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Bulle immobilière : UBS place Zurich et Tokyo en alerte, Paris sort du lot sans devenir abordable

Zurich et Tokyo sont les deux seules villes du monde où UBS voit un risque élevé de bulle immobilière cette année. Le marché immobilier de Paris, lui, glisse en risque faible. Une mauvaise nouvelle déguisée pour l'achat : les prix de l'immobilier parisien restent hors de portée de la plupart des revenus.

Risque de bulle immobilière : 2 villes en alerte, pas Paris
Sommaire

Quelles villes sont à risque de bulle immobilière en 2026 ?

La banque suisse UBS a publié le 22 septembre 2026 la douzième édition de son Global Real Estate Bubble Index, qui passe au crible 23 grandes villes. L'indice croise trois signaux : le décrochage des prix face aux salaires locaux et aux loyers, la croissance du crédit, et le rythme de la construction. Au-dessus de 1,5, le marché immobilier d'une ville bascule en risque élevé.

Niveau de risqueVilles classées par UBS
ÉlevéZurich (1,69), Tokyo (1,54)
MarquéMiami (1,41), Dubaï, Séoul, Genève, Lisbonne
ModéréLos Angeles, Sydney, Toronto, Vancouver, Hong Kong, Singapour, Amsterdam, Madrid, Francfort, Munich, Milan
FaibleParis, Londres, New York, San Francisco, São Paulo

Les plus fortes hausses de prix réels, autour de 10 % par an, se lisent à Séoul, Lisbonne, Madrid et Hong Kong. À l'opposé, Vancouver et Toronto ont reculé à peu près d'autant. Francfort reste presque 25 % sous son sommet de 2021, une fois l'inflation déduite.

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Londres suit la même pente : ses prix réels restent plus de 15 % sous leur niveau de 2021. Miami, longtemps en tête du rapport, recule au troisième rang. Zurich, à l'inverse, cumule des années de hausse portées par des taux d'emprunt parmi les plus bas d'Europe.

Paris à faible risque : pourquoi se loger y restera difficile

Le marché immobilier parisien a déjà purgé une partie de ses excès. Selon l'Insee, les prix de l'ancien à Paris ont reculé de 0,4 % au deuxième trimestre 2026 et ne progressent que de 0,6 % sur un an. En Île-de-France, la baisse atteint 0,6 % sur le trimestre ; en France, 0,8 % sur un an, d'après les indices des prix des logements anciens publiés par l'Insee.

Le niveau, lui, ne bouge guère. Les notaires du Grand Paris relèvent un prix moyen de 9 560 euros le mètre carré pour un appartement ancien au deuxième trimestre, avec 31 750 ventes en Île-de-France, en hausse de 10 % sur un an. Les acheteurs reviennent, les prix ne repartent pas.

UBS le dit sans détour : un faible risque de bulle ne signifie ni logement abordable, ni plancher atteint. À Paris, le prix d'un logement dépasse dix années de revenu, et l'offre de biens neufs reste maigre. Des coûts de financement durablement élevés devraient, selon la banque, freiner toute nouvelle hausse.

Pour un investisseur, le rapport entre le loyer et le prix d'achat reste mince sur le marché parisien : le rendement locatif d'un appartement couvre rarement le taux d'un prêt immobilier. Le même logement se loue, il se vend moins vite.

Acheter 60 m² à Paris : le calcul qui refroidit

Le logement type de l'étude fait 60 m². Au prix moyen des notaires, l'achat atteint 573 600 euros, hors frais de notaire. Avec 10 % d'apport, il reste 516 240 euros à emprunter.

Sur 25 ans au taux moyen de 3,31 % relevé par Crédit Logement en août 2026, la mensualité tourne autour de 2 530 euros, hors assurance emprunteur. Le Haut Conseil de stabilité financière plafonne le taux d'effort des ménages à 35 %, selon la mesure du HCSF sur l'octroi des crédits immobiliers. Il faut donc gagner environ 7 200 euros nets par mois à deux pour acheter.

Ce verrou explique la conclusion d'UBS : dans la plupart des 23 villes, posséder un 60 m² récemment acquis coûte plus de 40 % du salaire brut d'un cadre très qualifié, intérêts et entretien compris. À Paris, la location devient le choix par défaut, et la demande pèse à son tour sur les loyers.

Comment repérer une bulle immobilière ?

La grille d'UBS reprend des signaux que l'économiste Robert Shiller a rendus célèbres. Aucun ne suffit seul, c'est leur accumulation qui inquiète.

  • Le ratio prix loyer qui s'envole : acheter coûte bien plus cher que louer le même bien.
  • Des prix qui décrochent des revenus locaux, financés par un effet de levier croissant.
  • Un crédit qui s'emballe et une construction qui accélère au sommet du cycle.

L'histoire récente donne raison à ces indicateurs. Les villes classées en risque élevé en 2021 ont perdu en moyenne 15 % de leur valeur réelle depuis. Et dans plus de la moitié des villes étudiées, l'immobilier résidentiel n'a pas protégé de l'inflation sur cinq ans.

Y a-t-il un risque de bulle immobilière en France ?

Paris est la seule ville française de l'indice, et ses fondamentaux ne montrent pas d'emballement. Les conditions de crédit encadrées par le HCSF limitent le levier, et les prix nationaux reculent légèrement après la correction de 2023 et 2024. Le volume de ventes, 958 000 sur douze mois à fin juin selon l'Insee, reste loin des records.

Le risque français est plutôt celui d'une stagnation longue. Dans les villes moyennes, des marchés comme les prix immobiliers à Metz montrent des écarts forts d'un quartier à l'autre. Pour un premier achat, mieux vaut d'abord vérifier les aides au logement mobilisables que parier sur une baisse des prix ou une explosion de la bulle qui n'est pas annoncée.

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