Aller au contenu
Actual Immo
Fermer
5 min

Insee : le logement avale 32 % des revenus des plus modestes, contre 16,8 % en moyenne

Le logement pèse moins lourd qu'il y a dix ans dans le budget des Français : 16,8 % des revenus en 2024, contre 18,3 % en 2014. Sauf pour le quart le plus modeste des ménages, dont le taux d'effort grimpe à 32,1 %.

Le taux d'effort logement grimpe à 32 % chez les plus modestes

Ces chiffres viennent de l'Insee, qui a publié en septembre 2026 une étude (Insee Première n° 2128) sur le coût du logement entre 2014 et 2024. Le constat est double. En moyenne, la situation s'améliore. En bas de l'échelle des revenus, elle se dégrade.

Sommaire

Qu'est-ce que le taux d'effort logement ?

Le taux d'effort mesure la part des revenus qu'un ménage consacre à son habitation. L'Insee y range le loyer ou le remboursement du crédit immobilier, les dépenses d'énergie, l'eau et les charges, ainsi que la taxe foncière. Les aides personnelles au logement sont ensuite déduites : on parle alors de taux d'effort net.

En 2024, le taux d'effort brut se décompose ainsi, en part du revenu : 10,7 % pour les loyers et les mensualités de prêt, 3,5 % pour l'énergie, 1,9 % pour les charges et l'eau, 1,4 % pour la taxe foncière. Les aides retranchent 0,8 point en moyenne.

Pourquoi l'effort moyen a reculé en dix ans

Première explication, et de loin : la fin de la taxe d'habitation pour le logement principal. Elle compte pour environ 1,4 point dans la baisse du taux d'effort brut, qui atteint 1,9 point sur la période.

Vidéo YouTube

Deuxième ressort, les revenus. Ils ont progressé de 24,7 % en dix ans, plus vite que les dépenses de logement. Une exception notable : la taxe foncière, en hausse de 49,7 % sur la période. Le propriétaire le ressent chaque automne.

Chez les accédants, la baisse est la plus nette. Leurs mensualités ont augmenté de 20,2 % quand leurs revenus gagnaient 33,6 %. L'Insee y voit deux effets : des taux d'intérêt longtemps bas avant 2022, et des ménages modestes qui accèdent moins souvent à la propriété, ce qui relève mécaniquement le revenu moyen des emprunteurs.

Locataire, accédant, propriétaire : qui paie le plus ?

Statut d'occupationTaux d'effort net 2014Taux d'effort net 2024
Locataire du secteur libre28,3 %25,4 %
Locataire du parc social24,0 %24,0 %
Propriétaire accédant (crédit en cours)26,6 %23,3 %
Propriétaire sans crédit8,9 %7,4 %

Le locataire du parc privé reste celui qui consacre la plus grosse part de ses revenus à son logement. Dans le logement social, rien n'a bougé en dix ans. Le propriétaire qui a fini de rembourser, lui, profite pleinement de son patrimoine : 7,4 % seulement.

Les ménages modestes, grands perdants de la décennie

Pour le premier quart des revenus, le taux d'effort net passe à 32,1 %, en hausse de 1,1 point depuis 2014. Le quart le plus aisé, lui, ne consacre que 11,6 % de ses revenus à son habitation.

La cause principale tient aux aides. Pour ces ménages, elles allégeaient la facture de 9,8 % du revenu en 2014. En 2024, ce n'est plus que 6,9 %. Sur dix ans, leur montant total a reculé de 18,2 %, selon l'Insee.

L'écart devient spectaculaire selon le parc. À revenu modeste égal, un locataire du secteur libre consacre 40,1 % de ses ressources au loyer et aux charges, contre 27,4 % dans le parc social. Environ un ménage sur dix dépasse 40 % de taux d'effort. Chez les locataires du privé, c'est 22 %.

Ce décrochage se lit en parallèle de la pénurie de logements qui s'aggrave : faute de place en HLM, les foyers les plus fragiles se tournent vers la location privée, là où l'effort est le plus lourd. Cette actualité interroge la gestion des aides, alors que la consommation des ménages modestes reste d'abord absorbée par le toit.

Calculer son taux d'effort : un exemple pas à pas

Le calcul du taux tient en une ligne : dépenses de logement, moins les aides, divisées par les revenus. Prenons un ménage locataire qui perçoit 2 000 euros par mois. Il paie 650 euros de loyer, 110 euros d'énergie et 40 euros de charges et d'eau, et touche 120 euros d'APL.

  • Dépenses totales : 650 + 110 + 40 = 800 euros par mois.
  • Après aide : 800 - 120 = 680 euros.
  • Taux d'effort net : 680 / 2 000 = 34 %, soit deux points au-dessus de la moyenne des ménages modestes.

Une hausse de 50 euros du loyer suffit à faire passer ce foyer à 36,5 %. Le calcul prend quelques minutes et vaut pour tous les profils : salarié en activité, retraité, étudiant en recherche d'emploi. La solution la plus rapide consiste souvent à vérifier ses droits auprès du service de la CAF. Pour vérifier vos droits, le panorama des aides au logement selon votre situation recense les dispositifs existants.

Taux d'effort et crédit immobilier : la règle des 35 %

Ne pas confondre avec le taux d'endettement. Pour un achat immobilier, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) plafonne à 35 % la part des revenus consacrée au remboursement d'un crédit, assurance emprunteur comprise. Les banques s'appuient sur ce seuil pour accorder ou refuser un prêt.

Ces conditions d'octroi du crédit visent la sécurité financière de l'emprunteur. Un conseiller bancaire mesure d'abord votre capacité de remboursement, puis le reste à vivre une fois la mensualité du crédit payée. Les dérogations existent, dans la limite fixée par le HCSF, pour une partie des dossiers de crédit accordés chaque trimestre.

Le taux d'effort de l'Insee est plus large : il inclut aussi l'énergie, l'eau, les charges et la taxe foncière. Un accédant à 30 % d'endettement peut ainsi dépasser 35 % de taux d'effort réel. En France, la part de propriétaires reste pourtant élevée, comme le rappelle notre article sur le taux de propriétaires comparé au reste de l'Europe.

Quel niveau viser et comment les aides pèsent dans le taux d'effort

Quel est le taux d'effort idéal ?

Il n'existe pas de seuil légal pour un locataire. Beaucoup de bailleurs exigent des revenus égaux à trois fois le loyer, soit un taux d'effort d'environ 33 %. L'Insee retient, lui, le seuil de 40 % pour repérer les ménages les plus exposés.

Les aides au logement entrent-elles dans le calcul ?

Oui, pour le taux d'effort net : l'APL, l'ALF et l'ALS sont retranchées des dépenses. Le taux d'effort brut, lui, les ignore. L'écart entre les deux mesure l'efficacité des aides.

Les données complètes, par revenu et par statut d'occupation, figurent dans l'étude de l'Insee sur le poids du logement dans le budget des ménages.

Partager cet article

Résumer cet article avec

L'assistant choisi lit la page publique et en fait la synthèse. Pour le détail et les chiffres exacts, l'article fait foi.

Dernières actus de la rubrique Actualités