s'il ne rapporte plus que 1,75 % net ?
Clôturer un PEL de plus de douze ans ne coûte aucun frais, mais engage votre épargne logement. Ouvert entre 2003 et 2015, ce plan sert un taux de 2,5 % brut, 1,75 % net : à peine mieux qu'un livret. Date d'ouverture, droit au prêt, transformation automatique, conditions : le point.

Sommaire
Clôturer un PEL : ce que le plan d'épargne logement rapporte encore
Le taux d'un PEL est fixé par le contrat à la date d'ouverture du plan, et la banque l'applique à l'identique pendant toute sa durée. Cette rémunération vaut pour l'épargne versée, mais aussi pour le prêt immobilier et le montant du crédit auquel le plan donne droit, pour un achat, une construction ou des travaux de logement. Après dix ans, les versements s'arrêtent ; le produit continue de servir ses intérêts. Clôturer le PEL, c'est renoncer à ces conditions : la demande se fait par lettre ou depuis l'espace client du site de l'établissement bancaire, et les fonds rejoignent un compte courant ou un autre placement.
C'est le taux contractuel, et il ne bouge plus, quelle que soit l'actualité des taux. Un PEL ouvert entre août 2003 et janvier 2015 tourne donc toujours à 2,5 % brut par an. Ceux de juin 2000 à juillet 2003 servent 3,27 %, ceux de juillet 1999 à mai 2000 2,61 %.
Ces chiffres paraissent confortables. Comparez-les aux plans récents : 1 % pour une ouverture entre août 2016 et fin 2017, 2,25 % en 2024, 1,75 % en 2025 et 2 % pour un PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026, selon la fiche PEL tenue à jour par service-public.fr. Sur le papier, le vieux plan gagne.
Le piège est ailleurs. Un taux brut ne dit rien du rendement net, et c'est là que les plans de plus de douze ans perdent leur avantage. Depuis leur treizième année, leurs intérêts entrent dans l'impôt sur le revenu, en plus des prélèvements sociaux. Le livret réglementé, lui, ne paie rien.
- Taux brut : celui du contrat, fixé à la date d'ouverture du plan.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % sur les intérêts du PEL, taux maintenu pour cette épargne alors que la plupart des revenus du capital passent à 18,6 %.
- Impôt sur le revenu : exonéré les douze premières années pour un plan antérieur à 2018, dû ensuite chaque année.
Ce que le fisc prélève, année par année
Tout dépend d'une date pivot : le 1er janvier 2018. Un PEL ouvert depuis cette date est taxé dès le premier euro d'intérêt au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il ne donne plus droit à la prime d'État. Le produit est simple, et sa fiscalité aussi.
Un plan ouvert avant janvier 2018 obéit à un régime plus doux, mais seulement pendant douze ans. Les prélèvements sociaux des dix premières années sont prélevés en une fois au dixième anniversaire, ou au moment de la clôture lorsque celle-ci survient plus tôt. Dès la onzième année, ils sont retenus chaque année au taux en vigueur. Puis, dès la treizième année, le fisc ajoute l'impôt sur le revenu aux gains du plan.

Pour un particulier dans une tranche moyenne, ce passage coûte cher. Le taux forfaitaire de 12,8 % s'applique par défaut aux intérêts de l'épargne, sauf option pour le barème progressif quand elle est plus favorable. Un foyer non imposable a donc intérêt à vérifier cette option dans sa déclaration : la réponse change le calcul du tout au tout.
Ce régime explique la décrue silencieuse des vieux plans. La banque verse les intérêts au 31 décembre, l'administration les retrouve sur l'imprimé fiscal unique au printemps, et le rendement net tombe sous la barre des 2 % sans que l'épargnant ne l'ait vu passer.
Un cas chiffré : 61 200 euros placés à 2,5 % depuis 2013
Prenons un plan ouvert en 2013, alimenté jusqu'au plafond des versements, soit 61 200 euros. Les gains déjà capitalisés gonflent en réalité le solde, mais gardons ce montant rond pour lire l'écart. À 2,5 %, le plan produit 1 530 euros bruts sur douze mois.
Les prélèvements sociaux retiennent 263 euros. L'impôt forfaitaire de 12,8 % en prend 196 de plus. Reste environ 1 071 euros, soit un rendement net proche de 1,75 %. Un Livret A au même encours est impossible, son plafond étant bien plus bas, mais son taux de 1,7 % est net d'impôt et de prélèvements sociaux. L'écart tient en quelques dizaines d'euros.
| Placement | Taux brut | Rendement net approximatif | Disponibilité |
|---|---|---|---|
| PEL ouvert entre 2003 et 2015, plus de 12 ans | 2,5 % | 1,75 % | retrait = clôture du plan |
| PEL ouvert entre 2000 et 2003, plus de 12 ans | 3,27 % | 2,29 % | retrait = clôture du plan |
| PEL ouvert en 2026 | 2 % | 1,4 % | fonds bloqués, durée minimale de 4 ans pour le prêt |
| Livret A ou LDDS | 1,7 % | 1,7 % | à tout moment |
| LEP, sous conditions de revenus | 2,5 % | 2,5 % | à tout moment |
La lecture est sans appel pour le plan à 2,5 % : il ne rapporte presque plus que le livret, avec une contrainte en prime. Le moindre retrait ferme le PEL. Celui à 3,27 % garde, lui, un vrai avantage, d'autant que les plus anciens plans, ouverts avant 1999, servent des taux encore supérieurs. Ces derniers se gardent tant qu'aucun besoin ne pousse à les fermer.
Un ménage éligible au LEP tranche plus vite : à 2,5 % net, le livret d'épargne populaire bat tout PEL de la période 2003-2015. Il est plafonné, mais il vaut la peine d'être rempli d'abord.
Le cap des quinze ans : ce qui change pour les plans ouverts depuis mars 2011
Une deuxième échéance concerne une partie des vieux PEL. Tout plan ouvert depuis le 1er mars 2011 est automatiquement transformé en livret bancaire ordinaire une fois atteints quinze ans d'existence. Les plans de mars 2011 ont donc basculé au printemps 2026, ceux de 2012 suivront en 2027.
Cette transformation est lourde de conséquences. Le taux contractuel de 2,5 % disparaît au profit de la rémunération que l'établissement fixe sur ses comptes sur livret, souvent bien plus faible. La démarche se fait sans action de votre part : c'est la date d'ouverture qui décide.
Les plans ouverts avant mars 2011 échappent à cette règle. Ils peuvent rester actifs aussi longtemps que leur titulaire le souhaite, même si les versements s'arrêtent au bout de dix ans. Après dix ans, aucun nouveau dépôt n'est possible, mais les intérêts continuent de courir au taux du contrat. Pour ces titulaires, rien ne presse, sauf le calcul fiscal ci-dessus.
- Ouvert avant le 1er mars 2011 : pas de transformation, le plan vit tant que vous ne le clôturez pas.
- Ouvert entre mars 2011 et fin 2014 : transformation automatique au quinzième anniversaire, en 2026, 2027, 2028 ou 2029.
- Ouvert depuis janvier 2018 : même règle des quinze ans, et fiscalité de 30 % dès la première année.
Clôturer un PEL de plus de douze ans : quelles conséquences ?
Après quatre ans, la clôture d'un PEL n'entraîne aucune pénalité. Les gains accumulés restent acquis, au taux du contrat. Vous conservez même pendant un an le droit de demander le prêt d'épargne logement attaché au plan. C'est l'une des rares fenêtres où fermer ne fait rien perdre d'autre que le rendement futur.
Plusieurs millions de PEL (Plan épargne logement) fermés dès 2026: que va devenir votre argent si vous êtes concerné?https://t.co/FGHeIX002O pic.twitter.com/CGoB7t3XVs
— BFM (@BFMTV) 12 décembre 2025
Le calendrier des sanctions ne concerne que les plans jeunes. Une clôture avant deux ans fait recalculer les intérêts au taux du CEL et supprime le droit à prêt. Entre deux et trois ans, le taux est conservé mais le prêt est perdu. Entre trois et quatre ans, le montant du prêt est réduit. Pour un plan de douze ans et plus, ces règles n'ont plus d'objet.
Reste la question de la prime d'État des plans ouverts avant 2018. Selon la date d'ouverture, elle n'est versée qu'avec un prêt immobilier, et son montant maximum est plafonné à 1 525 euros. Le montant de la prime dépend des intérêts acquis : un titulaire qui n'a aucun projet immobilier ne la touchera jamais, qu'il garde ou ferme son plan.
Le prêt d'épargne logement vaut-il encore quelque chose ?
Pour un vieux plan, la réponse est le plus souvent non. Les prêts attachés aux PEL de 2003 à 2015 portent un taux supérieur à 3 %, et leur montant est plafonné à 92 000 euros. Le prêt ne finance qu'une partie d'un achat, d'une construction ou de travaux, et son montant dépend des intérêts cumulés.
Le prêt garde une utilité dans deux cas. D'abord pour financer des travaux de rénovation énergétique modestes dans une résidence principale, quand une banque traîne à proposer un crédit classique, en complément d'une aide publique dont vous pouvez bénéficier. Ensuite pour transmettre ces droits à un parent ou à un enfant, autrement dit un membre de votre famille proche, qui prépare une acquisition. Dans les deux cas, demandez une simulation à votre conseiller avant de fermer le plan.
Les droits issus d'un CEL ou d'un compte épargne logement CEL détenu en parallèle peuvent s'ajouter à ceux du PEL. Mieux vaut le savoir avant de fermer les deux produits la même semaine.
Peut-on clôturer un PEL sans projet immobilier ?
Oui, à tout moment, et sans motif. Un PEL sans projet immobilier n'a rien d'irrégulier : le titulaire peut récupérer son épargne quand il le souhaite. Le prix à payer dépend seulement de l'âge du plan, selon le calendrier vu plus haut.
La banque, de son côté, ne peut fermer le plan que dans des situations précises : versements périodiques non respectés, retrait avant le troisième anniversaire, ou dépassement du plafond de 61 200 euros. Une clôture à l'initiative de l'établissement reste donc rare pour un vieux PEL alimenté normalement.
Quels documents pour fermer le plan ?
Une demande écrite suffit. La plupart des banques, du Crédit Agricole à la Société Générale, acceptent une lettre signée envoyée à l'agence ou un message depuis l'espace client du site. Indiquez le numéro du compte PEL, votre identité et le compte courant qui recevra les fonds. Aucune pièce justificative n'est exigée.
Comment récupérer l'argent d'un PEL clôturé ?
Les fonds, capital et intérêts, sont virés sur le compte courant indiqué, généralement sous quelques jours. Les intérêts de l'année en cours sont calculés jusqu'à la date de clôture, et la fiscalité correspondante est retenue à la source. Gardez l'avis de clôture : il servira à vérifier la déclaration préremplie.
Fermeture du PEL : les conditions à connaître avant de signer
Une clôture n'entraîne aucun frais de gestion ni pénalité tarifaire pour un plan de plus de quatre ans. Trois conditions méritent pourtant un examen. D'abord la date : une opération effectuée fin décembre fait courir les intérêts de toute l'année, alors qu'une fermeture anticipée en janvier en prive presque entièrement l'épargnant. Ensuite le titulaire : le PEL d'un enfant mineur se ferme à la demande de son représentant légal, avec la même procédure. Enfin la nouvelle destination des fonds, à fixer avant de signer.
Le décès du titulaire obéit à d'autres règles juridiques, gérées par le notaire avec la banque. Un particulier qui prépare sa succession a intérêt à se faire informer sur ce point par un conseiller ou un professionnel du patrimoine, comme le ferait un chef d'entreprise pour sa propre trésorerie.
Dernière condition, souvent oubliée : un plan clôturé ne se rouvre pas. La nouvelle ouverture d'un PEL se fait au taux du moment, et la durée minimum de quatre ans repart de zéro. Les conditions de l'ancien contrat sont perdues pour de bon, raison suffisante pour ne pas fermer par simple réflexe.
La banque peut-elle refuser ?
Non. La clôture d'un plan d'épargne logement est un droit du titulaire. Le seul service que l'établissement peut proposer, c'est une solution maison. Écoutez, comparez, mais ne signez rien le jour même. La demande peut également se faire par courrier électronique sécurisé depuis le site de la banque : la sécurité de l'opération reste la même qu'au guichet.
Où placer l'argent d'un PEL que vous fermez ?
Clôturer pour laisser dormir les fonds sur un compte courant serait le pire choix : zéro rémunération. Avant de fermer, choisissez la destination et la manière d'investir. Trois familles de solutions se présentent, selon la durée de placement envisagée et le niveau de risque accepté. Un conseil : utiliser d'abord les plafonds des livrets réglementés, puis investir le reste selon l'horizon du dossier.
- Épargne de précaution : Livret A, LDDS et LEP pour qui y a droit, disponibles à tout moment et sans impôt.
- Horizon long, transmission : l'assurance vie, dont les prélèvements sociaux restent eux aussi à 17,2 % et qui se transmet hors succession en cas de décès, dans certaines limites.
- Préparation de la retraite : le plan d'épargne retraite, dont les versements sont déductibles sous plafond, mais bloqués jusqu'au départ sauf cas prévus par la loi.
D'autres titulaires y voient l'apport d'un investissement locatif. Ceux-là regarderont l'amortissement d'un logement loué nu avec la loi Jeanbrun, entré en vigueur en février 2026. Les promesses de rendement à deux chiffres méritent en revanche la prudence : les retards et défauts du crowdfunding immobilier ont nettement progressé.
Un retraité qui vit en partie de ses intérêts a aussi un calcul de plus à faire. Le revenu fiscal de référence intègre les intérêts imposés, et il conditionne le taux de CSG sur les pensions de 2027. Quelques centaines d'euros d'intérêts peuvent suffire à franchir un seuil.
Garder ou clôturer : la décision selon votre profil
La règle tient en trois cas. Un PEL ouvert avant 2003, à 3,27 % ou davantage, se garde : aucun placement sans risque n'offre ce rendement net. Un plan de la période 2003-2015 à 2,5 % ne rapporte plus que l'équivalent d'un livret, avec l'impôt en plus et la liquidité en moins : le clôturer après avoir rempli le Livret A et le LEP a du sens.
Un plan ouvert entre mars 2011 et fin 2014 approche de sa transformation automatique. Mieux vaut décider avant le quinzième anniversaire que subir la conversion en livret au taux de la banque. Notez la date d'ouverture du plan dans votre agenda, puis demandez à votre conseiller le taux du livret qui le remplacera : sans réponse claire, la clôture avant l'échéance protège votre rémunération.
Enfin, un PEL récent, ouvert en 2023, 2024 ou 2026, mérite d'être conservé au moins quatre ans pour garder ses droits. Son taux de 2 % à 2,25 % reste correct, et l'objectif est justement de financer un logement.












