PTZ 2027 : jusqu'à 180 000 euros sans intérêts pour les familles qui attendent un enfant
Un prêt à taux zéro pour les familles qui attendent un enfant, jusqu'à 180 000 euros : le budget 2027 veut créer un second PTZ, cumulable avec l'actuel. Conditions, zones, plafonds de revenus et calendrier, voici ce qui changerait pour votre accession à la propriété.

Sommaire
Un second prêt à taux zéro dans le projet de budget 2027
Le PTZ 2027 se joue sur deux tableaux. D'un côté le prêt à taux zéro actuel, dont les conditions courent jusqu'au 31 décembre 2027. De l'autre un prêt natalité annoncé par le ministère de l'Économie, qui ouvrirait l'accession à la propriété à des ménages déjà propriétaires. Les taux, les zones et la tranche de revenus décident du montant dans les deux cas.

Le 17 septembre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a posé l'ossature de son budget pour l'an prochain. Passage en Conseil des ministres le 1er octobre 2026. Objectif affiché : 54 milliards d'euros d'économies en un an, pour ramener le déficit public à 5 % fin 2027.
Au milieu des coupes, une nouvelle aide à l'accession à la propriété. Le gouvernement veut créer un prêt à taux zéro dédié aux familles qui s'agrandissent, présenté tantôt comme un PTZ parentalité, tantôt comme un PTZ natalité. Son coût pour l'État est estimé autour de 100 millions d'euros par an. C'est peu à l'échelle du budget. C'est beaucoup pour un ménage qui cherche une chambre de plus.
Ce que ça change tout ? Ce prêt ne remplacerait pas le PTZ que vous connaissez. Il s'y ajouterait.
PTZ natalité : 180 000 euros, de la grossesse aux 3 ans de l'enfant
Le dispositif envisagé vise l'achat d'un logement plus grand à l'arrivée d'un enfant. Les contours annoncés sont les suivants :
- Jusqu'à 180 000 euros de prêt sans intérêts dans les configurations les plus favorables, par exemple une famille de cinq personnes en zone A ou A bis.
- Une quotité pouvant atteindre 50 % du coût total de l'opération pour les foyers aux revenus les plus modestes.
- Une fenêtre ouverte dès la grossesse et jusqu'aux 3 ans de l'enfant, dès le premier enfant.
- Un remboursement étalé sur 15 à 25 ans selon les ressources, avec un différé possible.
La rupture est ailleurs. Le PTZ classique est réservé à la primo-accession : il faut ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale récemment. Le prêt natalité, lui, serait aussi ouvert aux propriétaires déjà installés, dans le neuf comme dans l'ancien. Autrement dit, la famille qui étouffe dans un deux-pièces acheté avant la naissance pourrait financer une partie de son futur logement sans intérêt.
Le gouvernement évoque enfin un cumul avec le PTZ existant. Deux prêts sans intérêts, un apport personnel, un crédit bancaire : le plan de financement d'un jeune couple en serait transformé. Rien n'est voté à ce stade, et le Parlement peut tout réécrire.
Les conditions du PTZ actuel, valables jusqu'au 31 décembre 2027
Le PTZ est un dispositif d'aide de l'État qui finance une partie d'un achat immobilier sans intérêt ni frais de dossier. Il a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par l'article 90 de la loi de finances pour 2025. Les conditions actuelles restent donc la référence tant que le budget n'est pas adopté.
- Primo-accession : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédentes, sauf situations particulières comme le handicap ou une catastrophe naturelle.
- Résidence principale : le bien financé doit être occupé comme résidence principale, pas mis en location au lendemain de l'acquisition.
- Plafonds de ressources : ils varient selon la zone et la composition du foyer.
Pour un ménage de deux personnes, le plafond s'établit à 73 500 euros en zone A et A bis, 51 750 euros en zone B1, 47 250 euros en zone B2 et 42 750 euros en zone C. Le nombre de personnes qui occuperont le logement fait bouger ces montants, tout comme le zonage de la commune. Le barème complet figure sur le site service-public.gouv.fr, qui publie la fiche officielle des conditions et des plafonds du prêt à taux zéro.
Trois règles complètent l'ensemble. Le remboursement du PTZ ne peut pas dépasser 25 ans, en une ou deux périodes. Le prêt doit accompagner un autre crédit, prêt immobilier classique ou prêt d'accession sociale. Et pour les tranches de revenus 2 à 4, le montant du PTZ ne peut pas dépasser celui du prêt principal.
Neuf, maison individuelle, logement ancien avec travaux
Le 1er avril 2025 a marqué un vrai basculement. Depuis cette date, le PTZ s'applique à tous les logements neufs, en habitat collectif comme en maison individuelle, sur l'ensemble du territoire. Avant avril 2025, la maison individuelle neuve était exclue dans une large partie du pays. C'est le décret du 29 mars 2025 publié au Journal officiel qui a fixé les nouvelles quotités.
La quotité, c'est la part du prix d'achat que le prêt couvre. Elle a été relevée pour les ménages modestes :
- Logement collectif neuf : 50 % du coût de l'opération pour la première tranche de revenus, 20 % pour la quatrième.
- Maison individuelle neuve : de 30 % à 10 % selon la tranche.
- Logement ancien avec travaux : réservé aux zones B2 et C, avec un chantier qui doit représenter au moins un quart du coût total de l'opération.
Dans l'ancien, le prêt finance surtout une amélioration du logement : les travaux doivent porter sur la surface habitable, la performance énergétique ou l'assainissement. Pour faire construire, le PTZ couvre aussi le terrain quand il est acheté pour construire dans le cadre du même projet. Une construction en secteur diffus et un appartement en VEFA ne suivent pas le même calendrier de déblocage des fonds.
Un quatrième cas est souvent oublié : l'acquisition d'un logement social par son occupant, quand le bailleur a signé une convention avec l'État. L'occupant qui achète le logement qu'il habite déjà, son contrat de location en poche, entre lui aussi dans le dispositif, et cet occupant échappe à la condition de travaux. Pour tout comprendre du mécanisme et de ses tranches, notre dossier consacré au prêt à taux zéro détaille chaque cas de figure.
APL gelées, agences, solaire : l'autre visage du budget logement
La nouvelle aide aux familles arrive avec une facture. Le gouvernement prévoit de geler les APL en 2027 : pas de baisse nominale, mais pas de revalorisation non plus. Pour un locataire, une aide qui ne bouge pas quand les loyers montent est une aide qui recule.
Pour chiffrer votre cas : notre simulateur prêt à taux zéro (PTZ).
Le reste du programme logement suit la même logique d'économies. Les agences de l'État sont dans le viseur, un texte sénatorial visant notamment l'Anah, l'Anru et l'Ademe. Le soutien public au solaire figure parmi les postes à raboter. Le Premier ministre a en revanche confirmé l'Anru 3, programmée sur 2030-2040, qui deviendrait l'article premier de la future loi Logement.
Vincent Jeanbrun, qui a la Ville et le Logement dans son portefeuille, a posé une condition simple le 17 septembre : sans budget voté, pas d'Anru 3. Europe 1 a consacré ce sujet au gel des APL.

Ce que ça change pour votre projet immobilier
Faut-il attendre 2027 pour acheter ? La question mérite d'être posée, mais la réponse dépend surtout du calendrier de votre vie, pas de celui du Parlement.
Une famille qui attend un enfant en 2027 a un intérêt évident à suivre le débat parlementaire. Un primo-accédant sans enfant, lui, n'a aucune raison de décaler son achat d'un logement : le PTZ actuel court jusqu'au 31 décembre 2027 et ses conditions sont connues. Attendre, c'est aussi parier sur les taux de crédit, et là, personne ne tient la barre. Nos prévisions sur l'évolution des taux du crédit immobilier d'ici la fin 2026 donnent les ordres de grandeur.
Le reste du plan de financement ne change pas. Les banques regardent l'apport, la stabilité des revenus et le taux d'endettement avant de regarder les aides. Vérifiez d'abord le niveau d'apport personnel que les banques exigent aujourd'hui, puis mesurez votre enveloppe avec notre simulateur de capacité d'emprunt. Le PTZ arrive après, comme un accélérateur, jamais comme un point de départ.
Le changement le plus concret ne viendra pas du taux affiché en vitrine, mais de la somme que vous pourrez financer sans intérêt. Un ménage qui décroche un prêt à taux zéro sur la moitié du coût de son opération voit sa mensualité chuter, à taux de crédit constant. C'est là que se joue la différence entre un dossier accepté et un dossier retoqué.
Ces nouveautés arrivent sur un marché immobilier qui respire mieux en zone tendue qu'ailleurs. Le ministère du Logement suit le nombre de prêts accordés, et les banques ajustent leurs barèmes en fonction de la zone. Qui veut investir dans l'ancien avec travaux a donc intérêt à comparer plusieurs établissements : les frais annexes et l'assurance emprunteur pèsent plus lourd que le fonctionnement du PTZ lui-même. Pour suivre l'actualité du texte, le calendrier parlementaire et les fiches du ministère restent les seules sources fiables.
Préparer sa demande de PTZ sans perdre de temps
La demande de PTZ se fait auprès d'une banque qui a signé une convention avec l'État, en même temps que le prêt principal. Il n'existe pas de guichet séparé. L'établissement calcule la tranche de revenus, vérifie la zone du bien et édite l'offre de prêt avec le PTZ intégré.
Quelques réflexes font gagner des semaines :
- Rassemblez les avis d'imposition de l'année de référence pour toutes les personnes qui occuperont le logement.
- Vérifiez la zone de la commune avant de signer, elle conditionne le plafond de ressources et la quotité.
- Interrogez Action Logement si vous êtes salarié du privé : le prêt Action Logement se cumule avec le PTZ.
- Faites chiffrer les travaux par un professionnel dans l'ancien, le seuil du quart du coût se prouve sur devis.
Un simulateur en ligne donne un ordre de grandeur, mais seule la banque détermine l'éligibilité définitive : elle applique le barème en vigueur au jour de l'offre, sans faire varier le taux de votre crédit principal. Comptez une quinzaine de jours entre la demande complète et l'accord de principe. La durée de remboursement, elle, dépend de votre tranche. Un emprunteur qui prépare ses pièces en amont obtient sa réponse plus vite, et une démarche bien montée évite les allers-retours avec le service financier de l'agence.
Deux détails coincent souvent. Le prêt Action Logement vise les salariés d'une entreprise du secteur privé d'au moins dix salariés : une entreprise plus petite ne cotise pas, et ses salariés doivent obtenir leur complément ailleurs. Et en cas de difficulté de remboursement, le PTZ suit le sort du crédit principal, un report allonge la durée totale. Les informations sur vos droits et les changements de barème sont publiées sur le site economie.gouv.fr, qui met à jour son actualité à chaque réforme.
À retenir : tant que la loi de finances n'est pas promulguée, le prêt natalité n'existe pas. Aucune banque ne peut vous l'accorder, et une offre commerciale qui le promettrait déjà mérite un haussement de sourcil.
Maintien en 2027, cumul et conditions du prêt natalité
Le PTZ sera-t-il encore disponible en 2027 ?
Oui. Le dispositif a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2027. Un achat signé en 2027 reste éligible, aux conditions actuelles, si le dossier respecte les plafonds de ressources et la règle de la résidence principale.
Peut-on cumuler le PTZ natalité et le PTZ classique ?
C'est l'intention affichée par le gouvernement. Les deux prêts pourraient se cumuler pour un même projet immobilier, avec l'apport personnel et le crédit bancaire. Le texte doit encore être voté, et cette possibilité fait partie des points susceptibles d'évoluer au Parlement.
Faut-il être primo-accédant pour le prêt natalité ?
Non, selon les annonces. C'est même sa principale différence avec le PTZ classique : un propriétaire déjà installé pourrait y prétendre pour acheter un logement adapté à l'arrivée d'un enfant, dans le neuf comme dans l'ancien.
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